La mortalité routière au Maroc atteint des niveaux alarmants avec 4.577 décès en 2025
La mortalité routière au Maroc : un fléau qui perdure
Les chiffres alarmants de la sécurité routière
La mortalité routière demeure un problème de santé publique majeur au Maroc, un pays où une personne perd la vie sur les routes toutes les deux heures. Selon l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (NARSA), l’année 2025 a été marquée par 160.000 accidents entraînant la mort de 4.577 personnes, une hausse significative de 25,5 % par rapport à l’année précédente. Ce bilan tragique place le Maroc dans une situation préoccupante, avec un taux de décès estimé à 17 pour 100.000 habitants, soit cinq fois supérieur à celui de l’Espagne.
Les catégories les plus touchées par les accidents
Les piétons et les motocyclistes sont les plus durement touchés par cette épidémie d’accidents, représentant près de 70 % des victimes. De plus, une triste réalité se dégage : environ la moitié des conducteurs décédés ont moins de 35 ans. Ce tableau sombre est exacerbé par de multiples infractions sur la route, telles que l’excès de vitesse, le non-respect des panneaux de signalisation et l’usage du téléphone au volant. La NARSA met en avant ces comportements irresponsables comme étant des causes majeures des pertes humaines sur les routes marocaines.
Les conditions routières aggravant la situation
Un autre facteur contribuant à l’insécurité routière réside dans l’état des routes secondaires, souvent mal entretenues. La présence d’animaux sur la chaussée ainsi que le fonctionnement de véhicules sans éclairage augmentent considérablement le risque d’accidents. Dans les grandes agglomérations comme Rabat, Casablanca et Marrakech, le non-respect des feux tricolores et des passages piétons est courant, rendant ces zones particulièrement dangereuses pour les usagers de la route.
Témoignages des usagers confrontés à la dangerosité des routes
Des témoignages de riverains illustrent cette réalité inquiétante. Meryem, une employée à Rabat, témoigne : “Il ne faut pas réfléchir, il faut traverser à la marocaine. Profitez du moment où beaucoup de gens traversent et allez-y. Les voitures s’arrêtent.” Les difficultés de circulation sont également accentuées par les arrêts soudains des taxis partagés, qui ajoutent une couche de complexité à la fluidité du trafic urbain.
Initiatives gouvernementales face à la crise de la sécurité routière
Pour tenter de renverser cette tendance inquiétante avant la Coupe du Monde de football de 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, les autorités marocaines ont décidé de prendre des mesures renforcées. La validation de l’examen théorique est désormais exigée avant d’entamer des leçons pratiques dans les auto-écoles. Cette décision vise à garantir que les futurs conducteurs possèdent une connaissance adéquate des règles de la route.
Sensibilisation et prévention : des campagnes en cours
Parallèlement, des campagnes de sensibilisation sont mises en place pour encourager le port du casque parmi les conducteurs de deux-roues, catégorie qui représente environ 2.300 décès par an. Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté de changement culturel face à la sécurité routière, en incitant les Marocains à adopter des comportements plus responsables sur la route.
La situation actuelle de la sécurité routière au Maroc appelle à une prise de conscience collective et à des actions concrètes pour réduire le nombre d’accidents et de décès sur les routes. La coopération entre les autorités, les usagers de la route et la société civile sera essentielle pour inverser cette tendance tragique.