Rapport 2026 : famine à Gaza et au Soudan, 266 millions en insécurité alimentaire
Famine confirmée en Gaza et au Soudan : 266 millions en insécurité alimentaire aiguë en 2025
Un rapport publié le 24 avril 2026 confirme que la famine a été déclarée en 2025 dans des zones de la bande de Gaza et du Soudan, tandis que l’insécurité alimentaire aiguë a touché environ 266 millions de personnes dans 47 pays et territoires.
Chiffres clés et tendance globale
En 2025, 22,9 % des populations analysées dans 47 contextes de crise ont souffert d’insécurité alimentaire aiguë, soit près de 266 millions de personnes. Ce taux est légèrement supérieur aux 22,7 % relevés en 2024 et nettement supérieur aux 11,3 % observés en 2016. En nombre absolu, la population en crise est passée de 108 millions en 2016 à 265,7 millions en 2025, après un pic à 281,6 millions en 2023. Le léger recul apparent par rapport à 2024 s’explique principalement par une réduction du nombre de pays couverts plutôt que par une amélioration généralisée des besoins.
Localisation des famines et critères d’identification
La classification la plus extrême de l’insécurité alimentaire — la famine — a été confirmée dans des parties de la bande de Gaza et du Soudan en 2025. La famine est définie par un ensemble de conditions : une part importante des ménages confrontés à des pénuries alimentaires extrêmes, des taux élevés de malnutrition aiguë et un taux de mortalité excédant deux décès pour 10 000 personnes par jour. Dans la bande de Gaza, environ 640 700 personnes — soit 32 % de la population locale — ont été identifiées en situation de famine, la proportion la plus élevée observée à l’échelle mondiale. Au Soudan, le nombre touché approchait 637 200 personnes.
Phases catastrophiques : concentration géographique et évolutions
Six pays et territoires ont connu des populations en « conditions catastrophiques » (Phase 5), totalisant environ 1,4 million de personnes — un chiffre multiplié par neuf depuis 2016. Outre Gaza et le Soudan, des groupes spécifiques au Soudan du Sud, au Yémen, en Haïti et au Mali ont également connu des pénuries alimentaires catastrophiques. Par ailleurs, plus de 39 millions de personnes dans 32 pays se trouvaient en Phase 4, c’est‑à‑dire dans des conditions d’urgence alimentaire extrême. Ces catégories traduisent des situations localisées mais d’une gravité élevée, souvent concentrées dans des zones de conflit ou de déplacements massifs.
Conflits, climat et chocs économiques comme moteurs
Les conflits ont été le principal facteur d’insécurité alimentaire aiguë dans 19 pays, affectant environ 147,4 millions de personnes et représentant plus de la moitié des personnes en situation de faim aiguë. Les phénomènes météorologiques extrêmes ont dominé dans 16 pays, touchant 87,5 millions de personnes, tandis que les chocs économiques prévalaient dans 12 pays avec 29,8 millions de personnes impactées. Dans ce contexte, le financement de l’aide humanitaire et du développement a reculé en 2025, revenant à des niveaux observés pour la dernière fois en 2016–2017, ce qui aggrave la capacité de réponse aux crises.
Conséquences nutritionnelles et déplacements de population
La détérioration nutritionnelle affecte surtout les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes. En 2025, on estime que 35,5 millions d’enfants souffraient de malnutrition aiguë dans 23 pays confrontés à des crises nutritionnelles, dont près de 10 millions en situation de malnutrition aiguë sévère. En outre, 25,7 millions d’enfants présentaient une malnutrition aiguë modérée. Environ 9,2 millions de femmes enceintes et allaitantes souffraient également de malnutrition aiguë dans les pays pour lesquels des données sont disponibles. Le rapport note aussi une concentration des déplacements : 85,1 millions de personnes déplacées de force ont été recensées dans 46 pays en 2025, dont 62,6 millions de déplacés internes et 22,5 millions de réfugiés ou demandeurs d’asile.
La combinaison de conflits persistants, de chocs climatiques, de pressions économiques et d’un financement humanitaire en baisse crée un panorama où les besoins restent élevés et les risques d’aggravation se prolongent en 2026. Sans renforcement des réponses d’urgence et des actions ciblées sur les causes structurelles, les pays les plus fragiles continueront de supporter une part disproportionnée du fardeau de la faim.