Rapport de supervision bancaire 2025 de Bank Al‑Maghrib : croissance 4,9% et taux 2,25%
La Banque centrale publie son 22e rapport de supervision bancaire pour 2025 et présente l’état du secteur
Bank Al-Maghrib publie son 22e rapport 2025 : croissance 4,9%, inflation 0,8%, taux directeur à 2,25%, renforcement de la supervision bancaire et numérique.
Bank Al-Maghrib a présenté, mardi à Casablanca, la 22e édition de son rapport annuel de supervision bancaire pour l’exercice 2025, bilan qui fait état d’une amélioration notable de l’activité économique nationale et d’un renforcement progressif de la résilience du système bancaire. Lors de la conférence de presse, Nabil Badr, directeur de la Supervision bancaire, a souligné les performances macroéconomiques, l’évolution des agrégats bancaires, les indicateurs de solvabilité et les mesures adoptées pour répondre aux risques émergents liés au climat, à la cybersécurité et à la digitalisation.
Performance macroéconomique et inflation en 2025
L’économie marocaine a enregistré une croissance estimée à 4,9% en 2025, soutenue principalement par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales. Cette accélération de l’activité est intervenue dans un contexte international marqué par des incertitudes, notamment autour de la politique tarifaire américaine et des tensions géopolitiques. Malgré ce redressement, l’inflation moyenne est restée contenue à 0,8% sur l’année, offrant un cadre favorable à la stabilité des prix.
Décision de politique monétaire et gestion de la liquidité
En réaction à l’évolution conjoncturelle, Bank Al-Maghrib a procédé en mars 2025 à un abaissement du taux directeur de 25 points de base, le portant à 2,25%, niveau qui a été maintenu au cours du reste de l’exercice. La Banque centrale a parallèlement assuré l’ensemble des demandes de liquidité des établissements de crédit, confirmant sa posture accommodante pour faciliter le financement de l’économie, en particulier des très petites entreprises (TPE).
Crédit, dépôts et qualité du portefeuille
Le crédit bancaire a progressé de 6,5% en 2025, reflétant une reprise de la demande et une allocation accrue vers les projets d’infrastructures et les activités productives. Les dépôts de la clientèle ont augmenté de 7,6%, contribuant au dynamisme des ressources bancaires. Le taux de créances en souffrance s’est établi à 8,3% sur base sociale et à 8,8% sur base consolidée, en baisse respective de 12 et 18 points de base par rapport à l’année précédente, signe d’une amélioration graduelle de la qualité des actifs.
Ratios prudentiels et rentabilité des établissements
Les indicateurs de solvabilité montrent des marges de sécurité confortables : le ratio moyen de solvabilité s’est élevé à 16,1% et le ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 (CET1) à 13,5%, au-dessus des minima réglementaires fixés respectivement à 12% et 9%. Les banques conventionnelles ont enregistré une progression cumulée de leurs résultats de l’ordre de 22% et les banques participatives, profitables depuis 2023, ont poursuivi leur redressement. Bank Al-Maghrib a toutefois réitéré son appel à la prudence concernant la distribution des dividendes relatifs à l’exercice 2025, afin de préserver les fonds propres et la capacité d’absorption des chocs.
Risques climatiques, cybersécurité et transformation numérique
La Banque centrale a renforcé son attention aux risques financiers liés au changement climatique, en adoptant des directives sur la publication d’informations climatiques et la collecte de données sur l’exposition des grands emprunteurs. Bank Al-Maghrib a participé à l’élaboration d’une taxonomie financière verte nationale et soutient la mise en œuvre de la stratégie finance climat à l’horizon 2030. Sur le front de la cybersécurité, le dispositif de supervision du cyber-risque a été consolidé et la coordination intensifiée avec la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, face à l’accélération de la digitalisation des services bancaires.
Innovation financière, cryptoactifs et cadre réglementaire
La Banque centrale a poursuivi son soutien au développement de l’écosystème fintech : le démarrage effectif des activités de financement participatif a été accompagné et le Guide du Parcours Fintech auprès de Bank Al-Maghrib a été publié en décembre 2025 pour simplifier les démarches. Le projet de loi relatif aux cryptoactifs a été finalisé et un projet d’encadrement de l’Open Banking a été lancé avec l’appui technique de la Banque mondiale et en concertation avec le Groupement Professionnel des Banques du Maroc. Ces initiatives visent à encadrer l’innovation tout en maîtrisant les risques opérationnels et de marché.
La réforme du cadre de résolution bancaire a également avancé : le projet, finalisé avec le ministère des Finances, a été transmis au Parlement, et le projet de loi sur la transférabilité directe des créances en souffrance a été soumis au Secrétariat Général du Gouvernement. Le cadre prudentiel applicable aux créances en souffrance a été renforcé par une circulaire sur leur classification et leur couverture par des provisions.
Bank Al-Maghrib a par ailleurs renforcé la supervision anti-blanchiment et la conformité du secteur, en coordination avec l’Autorité nationale du renseignement financier, à l’approche du 3e cycle d’évaluation du Maroc par le GAFIMOAN programmé en novembre 2026. Enfin, la Banque centrale et ses partenaires ont adopté, le 4 décembre 2025, une Charte dédiée au financement et à l’accompagnement des très petites entreprises, conformément aux orientations royales sur la réduction des disparités et l’accès au financement.
En complément des aspects prudentiels, la protection de la clientèle a été consolidée par des mesures sur la clôture des comptes, la délivrance des mainlevées, l’organisation d’enquêtes « mystery shopping » pour évaluer l’accueil en agence, et des actions visant à améliorer la transparence tarifaire ainsi que l’accessibilité physique et numérique des services aux personnes en situation de handicap.