Téhéran affirme avoir ciblé Palmachim, Ovda et le siège du Shin Bet en Israël
L’Iran affirme avoir visé Palmachim, Ovda et le siège du Shin Bet; Israël riposte par d’importantes frappes et des alarmes anti-missiles ont retenti.
L’Iran annonce avoir ciblé deux bases aériennes israéliennes et le siège du Shin Bet, tandis qu’Israël et les États-Unis poursuivent des frappes contre l’Iran; les combats et les dégâts civiles s’intensifient.
Cibles visées en Israël selon Téhéran
L’armée de la République islamique d’Iran a déclaré avoir lancé des drones contre les bases aériennes de Palmachim et d’Ovda ainsi que contre le quartier général du service de sécurité intérieur israélien, le Shin Bet. L’annonce, diffusée par la télévision d’État iranienne, présente ces opérations comme une étape de la riposte régionale de Téhéran au conflit impliquant les États-Unis et Israël. Au moment du communiqué iranien, les autorités israéliennes n’avaient pas fait de commentaire officiel sur ces allégations.
Alerte antimissile et frappes à grande échelle
Des alertes aux missiles ont retenti à Jérusalem et d’autres régions d’Israël, avec des explosions signalées alors que l’armée israélienne entreprenait des interceptions. Des tirs provenant de l’Iran et du Hezbollah ont contraint des populations à chercher refuge, notamment à Tel Aviv et dans la zone frontalière nord avec le Liban. Parallèlement, Israël a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes aériennes “à grande échelle” contre des positions en Iran, intensifiant ainsi les opérations militaires entre les deux États et leurs alliés.
Bilan humain et dégâts matériels
Les autorités israéliennes ont fait état d’au moins 13 personnes tuées et près de 2 000 blessées depuis le début des hostilités le 28 février. Du côté iranien, le vice-ministre de la Santé a rapporté un bilan provisoire incluant 1 395 morts et un nombre croissant de blessés, dont beaucoup de civils. Les services sanitaires iraniens indiquent que 31 installations cliniques et hôpitaux majeurs ont subi des dégâts, et que douze d’entre eux sont désormais inactifs. Un représentant du Croissant‑Rouge iranien a estimé que près de 20 000 bâtiments civils ont été touchés, dont environ 16 000 unités résidentielles, ce qui souligne l’ampleur des dommages dans les zones urbaines.
Impact sur les infrastructures et la santé publique
Outre les établissements de santé, des écoles, des dépôts pétroliers et des infrastructures énergétiques et hydrauliques autour de Téhéran ont été signalés comme ayant été touchés. Des coupures d’électricité ont été rapportées dans des villes comme Karaj, et des responsables expriment des inquiétudes quant aux conséquences sur la santé publique et la qualité de l’air dans la capitale et ses environs. Les équipes médicales font face à un afflux de victimes, certaines restant ensevelies sous des bâtiments effondrés, selon les autorités sanitaires iraniennes.
Déclarations politiques et exigences iraniennes
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a réaffirmé l’attachement de Téhéran à la paix régionale tout en insistant sur la nécessité que les “droits légitimes” de l’Iran soient reconnus pour qu’un règlement soit possible. Dans une publication sur la plateforme X, il a indiqué avoir échangé avec des dirigeants russes et pakistanais et a réaffirmé la position de l’Iran selon laquelle le conflit a été déclenché par “le régime sioniste et les États-Unis”. Il a également demandé la reconnaissance de ces droits, des réparations et des garanties internationales contre de futures attaques. Par ailleurs, Mohammad Baqer Qalibaf, président du Parlement iranien, a averti que toute agression américaine contre des îles iraniennes dans le golfe pourrait pousser Téhéran à “abandonner toute retenue”, soulignant la sensibilité stratégique de zones comme Kharg, utilisées pour l’exportation d’énergie.
Diplomatie active et risques d’escalade régionale
Les efforts diplomatiques pour contenir le conflit se sont intensifiés, avec des contacts entre la Russie et les autorités iraniennes et des appels internationaux en faveur d’un arrêt des hostilités. Malgré ces tentatives, les opérations militaires se poursuivent sur plusieurs fronts et la dynamique des représailles crée un risque élevé d’élargissement du conflit dans la région. Des analystes notent que les tactiques employées sur le terrain, notamment les frappes contre des infrastructures civiles, ravivent des comparaisons avec des campagnes antérieures et soulèvent des inquiétudes quant au respect du droit international humanitaire.
Le conflit, qui a débuté le 28 février et se poursuit sans signe évident de désescalade, laisse des populations civiles prises entre les opérations militaires et la détérioration des services essentiels, tandis que la communauté internationale appelle à des mesures pour éviter une intensification plus large des affrontements.