Vers un Maroc champion de l’éolien offshore en Afrique
Le Global Wind Energy Council (GWEC) inclut pour la première fois le Maroc et l’Afrique du Sud parmi les marchés à surveiller dans le secteur de l’éolien offshore. « Le Maroc dispose d’une ressource importante et d’un gouvernement engagé dans le développement de cette technologie dans la région », indique le Global Offshore Wind Report 2024 publié par GWEC. « La croissance de l’éolien offshore est désormais bien plus qu’une histoire européenne, chinoise ou américaine, car les marchés émergents franchissent des étapes importantes pour devenir des marchés matures », explique GWEC.
Selon les experts du GWEC, le Maroc dispose de ressources naturelles en matière d’énergie éolienne. La côte atlantique sud du royaume présente un potentiel important pour accueillir des parcs éoliens offshore, avec des vitesses de vent moyennes supérieures à 10 mètres par seconde (m/s), selon le rapport du GWEC. En Afrique, le Maroc figure en tête du classement des leaders potentiels du marché de l’éolien offshore. Viennent ensuite l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’Égypte et le Kenya. « L’éolien offshore trouve son intérêt dans l’absence d’obstacles que rencontre le vent à terre, du coup, il y a une meilleure régularité des vents en mer, et une production qui peut être nettement plus intéressante qu’à terre.
L’investissement dans l’éolien offshore est pratiquement le double de celui à terre, avec des difficultés de rentabilité sur certains projets. Pour répondre aux problèmes de transport, l’hydrogène peut être produit à la base des éoliennes puis évacué. Le facteur de charge qui caractérise la production éolienne est en moyenne de 24% en Europe sur terre, tandis qu’en mer, ce même facteur est de 38%, soit 50% de plus, ce qui explique l’engouement européen pour l’éolien offshore”, analyse l’énergéticien Saïd Guemra. Défi.
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« Pour le cas du Maroc, le facteur moyen de charge de vent sur terre varie entre 34% et 43%. La production éolienne terrestre marocaine est donc supérieure à la production éolienne offshore européenne, ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin de l’éolien offshore », précise-t-il, soulignant la nécessité d’étudier la question notamment sur les côtes atlantiques. Selon ses explications, « ces chiffres expliquent en grande partie la grande réussite du Maroc dans la production d’hydrogène et la compétitivité future du coût de production qui dépend principalement de la production éolienne. »
Guemra estime que l’éolien offshore peut devenir intéressant pour le Maroc, à partir d’un facteur de charge de 60% voire 70%. « Des études doivent être menées notamment dans nos régions du sud, afin de comprendre s’il existe une opportunité pour les projets éoliens offshore », ajoute-t-il. Et d’expliquer : « Cette option est prévue pour certains projets de production d’hydrogène à Dakhla, ce qui signifie que les investisseurs n’excluent pas la possibilité de l’éolien offshore. Les premières mesures nous éclaireront sur les possibilités offertes, mais la concurrence entre l’éolien offshore et l’éolien terrestre sera rude pour le Maroc, qui dispose déjà d’excellentes ressources éoliennes terrestres, et il sera difficile de justifier le double des investissements. »
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Un professeur de physique et expert en énergie ne partage pas cet avis : « Même si la citation du Maroc dans ce prestigieux rapport est à saluer, la technologie éolienne offshore n’est pas encore à l’ordre du jour pour des raisons de coût et de gain de performance ».