Une vaste enquête vise les présidents de communes au Maroc
Des commissions d’inspection ciblent actuellement les archives de plusieurs communes élues. Les premiers rapports accablants pointent du doigt les présidents de communes s’étant accordés eux-mêmes, ainsi qu’à leurs proches, des autorisations directes de lotissement. Dans la banlieue de Casablanca, un élu a notamment détourné des projets d’infrastructures publiques (voirie, éclairage) vers des terrains acquis clandestinement, profitant de modifications suspectes des plans d’aménagement pour décupler leur valeur marchande, rapporte Hespress.
Scandale immobilier et corruption : des élus locaux menacés de destitution
Ces violations graves de la loi organique 113.14 s’étendent aux pratiques systématiques de chantage. Dans la région de Marrakech-Safi, un gestionnaire a contraint des promoteurs à lui céder des terrains stratégiques pour les revendre via des sociétés familiales, empochant des commissions cachées pouvant atteindre 200 000 dirhams par lot. D’autres élus ont illégalement conditionné la délivrance des permis de construire au règlement des dettes, ou encore fourni de faux certificats de conformité pour des projets inachevés.
Face à l’ampleur de ces dysfonctionnements et de ces violations manifestes des règles d’urbanisme, l’administration centrale s’appuie sur ces audits pour préparer des procédures de suspension et de révocation à l’encontre de tous les agents territoriaux impliqués.