Renault s’engage à 75 % d’approvisionnement local pour soutenir l’emploi au Maroc
Renault renforce son engagement au Maroc avec des objectifs d’intégration locale ambitieux
L’État impose à Renault des conditions strictes pour ses activités au Maroc, visant à promouvoir l’emploi local et le développement durable dans le secteur automobile.
Engagements renforcés en local
En échange d’infrastructures spécifiques et d’avantages fiscaux, le gouvernement marocain exige de Renault des engagements fermes quant à l’achat de composants auprès de fournisseurs locaux. En 2016, un premier accord fixait le seuil d’intégration locale à 40 %. Cependant, ce seuil a été revu à la hausse avec un nouveau contrat signé fin 2025, qui prévoit une intégration de 75 %. Cela représente une volume d’offre de 3 milliards d’euros, comparé aux 2 milliards en 2023, montrant ainsi une volonté claire de l’État de dynamiser l’économie locale.
Une usine exemplaire en termes de durabilité
L’usine de Renault à Tanger, construite sur un terrain de 300 hectares, se démarque par son engagement envers le développement durable. Elle est conçue pour minimiser son impact environnemental, tirant 90 % de sa consommation énergétique de sources renouvelables, notamment la biomasse et l’éolien. Cléa Martinet, directrice du développement durable du groupe, a souligné que « Tanger est notre première usine d’assemblage bas carbone ». Cette approche éthique répond aux préoccupations actuelles autour du stress hydrique et des changements climatiques.
Logistique optimisée pour l’exportation
Pour faciliter ses opérations, une ligne ferroviaire exclusive a été mise en place, permettant le transport quotidien de cinq trains de 240 voitures vers le port de Tanger Med. Cette synergie logistique est cruciale, car elle permet d’exporter 95 % de la production par bateau vers Algésiras, en Espagne. Avec une capacité d’assemblage de 60 véhicules par heure, le site de Tanger emploie 6 000 salariés travaillant six jours par semaine, produisant ainsi 299 400 unités l’année précédente.
Une stratégie axée sur l’électrification
Le site de Tanger a principalement fabriqué des modèles Dacia Sandero et Jogger, dont les versions électrifiées intègrent progressivement la chaîne de production. Cette stratégie permet non seulement à Renault de répondre à la demande croissante de véhicules électriques, mais aussi de propulser l’industrie automobile locale en Afrique. En effet, un million d’unités ont été assemblées au total l’année dernière, plaçant Renault au premier rang de l’industrie automobile dans la région.
Attractivité pour les investisseurs étrangers
Pour s’assurer de l’adhésion à ses conditions strictes, le marché marocain présente des atouts indéniables. Les salaires horaires y sont deux fois supérieurs à ceux de la Roumanie, et les zones franches offrent des exonérations d’impôts sur les sociétés, de TVA et de droits de douane. Cet écosystème prospère attire l’attention des équipementiers chinois tels que Gotion Power, Tianyouwei, et Ningbo Gaofa, qui s’intéressent à ce hub proche de l’Europe. Ces entreprises ambitionnent de rejoindre la liste des fournisseurs de Renault ou Stellantis, déjà implantés à Kénitra depuis 2019.
Perspectives d’avenir prometteuses
L’engagement de Renault au Maroc, tant sur le plan local que sur les enjeux environnementaux, souligne l’importance stratégique de ce pays pour l’assemblage et la production automobile. Avec une intégration locale accrue et des initiatives durables, Renault semble bien positionné pour continuer à croître dans ce marché dynamique.