Soudan du Sud: hôpital de Lankien détruit, risque de famine dans le Jonglei
Attaque dévastatrice à Lankien : hôpital détruit et villages du Jonglei ravagés
L’attaque de Lankien au Soudan du Sud a détruit un hôpital et dévasté des villages du Jonglei, provoquant un exode massif et un risque élevé de famine.
Le soir du 3 février 2026, quelques heures après l’évacuation forcée des derniers patients, une bombe a frappé l’hôpital de Lankien, laissant un cratère dans son entrepôt et marquant le début d’une série de violences qui ont ravagé la région du Jonglei. Des combats acharnés, une progression des forces gouvernementales vers l’est et des opérations terrestres et aériennes ont suivi, entraînant l’incendie, le pillage et la destruction d’infrastructures civiles essentielles, forçant des milliers de personnes à fuir vers les marais et les zones frontalières.
Attaque et évacuation de l’hôpital de Lankien
Quelques jours avant l’explosion, le personnel médical avait évacué hâtivement les patients, y compris des femmes en travail et des blessés par balle, craignant une attaque imminente. La frappe du 3 février 2026 est intervenue alors que l’établissement était vide, mais ses conséquences ont été immédiates et lourdes : bâtiments endommagés, entrepôts détruits et matériel médical irrécupérable. L’attaque a mis fin aux services de santé locaux et a aggravé une situation sanitaire déjà fragile.
Destruction des infrastructures médicales
L’hôpital a été pillé puis incendié, y compris son unité de chaîne du froid destinée à la conservation des vaccins. Des véhicules ont été criblés de balles ou démontés pour pièces, et des systèmes solaires d’alimentation en eau ont été démantelés. Ces destructions ont privé la population d’un accès essentiel aux soins et aux approvisionnements sanitaires, compromettant la réponse aux blessures, aux maladies infectieuses et aux besoins obstétricaux sur le long terme.
Contre-offensive militaire dans le Jonglei
La campagne militaire baptisée « Opération Paix Endurante » a vu des forces se déplacer d’ouest en est à travers l’État du Jonglei, reprenant un à un des centres tenus par des groupes d’opposition. Les autorités ont déclaré mener des opérations de reprise de territoire après des prises de garnisons par des combattants de l’opposition, mais ces avancées ont coïncidé avec des incendies et des pillages massifs dans plusieurs localités, poussant des populations vers la frontière éthiopienne.
Témoignages de civils et pertes humaines
Des habitants ayant fui ou tenté de revenir ont fait état de scènes de destruction et de victimes civiles. Des tirs d’artillerie et de mortier ont frappé des quartiers, des maisons ont été incendiées et des corps ont été retrouvés parmi les ruines. Des récits personnels décrivent des familles décimées et des proches portés disparus, tandis que les autorités locales et des témoins divergent sur la responsabilité des attaques, rendant l’état des faits difficile à vérifier sur place en raison de l’accès restreint.
Imagerie satellite et schéma de destruction
L’analyse des images satellite a permis de cartographier une trajectoire d’incendies et de dégâts correspondant aux mouvements de troupes observés. Plus de vingt incidents ont été documentés dans la période fin janvier–février, affectant maisons, marchés et établissements de santé. Ces données montrent un schéma récurrent : villages incendiés ou pillés peu après des changements de contrôle territorial, mais l’imagerie seule ne permet pas de déterminer à elle seule les responsabilités ou les intentions derrière ces destructions.
Impact humanitaire et risque de famine
Les conséquences humaines sont déjà graves et risquent de perdurer. Plusieurs établissements de santé du Jonglei sont hors service ou détruits, réduisant l’accès aux soins pour des centaines de milliers de personnes. Les perturbations des récoltes, l’insécurité et les déplacements massifs ont élevé le risque de crise alimentaire, les évaluations indiquant la possibilité d’une insécurité alimentaire aiguë pour des dizaines de milliers d’habitants. Les acteurs humanitaires préviennent que les effets sur la santé publique, la sécurité alimentaire et les services de base pourraient se prolonger pendant des mois, sinon plus.
La combinaison d’opérations militaires, de destructions ciblées d’infrastructures civiles et d’un accès humanitaire limité crée une situation de crise prolongée dans le Jonglei, avec des besoins urgents en assistance médicale, en nourriture et en protection pour les populations déplacées.