Turin : voisin contraint de partir pour harcèlement raciste, placé sous bracelet électronique
Voisin expulsé de son immeuble à Turin après huit ans de harcèlement raciste et violent
À Turin, la justice impose éloignement et bracelet électronique à un voisin accusé d’avoir harcelé, menacé et attaqué une famille marocaine pendant huit ans.
Un homme de 53 ans a été contraint par une décision judiciaire de quitter son logement et de respecter une interdiction d’approcher une famille marocaine qu’il est soupçonné d’avoir harcelée pendant environ huit ans. Le tribunal a également ordonné le port d’un bracelet électronique et confirmé la mesure d’éloignement, prise afin de protéger l’intégrité physique et psychologique des victimes dans le cadre d’une enquête pénale en cours.
Décision judiciaire à Turin
La mesure d’éloignement, assortie d’un dispositif de surveillance électronique, a été prononcée pour empêcher tout contact entre l’accusé et la famille concernée. Le tribunal a estimé que les faits dénoncés — répétés, menaçants et à caractère discriminatoire — justifiaient une protection immédiate des victimes. Il s’agit d’une mesure conservatoire prise dans le cadre de l’enquête, avant toute condamnation définitive.
Harcèlement et agressions répétées depuis huit ans
Selon les éléments rassemblés, les incidents auraient commencé peu après l’arrivée du voisin dans l’immeuble où la famille vivait depuis 26 ans, dans un quartier proche du corso Taranto. Les comportements reprochés couvrent une large gamme d’actes hostiles : dégradations matérielles, insultes à connotation raciste, menaces verbales et agressions physiques. Parmi les faits évoqués figurent l’incendie d’un store de balcon et une agression ayant entraîné la fracture de trois dents du père de famille.
Incident d’une quinzaine d’agresseurs en février
Le 25 février, la situation s’est encore aggravée lorsque, selon les témoignages, une quinzaine de personnes se sont rassemblées devant l’immeuble pour intimider la famille depuis la rue. Des individus auraient proféré des menaces directes, tenté d’endommager des véhicules et crié des slogans menaçants tels que « Nous allons vous exterminer ». Quatre personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre à la suite de ces événements. D’autres épisodes rapportés incluent des jets de pots de fleurs contre la porte d’entrée, des déchets projetés sur le balcon et des pneus crevés, ainsi que l’explosion d’un pneu par un individu encapuchonné en août.
Scènes violentes en septembre et propos à caractère raciste
Le climat d’hostilité a culminé le 8 septembre lorsqu’un nouvel incident a été signalé : un voisin aurait brandi une bouteille brisée et une barre de fer d’environ un mètre, mimant un égorgement avant de tenter de frapper un membre de la famille. Le dossier comprend également des propos à connotation raciste attribués à l’accusé, dont une déclaration visant le fils de la famille après sa désignation comme représentant des habitants : « Je ne veux pas être commandé par un Marocain ». Ces éléments ont été pris en compte par la magistrature pour apprécier le caractère discriminatoire et persistant des faits.
Impact psychologique et conséquences sur la vie quotidienne
Les conséquences pour la famille sont qualifiées de lourdes. La mère a développé des troubles anxieux importants, vit selon ses proches « dans la terreur », suit des traitements anxiolytiques et évite désormais de sortir seule. Le climat d’insécurité a affecté la vie sociale et professionnelle des victimes, et poussé la famille à rechercher des garanties pour sa sécurité quotidienne. Des voisins et habitants de l’immeuble ont témoigné de scènes répétées d’intimidation, renforçant la nécessité d’une intervention judiciaire.
Enquête pénale et mesures conservatoires
La mesure d’éloignement et la pose d’un bracelet électronique s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour harcèlement. Les magistrats ont considéré que la protection immédiate des victimes primait, en attendant le déroulement complet des investigations et d’éventuelles poursuites pénales. La mise en œuvre de telles mesures vise à prévenir de nouveaux épisodes de violence ou d’intimidation et à garantir que les personnes concernées puissent retrouver un niveau de sécurité acceptable.
La famille, qui occupe le logement depuis plus de deux décennies, attend désormais les suites de l’enquête tout en tentant de retrouver un quotidien plus serein. Les autorités locales ont renforcé la surveillance des lieux et rappelé que les décisions prises par le tribunal tendent à préserver la sécurité des victimes en attendant l’issue judiciaire.