Tribunal de Roanne relaxe un Franco-Marocain malgré vidéos anonymes menaçantes contre Mohammed VI
Procès à Roanne : relaxe d’un Franco-Marocain le 21 octobre 2026 après la réapparition de vidéos menaçantes; impossibilité de dater et diffusion anonyme.
Une audience tenue à Roanne a abouti, le mercredi 21 octobre 2026, à la relaxe d’un homme de double nationalité franco-marocaine. Mis en cause après la diffusion de vidéos menaçantes visant plusieurs personnalités, il a été acquitté faute de preuves permettant de situer temporellement les enregistrements dans la période visée par les poursuites et en raison des circonstances particulières de leur circulation auprès des enquêteurs.
Audience à Roanne et verdict du 21 octobre 2026
Le tribunal de Roanne a rendu sa décision au terme d’une audience durant laquelle la datation et la transmission des fichiers ont constitué l’essentiel du débat. Les juges ont estimé que les éléments présentés ne permettaient pas d’établir que les vidéos avaient été tournées pendant la période faisant l’objet des poursuites. En conséquence, le prévenu a été déclaré non coupable des chefs d’accusation retenus contre lui.
Nature et contenu des enregistrements retrouvés
Treize enregistrements ont été remis à la police par un canal anonyme et ont relancé l’affaire. Parmi ces séquences, certaines contiennent des propos menaçants dirigés contre une représentante diplomatique et d’autres montrent la destruction symbolique d’une image du roi du Maroc. L’une des vidéos suggère que la personne présente appelle l’ambassadrice à « augmenter sa sécurité ». Une autre séquence montre un homme en train de brûler une caricature, en commençant par les yeux. Les parties présentes au procès ont indiqué que cet homme pourrait être le prévenu, mais le lien formel n’a pas été établi au-delà du doute raisonnable.
Problème central de la datation des vidéos
La procureure et les avocates de la défense ont convenu de la difficulté à situer avec précision la date de création des enregistrements. Le tribunal a retenu que rien dans les fichiers saisis — métadonnées, circonstances de publication ou témoignages fiables — n’apportait une preuve suffisante pour rattacher les séquences aux faits reprochés. L’impossibilité de préciser si les vidéos avaient été tournées avant ou après la période incriminée a donc pesé lourdement sur la décision judiciaire.
Mode de diffusion et dénonciation anonyme
Les enregistrements avaient circulé, selon l’enquête, via un canal privé sur une plateforme de partage vidéo. Les parties civiles n’en ont eu connaissance qu’après avoir reçu une dénonciation anonyme adressée aux services de police. Le tribunal a pris en compte ce mode de transmission, estimant que la manière dont les preuves étaient parvenues aux autorités rendait leur exploitation limitée pour établir une chaîne de responsabilité claire. L’anonymat de la dénonciation a affaibli la fiabilité des éléments nouveaux présentés lors de l’audience.
Arguments des parties et motivation du tribunal
La défense a soutenu que les vidéos avaient été supprimées par le prévenu dès son arrivée en France, il y a plus de deux ans, et qu’il n’existait pas de preuve directe l’incriminant sur ces enregistrements. Les avocates des parties civiles ont dénoncé la nature menaçante de certaines séquences et réclamé une qualification pénale. La procureure a exposé les difficultés d’enquête mais a reconnu le manque d’éléments temporels incontestables. Le tribunal a finalement motivé la relaxe par l’insuffisance de preuves permettant d’établir la matérialité et la temporalité des faits poursuivis, ainsi que par les incertitudes liées à la provenance des enregistrements.
Les proches tensions familiales à l’origine du dossier, ainsi que l’apparition publique de messages de colère sur les réseaux sociaux, ont transformé un conflit privé en affaire judiciaire plus large. Malgré la gravité des images et des propos décrits, la décision met en lumière les limites actuelles de la preuve numérique lorsque la chronologie et la traçabilité font défaut. Le dossier pourra toutefois faire l’objet de suites judiciaires si de nouveaux éléments viennent à apparaître.