Trois régions concentrent 58,4% du PIB national en 2024 selon le HCP
Trois régions concentrent 58,4% du PIB national en 2024, les inégalités régionales augmentent
En 2024, trois régions — Casablanca‑Settat, Rabat‑Salé‑Kénitra et Tanger‑Tétouan‑Al Hoceima — ont produit 58,4% du produit intérieur brut national, marquant une concentration géographique accrue de la richesse économique.
Trois régions concentrent 58,4% du PIB en 2024
Les chiffres publiés pour l’année 2024 montrent que Casablanca‑Settat a contribué à hauteur de 32,3% du PIB national, Rabat‑Salé‑Kénitra 15,5% et Tanger‑Tétouan‑Al Hoceima 10,7%. Cette triade représente plus de la moitié de la production économique du pays, confirmant le rôle central de ces zones urbaines et industrielles dans l’économie nationale. La répartition souligne la polarisation de l’activité économique autour de centres dotés d’industries lourdes, de grands pôles commerciaux et d’infrastructures portuaires et logistiques significatives.
Contribution détaillée des cinq autres régions majeures
Cinq régions constituent le deuxième pôle de contribution, regroupant 33,8% du PIB en 2024. Marrakech‑Safi a enregistré 8,7% du PIB, Fès‑Meknès 8,2%, Souss‑Massa 6,6%, Béni Mellal‑Khénifra 5,3% et l’Oriental 5,1%. Ces régions jouent un rôle économique important mais moins dominant que les trois premières. Leur poids reflète des économies diversifiées, mêlant tourisme, agriculture, industries manufacturières et services régionaux, ainsi qu’un maillage d’infrastructures secondaires qui favorise l’activité locale.
Les régions périphériques représentent 7,8% du PIB
Les quatre régions les moins contributrices — Drâa‑Tafilalet, Guelmim‑Oued Noun, Laâyoune‑Sakia El Hamra et Dakhla‑Oued Eddahab — ont totalisé 7,8% de la création de richesse nationale en 2024. Cette part, minoritaire mais non négligeable, illustre les disparités structurelles persistantes entre zones littorales densément peuplées et zones intérieures ou sahariennes plus isolées. L’écart met en lumière les défis d’aménagement du territoire, d’accès aux marchés et d’investissements productifs dans ces régions éloignées.
Évolution des écarts régionaux entre 2023 et 2024
L’analyse des écarts montre un léger creusement des inégalités économiques régionales. L’écart absolu moyen — qui mesure la moyenne des écarts entre le PIB de chaque région et le PIB régional moyen — est passé de 83,6 milliards de dirhams en 2023 à 90,9 milliards de dirhams en 2024. Cette hausse traduit une concentration accrue de la production dans les régions déjà en tête, et une stagnation ou une progression plus lente dans les zones périphériques. La tendance invite à une vigilance sur la cohésion territoriale et sur l’efficacité des mécanismes de redistribution et d’investissement public.
Facteurs structurels de la concentration économique
Plusieurs éléments expliquent cette répartition: un niveau élevé d’industrialisation dans les régions de tête, la prédominance des activités de commerce et de services, et la présence d’infrastructures clés (ports, zones industrielles, axes routiers et ferroviaires) qui attirent capitaux et main‑d’œuvre. Les pôles urbains bénéficient en outre d’effets d’agglomération : proximité des marchés, qualifications de la main‑d’œuvre, accès aux services financiers et réseaux d’affaires. À l’inverse, les régions périphériques subissent des handicaps logistiques, des marchés locaux plus restreints et des coûts d’investissement plus élevés.
Les chiffres 2024 posent des enjeux concrets pour la planification économique et l’aménagement du territoire. Sans mesures ciblées, la dynamique actuelle risque d’accentuer les déséquilibres sociaux et économiques entre régions, avec des implications sur l’emploi, les migrations internes et l’accès aux services publics. Les politiques publiques peuvent viser à renforcer la connectivité, soutenir les chaînes de valeur locales, et encourager l’implantation d’activités à forte valeur ajoutée hors des principaux pôles.
La lecture territoriale des contributions au PIB en 2024 met en évidence une structure économique fortement polarisée. Comprendre les déterminants de cette concentration et y répondre par des politiques d’investissement, d’infrastructures et de formation reste un enjeu central pour réduire les écarts et favoriser un développement plus équilibré sur l’ensemble du territoire national.