Walid Regragui privilégie la darija pour unir les Lions de l’Atlas
Regragui mise sur la darija pour unir les Lions de l’Atlas, tout en adaptant sa langue en privé aux individualités
En privé Walid Regragui adaptait la langue (espagnol, anglais, français) ; en groupe il imposait la darija pour forger l’identité des Lions de l’Atlas.
Walid Regragui a adopté une stratégie linguistique claire pour consolider le groupe national : une adaptation personnelle aux joueurs en tête‑à‑tête, et la darija comme langue commune lors des rassemblements collectifs. Cette méthode visait à renforcer l’identité de l’équipe et à effacer les divisions liées aux parcours diasporiques des joueurs, tout en veillant à l’inclusion de ceux qui maîtrisaient moins bien la langue marocaine vernaculaire.
Adaptation individuelle: espagnol, anglais, français
En entretien, Regragui a expliqué qu’il modulait volontairement la langue selon son interlocuteur lorsque la situation était privée. Il utilisait l’espagnol avec certains joueurs, l’anglais avec d’autres et le français avec ceux qui s’y sentaient le plus à l’aise. Cette démarche visait à établir une relation personnelle et efficace avec chaque élément, réduire les malentendus et permettre un échange plus direct sur les aspects techniques et humains du football.
Darija comme ciment collectif
Lorsque l’équipe était réunie, le sélectionneur revenait systématiquement à la darija. Ce choix n’était pas uniquement linguistique : il se voulait symbolique. La darija servait de référence commune, un marqueur identitaire capable de fédérer des joueurs issus de contextes culturels et linguistiques très différents. En privilégiant cette langue dans le vestiaire et lors des réunions de groupe, l’encadrement cherchait à créer un sentiment d’appartenance à une même sélection nationale.
Réunir les enfants de la diaspora
La règle prenait une importance particulière dans une équipe composée majoritairement de joueurs nés ou formés à l’étranger. Regragui expliquait vouloir rassembler les « enfants de la diaspora » autour d’un projet collectif unique. En valorisant une langue commune, il tentait de réduire les frictions potentielles entre joueurs aux trajectoires distinctes et de canaliser l’énergie du collectif vers les objectifs sportifs.
Mesures pratiques pour l’inclusion
Conscient que tous ne maîtrisaient pas parfaitement la darija, l’encadrement prévoyait des solutions pratiques pour éviter l’exclusion. Des traducteurs et des médiateurs pouvaient intervenir lors des causeries afin que chaque joueur comprenne parfaitement les consignes et les échanges. L’accent était mis sur la fluidité de la communication : la langue devait rassembler, pas ériger une nouvelle barrière.
Distinction claire entre privé et collectif
La méthode reposait sur une distinction nette : adaptation individuelle pour optimiser la relation personnelle et efficacité pédagogique, darija collective pour construire une identité partagée. Ainsi, au terme d’un échange privé en espagnol, en anglais ou en français, le joueur retrouvait le cadre collectif où la darija rappelait la priorité de l’appartenance nationale. Cette alternance permettait de concilier respect des singularités et exigence d’unité.
Effets attendus sur la cohésion et la performance
L’objectif affiché était double : conforter la cohésion du vestiaire et améliorer la performance sportive. En créant un langage commun et une culture d’équipe reconnaissable, le staff espérait renforcer la solidarité entre joueurs, faciliter la transmission des consignes tactiques et limiter les tensions liées à des identités linguistiques divergentes. La stratégie visait enfin à faire du groupe une force collective supérieure à la somme de ses individualités.
La pratique linguistique instaurée par Regragui illustre une approche de management d’équipe où la communication est à la fois outil technique et levier identitaire, conçue pour unir des talents dispersés géographiquement autour d’un projet national partagé.