Selon l’AIE la guerre au Moyen‑Orient maintiendra le marché du GNL tendu en 2026‑2027
La guerre au Moyen‑Orient retardera l’expansion du GNL et laissera le marché tendu en 2026-2027, avertit l’AIE
L’AIE alerte: la guerre au Moyen‑Orient retardera l’expansion du GNL d’au moins deux ans; le marché restera tendu en 2026-2027, pertes possibles jusqu’à 120 Gm3.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévient que les perturbations liées au conflit au Moyen‑Orient auront des effets durables sur la production mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans son dernier rapport trimestriel sur le marché du gaz, rendu public vendredi, l’agence estime que les dommages aux infrastructures de liquéfaction repousseront d’au moins deux ans l’impact des nouveaux projets, laissant le marché “tendu” sur les années 2026 et 2027. L’AIE anticipe une perte cumulée pouvant atteindre environ 120 milliards de mètres cubes de GNL entre 2026 et 2030 si les tendances actuelles se maintiennent.
L’AIE prévient d’un effet prolongé
L’agence basée à Paris souligne que les interruptions actuelles ne sont pas des événements transitoires isolés mais qu’elles affectent la capacité d’expansion planifiée. Les dommages aux installations de liquéfaction et la complexité des réparations signifient que même si de nouveaux projets sont lancés, leur mise en service sera retardée. En conséquence, la croissance de l’offre mondiale de GNL sera freinée pendant au moins deux années supplémentaires par rapport aux prévisions antérieures.
Dommages aux infrastructures et retards de capacité
Selon le rapport, les perturbations matérielles et logistiques touchent particulièrement les terminaux de liquéfaction et les chaînes d’approvisionnement connexes. La réparation des installations endommagées, la reprogrammation des chantiers et les difficultés d’approvisionnement en composants critiques ralentissent la construction et la montée en capacité des nouveaux projets. Ce ralentissement technique augmente le risque d’un déficit structurel ponctué d’épisodes de forte volatilité des approvisionnements.
Estimation chiffrée des pertes 2026-2030
L’AIE avance une estimation de perte cumulée d’environ 120 milliards de mètres cubes de GNL sur la période 2026‑2030 résultant de l’effet combiné des pertes d’approvisionnement à court terme et du ralentissement de la croissance des capacités. Cette estimation traduit un déficit significatif par rapport aux trajectoires attendues et pourrait, si elle se matérialise, exercer une pression haussière sur les prix et une tension durable sur la disponibilité du combustible pour les importateurs dépendants du GNL.
Impact immédiat sur les livraisons et routes maritimes
Le rapport note un changement brusque des conditions du marché dès le mois de mars, lorsque le conflit a conduit à une fermeture de facto du détroit d’Ormuz aux cargaisons de GNL. Cette situation a provoqué une contraction notable des livraisons, avec une baisse des flux encore plus marquée en avril. La réduction des passages par des voies stratégiques a perturbé les rotations de navires, la planification des cargaisons et l’alignement des capacités logistiques entre producteurs et consommateurs.
Appel aux investissements et à la coopération internationale
Face à ces risques, l’AIE appelle à renforcer la sécurité d’approvisionnement du GNL via des investissements soutenus tout au long de la chaîne de valeur — depuis les terminaux de liquéfaction jusqu’aux capacités de regazéification et de stockage chez les importateurs. L’agence insiste également sur la nécessité d’une coopération renforcée entre pays producteurs et consommateurs pour coordonner les réponses, partager l’information et stabiliser les marchés en période de perturbation.
Stratégies d’atténuation pour les importateurs
Le rapport met en avant les bénéfices d’un portefeuille diversifié de contrats, incluant des engagements à long terme, pour amortir les chocs de prix et garantir des approvisionnements plus stables lors de perturbations. Les importateurs encouragés à combiner contrats long terme, capacités de stockage accrues et mécanismes de flexibilité commerciale pour réduire la vulnérabilité aux variations abruptes des flux et des prix.
Les conclusions de l’AIE soulignent que, bien que de nouveaux projets puissent compenser les pertes sur le long terme, l’horizon 2026‑2027 restera marqué par la tension entre une offre affaiblie et une demande mondiale toujours présente. Pour limiter les effets d’une possible pénurie et éviter une volatilité prolongée des marchés, l’agence appelle à des décisions rapides et coordonnées en matière d’investissement et de gestion des approvisionnements.