TAS examine l’appel du Sénégal après sa déchéance du titre de la CAN
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) entendra l’appel du Sénégal le 8 octobre 2026 à Lausanne, dans le litige qui a conduit la CAF à déchoir les Lions d’Afrique de leur titre de la Coupe d’Afrique des Nations au profit du Maroc.
Meta description: Le TAS de Lausanne ouvre l’audience le 8 octobre 2026 sur l’appel du Sénégal après sa déchéance du titre de la CAN; un verdict sera attendu prochainement.
La longue controverse autour du titre de la CAN 2026 entre le Sénégal et le Maroc arrive devant le Tribunal arbitral du sport. L’audience, programmée le jeudi 8 octobre 2026 à Lausanne, vise à trancher sur la décision de la Confédération africaine de football d’annuler le résultat de la finale jouée à Rabat et d’octroyer la victoire au Maroc après avoir considéré que le Sénégal avait déclaré forfait. Le panel examinera les arguments présentés par le Sénégal, le Maroc et la CAF; la décision finale du TAS interviendra ultérieurement après délibérations.
Audience fixée au 8 octobre 2026 à Lausanne
L’appel du Sénégal sera entendu publiquement par le TAS le jeudi 8 octobre 2026, mais l’audience se tient à huis clos. Le Tribunal a précisé qu’une fois l’audience terminée, le panel procédera à ses délibérations et qu’aucune date de prononcé de la décision finale ne sera communiquée immédiatement. Le recours sénégalais a été déposé le 25 mars 2026, quelques semaines après la décision de la Commission d’appel de la CAF qui avait annulé le résultat sportif de la finale.
Chronologie des faits depuis la finale de Rabat
La finale de la CAN, disputée en janvier 2026 à Rabat, avait vu le Sénégal s’imposer 1-0 après prolongation contre le pays hôte. Le match avait été marqué par un penalty accordé en fin de temps réglementaire contre le Sénégal; pendant quarante minutes de la fin, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement le terrain et été 14 minutes absents du jeu en signe de protestation, avant que la rencontre ne reprenne. Le Maroc a manqué le penalty, la rencontre étant finalement décidée en prolongation par un but sénégalais. Deux mois plus tard, la Commission d’appel de la CAF a considéré que le fait de quitter le terrain équivalait à un forfait et a annulé le résultat, attribuant une victoire sur tapis vert 3-0 au Maroc et déclarant le Maroc champion.
Motifs de la décision de la CAF et points contestés
La décision d’annulation reposait sur une lecture du règlement du tournoi qui stipule que si une équipe refuse de jouer ou quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre, elle est réputée perdante et éliminée de la compétition. La CAF a donc retenu la qualification du Maroc et la déchéance du Sénégal au motif d’un abandon de la rencontre. Le Sénégal conteste cette interprétation, arguant que le départ temporaire des joueurs ne constituait pas un abandon définitif et que l’arbitre avait autorisé la reprise du match. Les avocats sénégalais souligneront également la primauté des lois du jeu, selon lesquelles les décisions de l’arbitre sur le terrain sont en principe définitives et ne doivent pas être remises en cause a posteriori sauf en cas de vice de procédure manifeste.
Composition du panel et portée juridique des arguments
Le panel du TAS chargé d’entendre l’affaire est présidé par l’expert français Gerald Simon, assisté du professeur italien de droit international Luigi Fumagalli et de l’avocat et universitaire Ulrich Haas, basé à Hambourg. Les débats porteront sur l’interprétation simultanée des lois du jeu et des règlements internes de la compétition, ainsi que sur la portée des pouvoirs disciplinaires de la CAF. Le Sénégal devrait plaider pour une lecture stricte et circonstanciée des articles du règlement, distinguant une sortie temporaire du terrain d’un forfait. Le Maroc défendra l’interprétation retenue par la Commission d’appel de la CAF, estimant qu’une équipe qui quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre engage sa responsabilité et peut être sanctionnée par la perte du match et l’élimination.
Déroulement procédural et implications immédiates
L’audience se déroulera à huis clos; les représentants des trois parties présenteront leurs conclusions et réponses aux questions du panel. Après la clôture des débats, les arbitres entameront leurs délibérations. La date de publication de la sentence n’est pas fixée et dépendra de la complexité juridique des arguments et des éléments factuels à examiner. Sur le plan procédural, la décision du TAS pourra confirmer, infirmer ou partiellement annuler la décision de la CAF; chaque issue aura des conséquences administratives immédiates sur le classement officiel du tournoi et sur les palmarès.
Conséquences sportives et calendrier des compétitions
Au-delà du titre et de la reconnaissance officielle du vainqueur, l’issue de ce recours a des répercussions sur la réputation des fédérations, la gestion disciplinaire des compétitions africaines et éventuellement le mode d’application des règlements lors d’incidents similaires. Les qualifications pour la CAN 2027 ont débuté en septembre 2026; le Sénégal a joué ses premières rencontres de la campagne en match d’ouverture sous la direction de Patrick Vieira, obtenant le 25 septembre 2026 un match nul face au Mozambique puis en s’imposant 1-0 en Éthiopie le 29 septembre 2026. Le Maroc a, lui, remporté ses deux premiers matches de qualification contre le Gabon et le Lesotho. Selon la décision du TAS, les conséquences sportives immédiates pourront toucher les archives officielles, les droits et obligations des équipes et la planification des prochaines compétitions.
Le monde du football africain attend désormais la sentence du TAS, qui tranchera un litige aux enjeux juridiques, administratifs et symboliques importants pour la CAN et la gouvernance du sport sur le continent.