Un faux avocat soupçonné d’avoir détourné 20 000 € de bijoux à Rome
Bijoux de luxe disparus à Rome : un intermédiaire visé par une enquête pour usurpation et escroquerie
Des bijoux de luxe rendus à Rome s’évaporent: un intermédiaire accusé d’usurpation d’identité et d’escroquerie envoie les objets en Calabre, enquête ouverte.
Cadeaux de luxe restitués après une rupture
Un héritier français d’origine marocaine avait offert à son ancienne compagne des pièces de grand luxe — une montre Cartier Tank sertie de diamants, un sac Lady Dior, une bague Tiffany ainsi que des chaussures Chanel et Hermès — dont la valeur totale est estimée à environ 20 000 euros. Après leur séparation, la bénéficiaire a accepté de restituer ces objets et un accord écrit a été signé pour organiser la remise des biens. L’opération avait été présentée comme une restitution amiable destinée à clore le litige entre les anciens partenaires.
Un intermédiaire se faisant passer pour avocat
La mission de récupération a été confiée à un homme se présentant sous le nom de Nicola Carratelli, identifié en première instance comme un avocat inscrit au barreau de Cosenza, en Calabre. Cet intermédiaire a négocié et signé les documents censés formaliser la remise des cadeaux. Pour ses services, il a reçu la somme de 1 000 euros, dont une partie par paiement électronique et le reste en espèces, remis à une femme envoyée à l’hôtel où séjournait l’héritier. Ces modalités de paiement et la présence d’un tiers pour la collecte des espèces ont rapidement attiré l’attention des enquêteurs après la disparition des objets.
Récupération à Rome et trajectoire imprévue des bijoux
Le 11 février 2025, la restitution devait se concrétiser au Westin Excelsior de Rome. L’ancienne compagne s’est présentée à l’hôtel et a remis les bijoux et accessoires à l’intermédiaire chargé de les récupérer. Au lieu d’être restitués directement à leur propriétaire, les objets ont ensuite été acheminés hors de la capitale. Selon les investigations, les biens auraient été transportés en Calabre puis extraits de la chaîne de restitution, pour finalement disparaître. La trajectoire effective des pièces de luxe reste une pièce maîtresse de l’enquête.
Nouvelle demande de paiement et justificatifs contestés
Après avoir encaissé les premiers honoraires, l’intermédiaire a réclamé un complément de 500 euros pour prendre en charge les frais d’expédition. Il a transmis des documents censés être des justificatifs d’envoi, mais ces pièces sont désormais considérées par les enquêteurs comme mensongères ou falsifiées. L’héritier s’est retrouvé sollicité une nouvelle fois pour obtenir la restitution d’objets qu’il croyait déjà récupérés, ce qui a déclenché la saisine formelle des forces de l’ordre et l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Constatations policières et qualifications pénales visées
Les investigations menées par les carabiniers du quartier Trastevere ont permis d’établir qu’il y aurait eu usurpation d’identité : derrière le nom évoqué par l’intermédiaire apparaîtrait en réalité un homme identifié comme Nicola Cannatelli, âgé de 42 ans et originaire de Vibo Valentia. Le dossier instruit par le parquet de Rome vise plusieurs infractions présumées : exercice illégal de la profession d’avocat, usurpation d’identité, escroquerie, appropriation indue et tentative d’extorsion. Ces chefs constituent le cadre légal des investigations en cours et déterminent les pistes de preuve actuellement exploitées par les enquêteurs.
Éléments antérieurs et suivi politique
Le nom associé à cette affaire n’est pas totalement inédit dans les circuits administratifs : une question écrite déposée le 10 juin 2025 au Parlement italien évoquait déjà des signalements impliquant les mêmes patronymes, liés à des promesses de financements publics et à des allégations d’usurpation de fonctions ministérielles. Ce précédent documentaire a poussé certains enquêteurs à vérifier d’éventuels liens entre les différentes affaires et à reconstituer la chronologie des apparitions publiques et administratives des personnes impliquées.
L’enquête reste active et les autorités poursuivent la recherche des biens manquants et des responsabilités pénales. Les éléments techniques — mouvements bancaires, communications entre les parties, vérification des justificatifs d’envoi et auditions des témoins — sont au cœur de l’instruction afin d’établir si la restitution annoncée a été détournée et si des tiers ont sciemment participé à une opération frauduleuse.