Tigré : commandant rebelle appelle à poursuivre la lutte après la chute de Mekelle
Tigré : appel à la reddition de l’administration intérimaire face à la promesse des rebelles de poursuivre la lutte
Au Tigré, l’administration intérimaire soutenue par le gouvernement fédéral a lancé un appel pressant aux combattants rebelles pour qu’ils déposent les armes, alors que des chefs insurgés ont déclaré vouloir continuer la résistance après la perte de Mekelle. La situation reste instable, avec des opérations militaires, des incidents visant des civils et des perspectives humanitaires dramatiques.
Appel de l’administration intérimaire à déposer les armes
L’autorité intérimaire installée dans la région du Tigré a exhorté les milices et combattants à cesser les hostilités et à retrouver la vie civile. Les responsables locaux ont décrit l’effondrement progressif des forces rebelles dans plusieurs secteurs et ont insisté sur la nécessité de sécuriser les villes et d’empêcher les pillages. Ils ont promis des mesures pour rétablir les services publics et faciliter le retour des personnes déplacées, sans toutefois fournir de calendrier précis pour ces opérations.
Engagement renouvelé des commandants rebelles
Malgré cet appel, des cadres militaires identifiés comme dirigeants de la résistance du Tigré ont lancé un appel à poursuivre la lutte. Dans une intervention diffusée par des médias affiliés à la rébellion, un commandant a demandé aux milices locales et aux volontaires de continuer à mener des attaques contre les positions gouvernementales, en dépit de l’avantage technologique et matériel déclaré des forces adverses, notamment en matière de drones et d’armement lourd. Les dirigeants rebelles assurent avoir infligé des pertes significatives aux forces loyales à l’État, mais ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Incidents récents et victimes civiles
Les quartiers périphériques de Mekelle et d’autres localités ont été le théâtre d’incidents impliquant des moyens aériens et des frappes. Des témoins ont signalé une attaque par drone qui aurait tué plusieurs civils et blessé d’autres personnes alors qu’ils chargeaient du bétail sur un véhicule. Ces rapports illustrent le risque élevé pour les populations civiles, piégées entre opérations militaires et absence de garanties de protection. Les autorités administratives locales font état d’opérations de sécurité visant à limiter les exactions, mais les conditions sur le terrain restent difficiles à documenter de façon indépendante.
Forces alliées et dynamique militaire locale
Les forces engagées du côté gouvernemental comprennent des unités fédérales et des contingents locaux ralliés, y compris d’anciens combattants appartenant auparavant à la structure armée tigréenne. Cette recomposition des forces a complexifié la configuration militaire sur le terrain et a contribué à des opérations conjointes visant à sécuriser les axes principaux et à prévenir les pillages. Les responsables ont déclaré mener des patrouilles et des contrôles dans les quartiers récemment repris, tout en affirmant vouloir préparer le retour des services administratifs et sociaux.
Rupture de l’accord de paix et accusations réciproques
La reprise des affrontements a marqué une rupture de l’accord de paix conclu en novembre 2022, qui visait à mettre fin aux hostilités majeures dans la région. Le gouvernement central accuse les dirigeants rebelles de ne pas respecter les engagements pris, en particulier en matière de démobilisation et de désarmement, et de recruter de force de nouveaux combattants. De leur côté, les responsables tigréens restés hostiles au gouvernement dénoncent ce qu’ils qualifient d’avantages disproportionnés de l’adversaire et appellent à une résistance prolongée pour préserver leurs positions politiques et territoriales.
Impact humanitaire et défis de reconstruction
Le conflit prolongé a entraîné des pertes humaines, des déplacements massifs et un effondrement des services de santé et de nutrition. Les conséquences incluent des famines locales, des infrastructures détruites et une population vulnérable privée d’accès régulier aux soins. La réintégration des déplacés, la restauration des services sociaux et la tenue d’élections annoncées par l’administration intérimaire sont présentées comme des priorités, mais leur réalisation dépendra de la sécurité durable et d’un accès humanitaire suffisant.
La trajectoire du conflit au Tigré demeure incertaine : d’un côté, une administration cherche à imposer l’autorité et à stabiliser la vie civile; de l’autre, des commandants rebelles s’engagent à poursuivre les hostilités. Entre les promesses de rétablissement des services et les risques de nouvelles violences, la priorité immédiate reste la protection des civils et la garantie d’un accès humanitaire sans entrave afin d’atténuer les conséquences sanitaires et alimentaires pour des milliers de personnes.