un scandale éclate autour de la location de voitures de luxe
Les services de la Direction des Finances des Collectivités Locales mènent depuis plusieurs semaines une enquête sur les marchés de location de véhicules haut de gamme dans les communes. Les communes des régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès sont particulièrement ciblées, indiquent des sources à Hespress, précisant que l’audit porte sur des contrats d’une valeur totale supérieure à 75 millions de dirhams, couvrant quatre exercices budgétaires. L’enquête fait suite à des rapports internes pointant des irrégularités récurrentes, notamment l’attribution de marchés à des entreprises liées, directement ou indirectement, à des élus locaux disposant du pouvoir de décision.
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Les enquêteurs ont découvert un système qui fonctionnait bien. Des sociétés de location auraient été créées au nom de proches de présidents de communes ou d’élus influents, leur permettant de remporter facilement des contrats communaux. Ces entreprises dominent désormais ce segment, remportant des contrats dont les montants dépassent parfois les capacités budgétaires des collectivités concernées, aux ressources déjà limitées. De plus en plus, la location est considérée par les municipalités comme un moyen de réduire les investissements tout en transférant les coûts d’entretien, d’assurance et de maintenance au prestataire de services.
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Les enquêteurs ont également identifié un cahier des charges sur mesure, éliminant de facto toute véritable concurrence. Ils ont également identifié des marchés artificiellement répartis sur plusieurs exercices pour éviter les procédures formelles et privilégier la négociation directe. Par ailleurs, il a été constaté que les agents utilisaient des véhicules en dehors des heures de service, effectuaient des déplacements privés avec ces véhicules pendant les vacances ou encore des déplacements clandestins. Pour vérifier cette information, les enquêteurs ont croisé les ordres de mission avec les données du système de télépéage Jawaz, installé sur une partie de la flotte, et dont les coûts augmentent considérablement dans les budgets municipaux.
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Dans son rapport annuel 2023-2024, la Cour des comptes alertait déjà sur l’absence d’un cadre institutionnel clair régissant l’attribution, la typologie et les modes de fonctionnement des véhicules communaux, rappelant que les collectivités locales disposent désormais d’un parc de 48 485 véhicules, soit une augmentation de 46% depuis 2016, sans qu’aucune stratégie d’optimisation cohérente n’ait été mise en place. L’audit devrait s’étendre à d’autres territoires au premier trimestre 2026. Les conclusions finales pourraient entraîner des mesures disciplinaires à l’encontre des fonctionnaires impliqués. Si des éléments criminels sont établis, le dossier pourrait être transmis à d’autres autorités de contrôle pour poursuites.