Sénégal saisit le TAS pour annuler l’attribution de la CAN au Maroc
CAN 2026 : le Sénégal saisit le Tribunal arbitral du sport pour annuler l’attribution du titre au Maroc
Le Sénégal a officiellement saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester la décision de la Confédération africaine de football (CAF) du 17 mars 2026 qui a retiré son titre de la Coupe d’Afrique des Nations et attribué le trophée au Maroc après les événements de la finale du 18 janvier.
Le recours déposé auprès du Tribunal arbitral du sport
Le recours de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a été enregistré par le TAS, qui a confirmé avoir reçu la contestation visant la CAF et la Fédération royale marocaine de football. La FSF demande l’annulation de la décision de la CAF et réclame la reconnaissance officielle de sa victoire sportive en finale. Le TAS a indiqué qu’il traitera la procédure en veillant à la rapidité tout en garantissant le droit à un procès équitable pour toutes les parties.
Motifs avancés par la Fédération sénégalaise
La FSF soutient que l’annulation du résultat sportif constitue une violation des principes de la compétition et une sanction disproportionnée. Selon le dossier transmis au TAS, le Sénégal affirme que les gestes protestataires de certains joueurs ne devraient pas entraîner la requalification automatique du résultat ni la perte du titre remporté sur le terrain. La fédération demande également que soient examinées les circonstances précises du retrait momentané des joueurs et l’interprétation réglementaire retenue par la CAF.
Décision de la CAF du 17 mars 2026
Le 17 mars 2026, la CAF a fait droit à un appel déposé par la Fédération royale marocaine, estimant que le retrait des joueurs sénégalais du terrain constituait une infraction au règlement du tournoi. En conséquence, la CAF a déclaré le Sénégal forfait pour la rencontre, transformant la victoire 1-0 obtenue après prolongation en une défaite 3-0, et a attribué le titre au Maroc en tant que pays hôte. Cette décision administrative, prise près de deux mois après la finale, est au cœur du litige amené devant le TAS.
Chronologie des incidents lors de la finale du 18 janvier
La finale du 18 janvier s’est jouée dans un climat tendu. Dans le temps additionnel du temps réglementaire, un penalty a été accordé au Maroc après intervention du VAR, décision qui a provoqué de fortes protestations côté sénégalais et des tentatives d’intrusion de supporters sur la pelouse. Les joueurs sénégalais ont interrompu la rencontre pendant près de vingt minutes avant de regagner le terrain. Le penalty marocain a été arrêté, puis le Sénégal a inscrit l’unique but en prolongation, scellant un succès 1-0 selon le score enregistré à l’issue du match.
Positions du Maroc et de la CAF
La Fédération royale marocaine a expliqué que son appel visait uniquement à faire respecter le règlement et non à remettre en cause le mérite sportif des équipes. La CAF, pour sa part, a rappelé l’obligation d’appliquer les textes du tournoi et a souligné sa volonté de voir trancher la question au plus haut niveau. Les responsables de l’instance continentale ont aussi laissé la porte ouverte à la juridiction arbitrale, reconnaissant le droit des fédérations de recourir au TAS.
Impact sportif et calendrier des équipes
Le litige intervient alors que les deux nations poursuivent leur préparation pour la prochaine Coupe du Monde. Le Sénégal et le Maroc disputent des rencontres amicales cette semaine, utilisées comme préparation par les sélectionneurs. Au-delà du prestige, la décision du TAS pourrait avoir des répercussions administratives et disciplinaires, influencer les archives officielles du tournoi et modifier les bilans des fédérations. Les enjeux financiers et les conséquences sur la gouvernance fédérale seront également examinés par les instances concernées lors de l’arbitrage.
La procédure devant le Tribunal arbitral du sport devrait déterminer si la décision de la CAF sera annulée, confirmée ou modulée, et les parties attendent désormais un calendrier précis d’audience et de délibération. Le TAS a indiqué vouloir traiter le dossier rapidement, mais sans compromettre les garanties procédurales nécessaires. L’issue de ce recours définira non seulement le pays officiellement sacré champion d’Afrique pour cette édition, mais aussi le précédent disciplinaire et juridique pour les futures compétitions continentales.