Touaregs du Mali exigent retrait russe et prédisent chute du régime
Crise au Mali: le FLA touareg annonce la chute du régime et réclame le départ des forces russes
Mali: le FLA annonce la chute inévitable du régime et exige le retrait des forces russes après l’assassinat du ministre et l’offensive sur Kidal à Bamako
Les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont déclaré que le régime militaire en place à Bamako « tombera tôt ou tard » et réitéré leur exigence de voir partir du pays les forces russes présentes aux côtés des autorités. Cette position a été exprimée par Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA, lors d’une visite à Paris où il a rencontré des responsables français de la sécurité. L’annonce intervient au lendemain d’une offensive coordonnée qui a entraîné la mort du ministre de la Défense et des combats dans plusieurs villes du nord et du centre.
FLA déclare vouloir expulser les forces russes
Le porte-parole du FLA a formulé comme objectif principal le départ définitif du Corps Afrique de la Russie du Mali, dénonçant leur soutien au gouvernement militaire. Ramadane a précisé que le mouvement ne vise pas la Russie en tant que pays, mais le régime en place à Bamako qu’il accuse de graves crimes. Lors de ses entretiens, il a sollicité un appui diplomatique et sécuritaire pour contraindre le retrait des contingents étrangers jugés favorables aux autorités maliennes.
Assassinat du ministre Sadio Camara et déroulé de l’attaque
L’offensive rebelle a été marquée par la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tué lors d’une attaque visant son domicile à Kati, ville de garnison proche de la capitale. Le gouvernement a qualifié l’acte d’attentat-suicide avec une voiture piégée. Les funérailles du ministre sont annoncées jeudi à 10h (09h00 GMT). Cet événement a accentué la gravité de la crise et intensifié les opérations militaires dans et autour de Bamako.
Retrait et évacuation des combattants russes de Kidal
Des éléments russes présents à Kidal ont été vus quittant la ville à bord de convois, après ce que les rebelles décrivent comme des négociations et la mise en place d’un couloir sécurisé, médié par l’Algérie. Le FLA affirme que les unités russes se sont retrouvées en situation périlleuse et ont demandé à se retirer vers Anéfis. Le ministère russe de la Défense a qualifié le mouvement de décision du gouvernement malien et indiqué que ses unités avaient combattu des attaques répétées avant de se replier. Le retrait partiel de Kidal accentue le caractère internationalisé du conflit et pose la question de la place des forces extérieures dans la stabilisation du pays.
Contrôles militaires et contre-offensives à Ménaka, Gao et Mopti
Parallèlement, les autorités ont affirmé avoir repris le contrôle de la ville de Ménaka, près de la frontière nigérienne, après des affrontements avec des groupes affiliés à l’État islamique dans la province. Des mouvements militaires ont également été signalés à Gao, dans le nord, et dans la région centrale de Mopti, tandis que Sévaré reste un point de tension. Le président par intérin Assimi Goita a déclaré que les opérations se poursuivront jusqu’à la neutralisation des « groupes armés », indiquant une posture de fermeté du gouvernement face à l’alliance rebelle.
Objectifs territoriaux et projet de gouvernance du FLA
Le FLA a annoncé son intention d’étendre son contrôle à Gao, Tombouctou et Ménaka après la prise de Kidal. Le mouvement affirme se préparer à administrer ces territoires en invoquant l’application d’une « forme modérée de charia », citant la Mauritanie comme modèle, et en s’appuyant sur les cadis, juges islamiques chargés de rendre des décisions conformes à la loi religieuse. Ces propos révèlent l’ambition du FLA d’asseoir une légitimité locale et judiciaire dans les zones contrôlées, tout en soulevant des interrogations sur le respect des droits et sur la coexistence avec les autres communautés ethniques et religieuses de la région.
Le climat diplomatique et sécuritaire s’est rapidement dégradé. La France a recommandé à ses ressortissants de quitter le Mali « le plus tôt possible », soulignant la volatilité de la situation. Les combats ont provoqué des déplacements de population et exacerbent les risques humanitaires déjà présents dans plusieurs régions. Les efforts de médiation régionale et internationale semblent se multiplier, mais la configuration sur le terrain reste instable et marquée par la multiplication d’acteurs armés aux objectifs divergents.
La suite des événements dépendra de l’intensité des opérations sur le terrain, des ripostes gouvernementales et des arbitrages internationaux concernant la présence étrangère. Les déclarations publiques des chefs rebelles et les mouvements de troupes dans les prochains jours seront déterminants pour l’évolution de la crise et pour l’avenir politique et sécuritaire du Mali.