Iran autorise le transit de 20 navires pakistanais par le détroit d’Ormuz
L’Iran autorise le passage de 20 navires pakistanais par le détroit d’Ormuz, annonce Islamabad
L’Iran accepte le transit de 20 navires battant pavillon pakistanais par le détroit d’Ormuz; Islamabad qualifie la mesure de geste diplomatique visant à atténuer la crise énergétique.
L’Iran a accepté d’autoriser le passage de 20 navires battant pavillon pakistanais par le détroit d’Ormuz, a annoncé samedi le ministre pakistanais des Affaires étrangères, précisant que deux navires traverseraient quotidiennement dans le cadre de cet accord. Islamabad a présenté la décision comme un signe d’apaisement et l’a saluée comme un geste constructif susceptible de soulager l’une des pires perturbations du trafic maritime et énergétique mondial récentes.
Accord annoncé par Islamabad
Ishaq Dar, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, a annoncé la mesure via un message publié sur X, indiquant que le transit serait limité à vingt navires autorisés. Le communiqué officiel pakistanais a décrit la décision de l’Iran comme « un signe avant‑coureur de la paix » et un pas vers la normalisation des échanges maritimes dans une région frappée par une escalade militaire et diplomatique depuis la fin février. Islamabad a également adressé des messages diplomatiques à plusieurs responsables internationaux pour souligner la dimension régionale de l’initiative.
Modalités du transit imposées par Téhéran
Les autorités iraniennes, et en particulier le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), ont transformé le détroit en point de contrôle strict : les navires souhaitant passer doivent transmettre le détail de leur cargaison, la liste d’équipage et leur destination à des intermédiaires agréés, obtenir un code d’autorisation et être escortés dans les eaux territoriales iraniennes. Au moins deux navires ont, selon des informations rendues publiques, payé pour ce service un montant évalué à 2 millions de dollars, réglé en yuans chinois. Le parlement iranien prépare par ailleurs une législation visant à codifier ces modalités et à en faire une source de revenus.
Conséquences sur le marché pétrolier et le commerce
La fermeture effective et les restrictions imposées dans le détroit d’Ormuz ont provoqué des perturbations significatives : le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril, enregistrant une hausse d’environ 40 % par rapport au niveau antérieur, et le trafic commercial par la voie a chuté de près de 90 %, avec seulement autour de 150 passages observés récemment, selon les bilans avancés par plusieurs autorités. La directrice de l’organisation mondiale du commerce a alerté sur des perturbations du commerce mondial d’une ampleur rarement observée ces dernières décennies, tandis que responsables et experts évoquent des répercussions directes sur les approvisionnements et les coûts à la pompe, dans la distribution alimentaire et la chaîne pharmaceutique.
Diplomatie pakistanaise intense
L’annonce est le résultat d’une semaine de diplomatie active menée par Islamabad. Le chef de l’armée pakistanaise s’est entretenu avec des interlocuteurs internationaux, et le ministre Dar a eu des appels avec ses homologues iranien et turc pour coordonner la mise en œuvre. Le Pakistan, qui partage une frontière d’environ 900 km avec l’Iran, a réaffirmé sa disponibilité à accueillir des pourparlers si les parties le souhaitent, soulignant son rôle de médiateur potentiel dans la désescalade.
Mise en place de péages et perspective législative en Iran
Le parlement iranien examine à présent des textes qui légaliseront, si adoptés, le régime de contrôle et de perception appliqué dans le détroit. Les autorités iraniennes évoquent la nécessité de protéger leurs eaux et d’assurer une supervision stricte des navires transitant par une zone stratégique, alors que d’autres acteurs régionaux dénoncent ce dispositif comme une forme de pression économique. L’adoption d’une loi consacrant la perception de péages rendrait le dispositif durable et introduirait un nouveau facteur de coût pour le commerce maritime mondial.
Réactions régionales et risques persistants
Plusieurs gouvernements se sont réjouis de l’autorisation de transit pour leurs bâtiments ; le Premier ministre malaisien a confirmé que les navires malaisiens étaient autorisés à traverser et a remercié Téhéran. D’autres responsables régionaux ont dénoncé l’étranglement commercial comme du « terrorisme économique », avertissant des conséquences sur la vie quotidienne des populations. Pendant ce temps, les déclarations de responsables militaires et politiques indiquent que la situation demeure volatile : certaines opérations militaires ont été suspendues temporairement selon des annonces publiques, mais des frappes et opérations demeurent possibles, ce qui maintient un haut niveau de risque pour les entreprises maritimes et les marchés.
La mesure autorisant vingt navires pakistanais représente un pas concret vers une reprise limitée du trafic par le détroit, mais elle reste circonscrite et soumise à des conditions strictes décidées par les autorités iraniennes. Les assureurs maritimes, les propriétaires de cargaisons et les places financières resteront attentifs à l’évolution des règles d’escorte, des perceptions financières et de la stabilité militaire dans la région, variables qui détermineront le rythme d’une éventuelle réouverture plus large du passage et l’ampleur de son effet sur la crise énergétique mondiale.