Reconstitution du cheptel améliore l’offre mais viande reste chère, Akhannouch appelle à vendre
SIAM 2026 : la reconstitution du cheptel améliore l’offre mais les prix de la viande restent élevés
SIAM 2026 met en lumière un redressement du cheptel grâce à un programme de reconstitution, mais la hausse du coût des aliments et la spéculation maintiennent des prix élevés à l’approche de l’Aïd.
Depuis l’ouverture du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) 2026, les éleveurs présents ont fait état d’une offre de bétail plus abondante sur le marché, résultat d’un programme national de reconstitution du cheptel lancé après plusieurs années de sécheresse. Les producteurs expliquent que la préservation des femelles et des aides financières ciblées pour l’approvisionnement en aliments ont contribué à relancer la reproduction et à augmenter la disponibilité des animaux destinés à la vente. Malgré ce redressement de l’offre, les prix de la viande restent soutenus, en grande partie en raison de la hausse du coût des intrants et de comportements opportunistes observés sur le marché.
Résultats concrets du programme de reconstitution du cheptel
Plusieurs éleveurs interrogés au SIAM ont confirmé que les mesures mises en place depuis la période post-sécheresse ont porté leurs fruits. Le maintien des femelles reproductrices a permis d’accélérer la reconstitution des effectifs, et un soutien financier ciblé a facilité l’achat d’aliments pour bétail là où cela était nécessaire. Ces interventions expliquent l’augmentation visible du nombre d’animaux présentés par les exploitations et la disponibilité accrue sur les circuits commerciaux nationaux.
Pressions sur les prix des aliments pour bétail
Malgré l’amélioration de l’offre locale, le coût des aliments pour bétail reste une contrainte majeure pour les élevages. Les professionnels évoquent un renchérissement lié à des tensions internationales qui pèsent sur les marchés d’importation d’aliments concentrés. En parallèle, certains éleveurs notent que les parcours fourragers se sont bien régénérés cette saison, réduisant temporairement la dépendance aux achats sur le marché mondial, mais cela n’annule pas l’impact des prix élevés des intrants importés sur les coûts de production.
Abondance d’offre face à une persistance des prix élevés
L’offre accrue ne s’est pas traduite immédiatement par une baisse généralisée des prix de la viande. Des acteurs du marché et des intermédiaires ont parfois retenu des animaux hors des circuits commerciaux, dans l’attente d’une nouvelle hausse des cours. Ce comportement, qualifié d’opportuniste par plusieurs intervenants, renforce la volatilité des prix et limite la transmission complète d’une offre plus importante vers le consommateur final.
Intervention du chef du gouvernement aux conseillers
Lors d’une séance plénière à la Chambre des conseillers, le chef du gouvernement a pris la parole pour appeler les éleveurs à mettre leurs ovins sur le marché afin d’alléger la pression sur les prix de la viande. Il a jugé inacceptable que, malgré le redressement de l’offre résultant de la reconstitution du cheptel, les tarifs restent élevés. Cet appel officiel vise à combattre la rétention des animaux et à favoriser une plus grande fluidité des ventes en prévision des fêtes et des périodes de forte demande.
Estimations de prix pour l’Aïd et comportements observés
À l’approche de l’Aïd, des éleveurs présents au SIAM estiment pouvoir vendre certaines têtes à partir de 4 000 dirhams chacune, niveau qui traduit à la fois les coûts supportés par les exploitations et la tension du marché. Plusieurs témoignages ont pointé la stratégie d’acteurs cherchant à conserver des animaux pour capturer des marges plus élevées lors des pics de demande. Ces pratiques compliquent les efforts pour stabiliser les prix en période de forte consommation.
Perspectives et mesures envisageables pour stabiliser le marché
Les professionnels interrogés appellent à une combinaison de mesures pour consolider la reprise et contenir l’inflation des prix : maintien des programmes de soutien à la reproduction, ciblage des aides pour les petits éleveurs, renforcement de la surveillance du marché pour lutter contre la rétention abusive, et soutien à la production de fourrage local pour réduire la dépendance aux intrants importés. Les autorités et les représentants du secteur soulignent la nécessité d’une coordination entre politiques publiques et acteurs privés pour transformer l’amélioration de l’offre en bénéfices réels pour les consommateurs.
Le bilan présenté au SIAM 2026 montre que la reconstitution du cheptel est sur la bonne voie, mais que plusieurs chantiers restent ouverts pour assurer que cette reprise profite à l’ensemble de la chaîne: production, commerce et consommation. Les prochains mois, marqués par la demande saisonnière, seront déterminants pour vérifier si les mesures en place suffiront à contenir les prix et à limiter les comportements spéculatifs sur le marché.