Procès d’Aziza M. au Val-d’Oise pour tentative d’assassinat d’une fille hospitalisée à Necker
Procès à Pontoise : une mère de Sannois jugée pour tentative d’assassinat sur sa fille et violences sur plusieurs enfants
Au procès d’Aziza M., à Pontoise, la famille témoigne; elle est jugée pour tentative d’assassinat sur une fille et violences habituelles sur quatre enfants. (156 caractères)
La cour d’assises du Val-d’Oise a ouvert, le 30 octobre 2026, le procès d’une femme de 45 ans originaire de Sannois, mise en examen pour tentative d’assassinat sur l’une de ses filles et pour des faits de violences habituelles à l’encontre de plusieurs enfants. Les premières audiences ont été marquées par des témoignages en sa faveur venant de deux de ses proches, tandis que l’accusation expose des éléments médicaux et comportementaux qui ont conduit à des poursuites. Les débats sont programmés pour reprendre le 2 novembre 2026 et le verdict est attendu le 6 novembre 2026.
Ouverture du procès et témoignages familiaux
Lors de l’audience du vendredi 30 octobre 2026, son frère et sa sœur sont montés à la barre pour décrire une femme attentive et investie dans son rôle familial. Ils ont évoqué des années durant lesquelles la prévenue aurait joué un rôle de soutien auprès de ses frères et sœurs, prenant des responsabilités domestiques et familiales après des épreuves subies par la fratrie. Ces témoignages cherchent à caractériser son image sociale et personnelle, contrastant avec la gravité des accusations qui pèsent contre elle.
Origines et parcours universitaire
Née à Creil dans une famille d’origine marocaine, la prévenue a suivi un parcours universitaire remarquable au sein de sa fratrie. Après l’obtention du baccalauréat, elle s’est consacrée à des études d’histoire pendant plus d’une décennie et a soutenu une thèse portant sur les représentations du corps difforme en France aux XVIe-XVIIIe siècles. Elle a ensuite travaillé comme documentaliste avant d’interrompre son activité professionnelle après la naissance de son quatrième enfant. Ce parcours est régulièrement rappelé à l’audience pour situer le contexte social et culturel de la prévenue.
Hospitalisations et premiers soupçons
L’affaire trouve son origine dans des hospitalisations répétées d’une de ses filles, âgée de sept ans au moment de son placement. L’enfant a été prise en charge pour des troubles digestifs graves nécessitant des examens et des interventions médicales. C’est à l’hôpital Necker, en janvier 2021, que des soignants ont étudié son dossier et que des éléments ont éveillé des soupçons sur l’origine de ses symptômes. L’instruction a retenu l’idée que certains actes ou omissions auraient pu provoquer ou aggraver l’état de santé de l’enfant.
Accusations présentées par l’accusation et positions de la défense
L’accusation soutient que la prévenue aurait, par des actes ou par des négligences répétées, mis en danger la vie de sa fille. Devant la cour, la femme a reconnu certaines erreurs dans les soins prodigués aux enfants, mais elle conteste fermement l’existence d’une volonté criminelle visant à provoquer la mort. La défense met en avant des éléments de contexte familial, la difficulté des situations domestiques et l’absence, selon elle, de preuve directe d’une tentative d’assassinat. Les débats portent autant sur l’interprétation des faits médicaux que sur l’intention reprochée.
Calendrier procédural et enjeux du verdict
Les débats ont été suspendus et doivent reprendre le lundi 2 novembre 2026 pour examiner les expertises, entendre d’autres témoins et permettre aux parties de présenter leurs réquisitions et plaidoiries. Le verdict est fixé, dans le calendrier de la cour, pour le vendredi 6 novembre 2026. Au-delà des accusations individuelles, l’affaire suscite des interrogations sur la protection des enfants en milieu familial et sur la manière dont les services sociaux et médicaux identifient et signalent des situations potentiellement dangereuses.
L’issue de ce procès déterminera non seulement la situation pénale de la prévenue, mais offrira aussi un cadre pour évaluer les réponses institutionnelles aux cas d’enfants hospitalisés de façon répétée et aux suspicions de maltraitance. Les décisions rendues par la cour d’assises auront des conséquences sur les mesures de protection des mineurs concernés et sur les suites judiciaires éventuelles pour l’ensemble des familles impliquées.