Sénégal saisit le TAS après que la CAF a attribué la CAN au Maroc
Sénégal saisit le TAS après l’annulation du titre de la CAN par la CAF
La Fédération sénégalaise saisit le Tribunal arbitral du sport (TAS) après la CAF a annulé le résultat de la finale de la CAN, ouvrant une bataille juridique majeure. (159 caractères)
Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a annoncé une action judiciaire vigoureuse après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’annuler le résultat de la finale de la Coupe d’Afrique des nations et d’attribuer le titre au Maroc. Lors d’une conférence tenue le 26 mars 2026, les dirigeants et l’équipe juridique du Sénégal ont qualifié la décision d’arbitre d’irrationnelle et ont confirmé le dépôt d’un recours auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS).
La FSF annonce une “croisade” juridique
La Fédération sénégalaise a exprimé son rejet catégorique de la décision prise par la commission d’appel de la CAF, la qualifiant de violation manifeste des règles du jeu et du principe de la finalité des décisions arbitrales. Le président Abdoulaye Fall a déclaré que la FSF refusait la fatalité et se préparait à mener « une croisade morale et juridique ». La fédération a formellement saisi le TAS mercredi 25 mars 2026, selon les responsables présents à la conférence de presse du 26 mars 2026.
Recours formel déposé au TAS et enjeux procéduraux
Le recours introduit vise à obtenir l’annulation de la décision prise par la CAF et la reconnaissance du Sénégal comme champion d’Afrique. Les juristes sénégalais ont demandé une procédure accélérée, estimant que les délais habituels au TAS — souvent de neuf à douze mois entre le dépôt et une décision — seraient inacceptables compte tenu des conséquences sportives et symboliques. L’équipe judiciaire a souligné qu’une accélération dépendra de l’accord des différentes parties et des calendriers disponibles pour la convocation d’une audience.
Contexte factuel de la finale à Rabat le 18 janvier 2026
La controverse remonte à la finale disputée à Rabat le 18 janvier 2026, lorsque le Sénégal a quitté le terrain en signe de protestation contre l’attribution d’un penalty jugé décisif en faveur du Maroc. Les joueurs sénégalais sont ensuite revenus sur le terrain et ont inscrit un but durant le temps additionnel, le match se terminant sur ce score. La CAF a par la suite annulé le résultat et a attribué le titre au Maroc, décision qui sert aujourd’hui de point de départ au litige porté devant le TAS.
Accusations d’irrégularité et absence de motivation détaillée
Les avocats du Sénégal ont critiqué l’absence d’une motivation détaillée dans la décision de la commission d’appel de la CAF. Selon les conseils, une décision valable doit être fondée et explicitée ; en l’absence de motivations claires, ils estiment que le verdict est juridiquement fragile. Les représentants sénégalais ont averti que laisser passer une décision aussi peu étayée porterait atteinte à la sécurité juridique des compétitions et à la confiance dans les instances disciplinaires et d’appel.
Équipe juridique internationale et stratégie de défense
La FSF a réuni un collectif d’avocats venus de plusieurs pays, notamment de France, d’Espagne, de Suisse et du Sénégal, pour défendre sa cause au TAS. Les avocats ont annoncé qu’ils mobiliseraient des moyens pour prouver la nullité procédurale et l’absence de fondement juridique de la décision de la CAF. Ils ont aussi exprimé la crainte que, si la décision est confirmée, le précédent ouvre la porte à des résolutions sportives décidées davantage dans des cabinets d’avocats que sur le terrain.
Conséquences pour le football africain et réactions institutionnelles
La décision de la CAF a suscité de vives réactions et pose la question de la gouvernance et de l’impartialité des instances continentales. Patrice Motsepe, président de la CAF, a assuré la semaine précédente que « aucun pays d’Afrique ne sera traité de manière plus préférentielle, ni plus avantageuse, ni plus favorable qu’un autre », tentant d’apaiser les tensions. Pour les juristes sénégalais, cependant, l’enjeu dépasse le seul trophée : il s’agit de préserver le principe selon lequel les résultats sportifs sont tranchés sur le terrain et confirmés par des procédures disciplinaires motivées.
Le Sénégal, qualifié pour la Coupe du monde 2026, demeure engagé sur le plan sportif et doit disputer un match amical contre le Pérou au Stade de France le 28 mars 2026 ; Abdoulaye Fall a invité les supporters à venir réclamer symboliquement le trophée. La procédure au TAS décidera de la validité de la décision de la CAF et pourrait prendre plusieurs mois si aucune accélération n’est acceptée par toutes les parties, mais la FSF a clairement indiqué qu’elle poursuivrait la bataille jusqu’à ce que la justice arbitrale rende une décision tranchée.