Quatre militants pro-palestiniens reconnus coupables pour avoir endommagé le site Elbit à Bristol
Quatre militants de Palestine Action condamnés pour dégradations à l’usine Elbit de Bristol
Quatre membres de Palestine Action reconnus coupables pour des dégradations à l’installation Elbit de Bristol; deux acquittés, peines à déterminer, affaire connectée à l’interdiction du groupe. (158 caractères)
Quatre des six militants poursuivis pour l’attaque de 2024 contre un site d’Elbit Systems à Filton (Bristol) ont été reconnus coupables mardi par le Woolwich Crown Court à Londres, tandis que deux prévenus ont été acquittés. Les condamnations concernent des actes de dommages criminels commis lors d’un raid en août 2024. L’affaire relance les débats sur la répression des groupes militants et sur la qualification juridique des actions directes contre des cibles liées à l’industrie de la défense.
Verdicts du Woolwich Crown Court
Le tribunal a déclaré Charlotte Head, 30 ans, Samuel Corner, 23 ans, Leona Kamio, 30 ans, et Fatema Zainab Rajwani, 21 ans, coupables de dommages criminels. Zoe Rogers, 22 ans, et Jordan Devlin, 31 ans, ont été acquittés. Lors du procès, l’un des accusés a été reconnu coupable d’avoir frappé un agent de police avec une masse, qualification relevée par le jury pour des faits distincts de ceux de dégradation. Les peines n’ont pas été prononcées immédiatement et seront fixées lors d’une audience ultérieure.
Détails de l’attaque à Filton
L’action ciblait le centre de recherche et développement d’Elbit Systems UK situé à Filton, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Les prévenus ont admis devant le jury avoir endommagé des drones et du matériel militaire à l’intérieur des locaux, affirmant agir pour empêcher l’utilisation de ces équipements. Les procureurs ont estimé que les dégâts matériels s’élevaient à environ un million de livres sterling. Le raid a eu lieu en août 2024, soit environ dix mois après le début du conflit qui a démarré en octobre 2023.
Déclarations de la défense et motivations alléguées
La défense a présenté les actes des prévenus comme motivés par une volonté de “sauver des vies en Palestine”, selon les déclarations faites au procès. Chacun des accusés a reconnu sa participation aux dégradations et a expliqué que ses actes visaient spécifiquement des équipements militaires. Les avocats de la défense ont également souligné que les personnes jugées avaient rejeté les accusations les plus graves antérieurement retenues à leur encontre.
Évolutions juridiques concernant Palestine Action
Le groupe Palestine Action a été proscrit par le gouvernement britannique en juillet 2024 en vertu de la législation relative au terrorisme, après plusieurs actions coordonnées, dont l’infiltration d’une base aérienne. Cette décision ministérielle a ensuite été contestée devant la Haute Cour de Londres, qui a jugé la décision d’interdiction illégale. Malgré ce jugement, l’interdiction reste appliquée en pratique en attendant l’appel du gouvernement, qui n’a pas encore abouti à une modification du statut du groupe.
Conséquences pour Elbit Systems et perspectives industrielles
Elbit Systems, entreprise de technologie de défense employant plusieurs dizaines de milliers de personnes et réalisant un important chiffre d’affaires, est restée une cible récurrente pour des activistes opposés à la fourniture d’équipements militaires. Les incidents de 2024 ont ravivé les inquiétudes sur la sécurité des sites industriels sensibles et conduit à des contrôles accrus sur l’accès et la protection des infrastructures. Le dossier judiciaire pourrait aussi influencer la manière dont les autorités équilibrent la prévention des actions militantes et le respect des libertés publiques.
Les jurés avaient, lors d’un procès précédent, acquitté les six prévenus du chef de cambriolage aggravé, et un précédent jury n’avait pas réussi à se prononcer sur certaines accusations de dommages criminels. Les poursuites pour troubles violents ont finalement été abandonnées par les procureurs. Avec ces condamnations pour dommages criminels, la suite de la procédure portera sur les peines et sur l’éventuelle répercussion de ces jugements sur les procédures en cours concernant le statut légal du groupe.