Près de 50 milliards DH mobilisés pour la justice sociale et hausse salariale
Maroc : près de 50 milliards de dirhams mobilisés pour la justice sociale et la relance de l’emploi
Le gouvernement mobilise une enveloppe cumulée proche de 50 milliards de dirhams pour renforcer la justice sociale : hausses salariales, revalorisation du SMIG/SMAG, réforme des retraites et programmes d’emploi.
Le ministre de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri, a présenté un bilan des mesures sociales et du dialogue social porté par l’Exécutif, indiquant un effort budgétaire sans précédent pour améliorer les conditions de vie et soutenir l’emploi. Selon le ministre, le coût cumulé des accords sociaux atteint près de 48,3 milliards de dirhams jusqu’à la fin du mandat 2026, et devrait s’établir à 49,7 milliards en 2027, tandis que 4,25 millions de salariés bénéficient déjà des réformes engagées.
Budget social : enveloppe cumulée proche de 50 milliards
Le gouvernement a réservé un budget cumulé “avoisinant les 50 milliards de dirhams” pour traduire la priorité donnée à la dimension sociale. Le ministre a détaillé le coût du dialogue social et des revalorisations salariales, précisant des projections financières jusqu’en 2027 et confirmant l’ampleur de l’effort budgétaire destiné à consolider la justice sociale et l’amélioration des niveaux de vie.
Hausses salariales dans la fonction publique
Parmi les mesures en faveur du secteur public figure une augmentation générale de 1 000 dirhams nets par mois pour 1 127 842 agents des administrations, collectivités et établissements publics n’ayant pas bénéficié d’une révision salariale antérieure. Le gouvernement a également relevé le quota de promotion de 33 % à 36 % et instauré un congé de paternité de 15 jours payés dans la fonction publique.
Réformes salariales dans l’éducation, la santé et l’enseignement supérieur
Le secteur de l’éducation nationale a bénéficié d’une augmentation générale de 1 500 dirhams nets par mois, pouvant atteindre 5 000 dirhams en fin de carrière, pour près de 330 000 fonctionnaires, pour un coût global dépassant 18,47 milliards de dirhams. Dans la santé, l’impact financier annuel des revalorisations est proche de 4 milliards : +3 000 dirhams mensuels pour les médecins et entre +1 400 et +1 600 dirhams pour les infirmiers et techniciens. L’enseignement supérieur a vu son statut réformé avec une hausse mensuelle de 3 000 dirhams pour les enseignants‑chercheurs, évaluée à environ 2 milliards de dirhams par an.
Revalorisation du SMIG et du SMAG
Le salaire minimum dans les activités non agricoles (SMIG) a été revalorisé de 20 % sur 2021‑2026, passant de 2 828,71 à 3 422,72 dirhams à compter de janvier 2026. Le salaire minimum agricole (SMAG) a augmenté de 25 %, de 1 994,20 à 2 533,44 dirhams à partir d’avril 2026. Ces hausses se veulent un levier direct pour améliorer le pouvoir d’achat des ménages employés dans les secteurs formels.
Mesures pour les retraités, allocations et impôt sur le revenu
La durée minimale de cotisation pour la pension de vieillesse a été abaissée de 3 240 à 1 320 jours (équivalant à quatre années de cotisation), avec effet rétroactif pour les assurés partis à la retraite depuis le 1er janvier 2023. Les assurés du secteur privé ayant atteint l’âge légal peuvent récupérer une partie des cotisations salariales et patronales si les conditions prévues sont remplies. Le montant des allocations familiales pour le quatrième au sixième enfant a été relevé de 36 à 100 dirhams par mois. Par ailleurs, la réforme de l’impôt sur le revenu, entrée en vigueur le 1er janvier 2025, comporte une réduction d’impôt de 400 dirhams pour les catégories à revenus moyens et un relèvement du seuil d’exonération de 30 000 à 40 000 dirhams par an, pour un coût estimé à 7,6 milliards de dirhams.
Programmes d’emploi et création nette de postes
Sur la période 2021‑2025, le gouvernement met en avant la création de 851 000 emplois dans les secteurs non agricoles (services, industrie, BTP), contre une perte d’environ 527 000 postes dans l’agriculture. L’année 2025 a affiché une reprise notable avec 193 000 postes nets créés, contre 82 000 en 2024. Le chômage a reculé de 13,3 % à 13 % entre 2024 et 2025 : baisse de 0,5 point chez les diplômés (19,6 % à 19,1 %) et chez les non‑diplômés (5,2 % à 4,7 %), tandis que les zones urbaines et rurales enregistrent également des diminutions. La CNSS a vu le nombre de salariés déclarés croître d’environ 740 000 entre 2021 et 2024. L’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) a élargi ses services et programmes — notamment “Idmaj”, “Tahfiz” et le programme “Awrach” — contribuant à l’insertion professionnelle de centaines de milliers de bénéficiaires.
Les autorités insistent sur une vision intégrée axée sur la qualification des compétences, l’alternance formation‑emploi et l’inclusion des jeunes et des femmes, tout en poursuivant la généralisation de la protection sociale et la mise en œuvre de projets structurants, dont l’extension de la couverture d’assurance maladie (de 7,8 millions à plus de 23 millions de bénéficiaires) et le soutien à l’accès au logement par des aides directes.
En parallèle, l’Exécutif a engagé des chantiers liés à la sécurité hydrique : multiplication par neuf de la capacité de dessalement entre 2021 et 2025, réalisation de sept grands barrages d’une capacité cumulée proche de 1,7 milliard de m3 et projets d’interconnexion visant à sécuriser 400 millions de m3 par an, mesures présentées comme complémentaires aux efforts économiques et sociaux.