Vucic admet la défaite la Liste étudiante vise 135 à 140 sièges
La Liste étudiante remporte la majorité au Parlement serbe, Vučić reconnaît la défaite
Aleksandar Vučić admet la défaite alors que la Liste étudiante obtiendrait entre 135 et 140 sièges sur 250, marquant un tournant après deux ans de mobilisations.
La soirée électorale en Serbie a abouti à une reconnaissance inattendue de la défaite par Aleksandar Vučić, après des élections législatives anticipées marquées par une participation historique et des tensions autour du déroulement du scrutin. Sur la base d’un échantillon de votes, la Liste étudiante issue des mobilisations devrait remporter une majorité de sièges, reléguant la liste menée par Vučić en seconde position, selon les chiffres énoncés par le chef de l’exécutif sortant.
Vučić reconnaît la défaite
Le dirigeant, au pouvoir depuis 2012, a déclaré publiquement qu’il était clair que son camp avait perdu ces élections, indiquant qu’un échantillon le plaçait entre 105 sièges pour sa liste et 135–140 pour la Liste étudiante. L’annonce a déclenché des scènes d’émotion et de liesse au siège du mouvement étudiant, où des partisans se sont rassemblés pour célébrer ce qui apparaît comme une victoire nette contre le parti dominant.
Résultats partiels et chiffre‑clés
Les sièges en jeu sont au nombre de 250; la majorité simple requise pour former un gouvernement est de 126. Environ 6,5 millions d’électeurs étaient inscrits pour voter parmi 18 listes rivales. Le taux de participation, relevé en fin d’après‑midi, a dépassé 64 %, un niveau de mobilisation inédit depuis les années 1990, ce qui traduit l’ampleur du défi posé par le mouvement étudiant aux forces politiques établies. Les premiers résultats partiels étaient attendus dans les heures suivant la clôture du scrutin.
Allégations d’irrégularités électorales
La journée de vote a été entachée de rapports faisant état d’intimidations, de violations potentielles du secret du vote et d’autres irrégularités de procédure. Des observateurs sur le terrain ont recensé des cas de pressions exercées sur des électeurs ou des membres du personnel des bureaux de vote dans une part notable des sites surveillés. Des signalements concernaient également des photographies de bulletins, des pratiques de vote groupé et des problèmes liés au contrôle d’identité. Ces allégations ont conduit plusieurs organisations indépendantes à appeler à une surveillance renforcée des procédures de dépouillement.
Mobilisation étudiante et genèse du mouvement
Le mouvement étudiant qui a porté la Liste étudiante au devant de la scène politique a pris naissance après la tragédie d’une verrière effondrée à Novi Sad en novembre 2024, un accident mortel qui a cristallisé la colère contre ce que les manifestants dénoncent comme la corruption et la négligence institutionnelle. Ce collectif a rapidement élargi ses revendications pour exiger davantage de transparence, la responsabilité des responsables et le renforcement des institutions démocratiques. La liste présentée aux élections comprenait des candidats issus de la médecine, de l’éducation et d’autres professions — beaucoup sans expérience politique préalable — qui ont fait campagne sur un programme axé sur la lutte contre la corruption et la réforme institutionnelle.
Sécurité et réactions dans la capitale
À Belgrade, des mesures de sécurité importantes ont été mises en place autour du siège de la commission électorale: déploiement de forces en tenue anti‑émeute, fermetures routières et dispositifs de protection. Les autorités judiciaires ont lancé des appels explicites au calme et à la non‑violence durant l’annonce et la validation des résultats. Ces précautions reflètent la sensibilité de la transition et la volonté d’éviter toute escalade sur le terrain alors que se joue un changement possible d’équilibre politique majeur.
Conséquences politiques et calendrier
La démission de Vučić de la présidence en septembre, motivée par sa candidature au poste de Premier ministre, avait déjà bouleversé le paysage politique. Sa promesse d’augmenter les retraites et les salaires et de renforcer les investissements publics n’aura pas suffi à contrer la dynamique née des mobilisations de rue. Si la projection de 135–140 sièges se confirme, la Liste étudiante disposera d’une majorité capable de former un gouvernement sans coalition large, mais des défis restent à franchir: validation formelle des résultats, gestion des contestations liées aux irrégularités signalées et traduction des engagements de campagne en politiques publiques opérationnelles. Des partis d’opposition traditionnels ont, pour certains, choisi de soutenir la liste étudiante plutôt que de présenter des candidatures concurrentes, une stratégie qui a probablement favorisé la consolidation du vote anti‑SNS.
La période qui suit l’annonce des résultats sera déterminante: elle nécessitera une certification transparente du scrutin, la poursuite des enquêtes sur les incidents rapportés le jour du vote et des négociations politiques pour organiser la transition gouvernementale. Au-delà des enjeux institutionnels, la victoire présumée de la Liste étudiante illustre la capacité d’un mouvement civique à transformer la mobilisation de la rue en force électorale, et pose la question de la stabilité politique et de la mise en œuvre des réformes promises par des candidat·e·s pour la plupart novices en politique.