Téhéran nie négociations malgré contacts directs avec l’envoyé américain Witkoff
Araghchi : l’Iran confirme des échanges avec les États‑Unis mais nie toute négociation
Araghchi confirme des échanges avec Washington mais refuse de parler de négociations; Téhéran n’a pas répondu à la proposition américaine en 15 points.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré le 31 mars 2026 que Téhéran a reçu et transmis des messages provenant des États‑Unis, parfois directement et parfois par l’intermédiaire de pays régionaux, sans que ces contacts constituent pour autant l’ouverture de négociations officielles entre les deux pays. Lors d’un entretien, il a précisé que les échanges incluent un contact direct avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, mais que l’Iran n’a pris aucune décision pour entamer des négociations formelles.
Contacts directs avec l’envoyé américain Witkoff
Araghchi a confirmé que des messages lui ont été adressés directement par l’envoyé américain, et que des communications ont également transité par d’autres canaux diplomatiques régionaux. Selon ses déclarations, la présence de ces échanges marque une ligne de communication sur des questions de sécurité, mais ne doit pas être interprétée comme le lancement d’un processus de négociation politique ou stratégique. Le ministre a insisté sur le fait que les messages sont gérés par le ministère des Affaires étrangères et impliquent des échanges entre agences de sécurité.
Aucune négociation officielle selon Téhéran
Le chef de la diplomatie iranienne a rejeté les affirmations selon lesquelles l’Iran serait engagé dans des négociations avec Washington. Il a déclaré qu’il n’existe « aucune vérité » dans les allégations de négociations en cours et que Téhéran conserve des réserves substantielles quant à l’idée d’ouvrir des pourparlers formels. Araghchi a précisé que, malgré les contacts, aucune proposition ou condition de la part de l’Iran n’a été soumise aux États‑Unis.
Contenu de la proposition américaine en 15 points
Les autorités iraniennes ont indiqué n’avoir pas encore répondu à une proposition en 15 points envoyée par les États‑Unis, qui, selon des informations relayées, comprenait des mesures allant de garanties sur l’absence d’acquisition d’armes nucléaires à des limitations du stock et de la portée des missiles iraniens. Araghchi a confirmé que Téhéran n’a pas formulé de contre‑proposition et que l’examen de cette offre reste en cours au sein des organes compétents. Il a souligné que l’acceptation de propositions dépendrait d’un cadre global répondant aux préoccupations de sécurité de l’Iran.
Position de l’Iran sur la cessation des hostilités
Le ministre a réaffirmé la position de Téhéran selon laquelle la fin des hostilités doit se traduire par l’arrêt de toutes les attaques dans la région plutôt que par un simple cessez‑le‑feu ponctuel. Cette approche implique une exigence d’engagements plus larges et durables sur les actions militaires et sur les garanties de sécurité régionales. Araghchi a indiqué que l’Iran privilégie des assurances concrètes avant d’envisager toute forme d’accord engageant la République islamique.
Implications pour la diplomatie régionale et les agences de sécurité
Les propos d’Araghchi montrent une coordination entre le ministère des Affaires étrangères et les agences de sécurité en matière de réception et d’analyse des messages échangés. Le recours à canaux multiples — directs et indirects — suggère une volonté de maintenir ouverts des moyens de communication sans pour autant modifier la posture politique officielle. La mise en avant d’un contact direct avec l’envoyé américain est la principale nouveauté signalée, selon les déclarations, mais elle s’inscrit dans un cadre de prudence confirmé par Téhéran.
L’annonce intervient dans un contexte de tensions prolongées entre l’Iran et les États‑Unis, exacerbées par des opérations militaires et des sanctions économiques. La reconnaissance publique par un haut responsable iranien de messages échangés avec Washington indique une volonté de transparence relative sur les canaux diplomatiques, tout en maîtrisant les attentes quant à l’issue de ces contacts. La réponse finale de l’Iran à la proposition en 15 points et l’éventuelle évolution des contacts dépendront des décisions politiques prises à Téhéran et de l’évaluation des garanties de sécurité présentées.