Taounate: 1,54 milliard de dirhams pour 41 projets de santé et 4 hôpitaux
Taounate lance un plan de santé de 1,54 milliard de dirhams pour renforcer l’offre et réduire le déficit de lits d’ici 2028
Taounate investit 1,54 MdDH pour 41 projets de santé jusqu’en 2028 : quatre hôpitaux, réhabilitation de centres, modernisation et recrutements médicaux.
La province de Taounate a dévoilé un programme structurant du secteur de la santé mobilisant 1,54 milliard de dirhams pour 41 projets, avec l’objectif d’améliorer l’accès aux soins et d’aligner les indicateurs locaux sur les standards nationaux d’ici 2028. Lors d’une réunion tenue le mardi 12 mai 2026 à Taounate, les autorités ont présenté le détail des investissements, qui s’inscrivent dans la mise en œuvre de la loi-cadre n° 06-22 et reposent sur quatre piliers : gouvernance territoriale, renforcement de l’offre de soins, valorisation des ressources humaines et transformation numérique.
Investissement global et cadre légal
Le plan s’appuie sur la loi-cadre n° 06-22 relative à la réforme du système national de santé. Le financement total de 1,54 milliard de dirhams couvre 41 projets visant à densifier l’offre hospitalière, réhabiliter les structures de soins primaires, moderniser les plateaux techniques et renforcer les effectifs médicaux. Les autorités ont insisté sur l’importance d’une gouvernance locale coordonnée pour assurer l’exécution et la durabilité des investissements.
Construction de quatre hôpitaux et capacité à l’horizon 2028
Une enveloppe de 1,316 milliard de dirhams est dédiée à la construction de quatre nouveaux établissements hospitaliers qui ajouteront 255 lits à la capacité de la province. Le nouvel hôpital provincial de Taounate, prévu pour 120 lits, est en cours de réalisation ; l’hôpital de proximité de Tissa, de 45 lits, est également en chantier. Les hôpitaux de proximité de Ghafsai et de Kariat Ba Mohamed, chacun prévu pour 45 lits, sont au stade du lancement des concours d’architecture. Le calendrier fixé vise l’achèvement des chantiers et la mise en service progressive des structures d’ici 2028.
Réduction du déficit de lits et réhabilitation des centres de santé
La montée en capacité répond à un déficit structurel : la province affiche actuellement un ratio de 5 296 habitants par lit, nettement supérieur à la moyenne nationale de 1 283 habitants par lit. Pour s’attaquer simultanément aux besoins de proximité, le ministère a alloué 165 millions de dirhams à la réhabilitation de 33 établissements de soins primaires. Onze centres et dispensaires ont déjà été reconstruits ou aménagés dans plusieurs localités, notamment Tissa, Tahar Souk, Ourtzagh et Ouedka, et sont en cours d’équipement pour reprendre rapidement leur activité.
Modernisation technique et activité hospitalière
Outre les nouvelles infrastructures, 15 millions de dirhams sont destinés à la modernisation du plateau technique de l’hôpital provincial actuel : équipements d’anesthésie-réanimation, blocs opératoires et matériel d’imagerie médicale figurent parmi les priorités pour améliorer la qualité diagnostique et thérapeutique. L’activité hospitalière actuelle reste soutenue : plus de 37 900 consultations d’urgence, 18 000 consultations spécialisées et 1 048 interventions chirurgicales ont été réalisées récemment. Les services de dialyse sont également suivis, avec 61 patients ayant bénéficié de 7 001 séances d’hémodialyse.
Ressources humaines, secteur privé et transformation numérique
La province compte aujourd’hui 615 fonctionnaires dans le secteur, dont 72 cadres médicaux (43 médecins généralistes et 27 spécialistes). Le plan prévoit la création de 35 postes supplémentaires dans des spécialités jugées vitales : psychiatrie, cardiologie, chirurgie, gynécologie-obstétrique et pédiatrie. Le secteur privé complète l’offre locale avec deux cliniques privées totalisant 45 lits, 70 pharmacies, 38 cabinets médicaux, deux laboratoires d’analyses et sept centres de kinésithérapie. Parallèlement, la transformation numérique — dossier médical partagé et télémédecine — est présentée comme un levier pour améliorer la continuité des soins et la coordination entre niveaux de prise en charge.
Le calendrier et le pilotage resteront déterminants pour traduire ces engagements financiers en services effectifs. L’achèvement progressif des projets et l’intégration des outils numériques doivent permettre, selon les autorités, un saut qualitatif des prestations de santé, la réduction des inégalités territoriales en matière d’accès aux soins et la progression des indicateurs de couverture vers les standards nationaux, tout en garantissant la dignité et le droit des citoyens à des soins de qualité.