Forces congolaises et ougandaises libèrent 200 civils captifs des ADF en Ituri
Ouganda et RDC libèrent au moins 200 civils détenus par les ADF le long de la rivière Epulu
Ouganda et RDC libèrent au moins 200 civils détenus par les ADF près de la rivière Epulu; victimes affaiblies, opérations conjointes intensifiées rapidement.
Les forces ougandaises et congolaises ont annoncé la libération d’au moins 200 civils retenus par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est de la République démocratique du Congo, à proximité de la rivière Epulu. Les personnes secourues, extraites d’un camp tenu par l’ancienne rébellion ougandaise devenue un groupe actif dans la région, présentent des signes de malnutrition, de maladies non traitées et d’épuisement physique. L’opération s’inscrit dans une offensive conjointe visant à affaiblir les positions des ADF et à rétablir la sécurité le long de la frontière entre l’Ouganda et la RDC.
Libération de plus de 200 civils le long de l’Epulu
L’opération menée la semaine dernière a permis de mettre fin à la détention de centaines de civils dans un camp installé près de la rivière Epulu. Les forces engagées ont déclaré que plusieurs combattants des ADF avaient été neutralisés et que du matériel et des armes avaient été récupérés sur place. Les personnes libérées ont été évacuées vers des centres de soins et des points de rassemblement sécurisés pour recevoir une première assistance médicale et humanitaire avant d’être orientées vers des services sociaux.
État sanitaire préoccupant des rescapés
Les rescapés présentent des symptômes récurrents de malnutrition, d’infections respiratoires, de paludisme et d’épuisement sévère, conséquence de conditions de détention marquées par le manque de nourriture et l’absence de soins. De nombreux captifs ont également décrit des pratiques de travail forcé et des punitions en cas de désobéissance. Les autorités militaires ont signalé que plusieurs personnes nécessitent des traitements prolongés et des soutiens psychologiques en raison des traumatismes subis pendant leur captivité.
Tactiques des ADF et impact sur les civils
Les ADF, qui ont émergé dans les années 1990 comme une rébellion ougandaise, ont progressivement déplacé leurs opérations dans l’est de la RDC. Le groupe a été associé par certains observateurs à une affiliation à l’EIIL et a redoublé d’activité ces dernières années, multipliant les attaques contre des villages et procédant à des enlèvements massifs. Les captifs ont été utilisés comme main-d’œuvre ou contraints à des mariages forcés, selon les témoignages recueillis, aggravant la vulnérabilité des populations locales et générant des déplacements internes importants.
Renforcement des opérations conjointes Ouganda-RDC
Les forces armées d’Ouganda et de la RDC indiquent que leurs opérations conjointes se sont intensifiées récemment, avec des offensives coordonnées visant des camps et des bastions ADF. Ces actions ont, selon les autorités militaires, permis d’améliorer la sécurité dans certaines zones, favorisant le retour de communautés déplacées, la réouverture d’écoles et la reprise de certains échanges commerciaux transfrontaliers. Les opérations ont toutefois continué d’être ponctuées d’attaques meurtrières attribuées aux ADF dans des localités de l’Ituri et du Nord-Kivu, montrant que la menace demeure élevée malgré les gains tactiques.
Conséquences pour les populations et perspectives locales
La libération massive de civils met en lumière l’ampleur des violences subies par les communautés frontalières et la nécessité d’un accompagnement humanitaire soutenu. La reprise partielle des activités économiques et la réinstallation de déplacés restent fragiles et dépendront de la persistance des opérations de sécurité et de la capacité des autorités à fournir des services essentiels. Les inquiétudes persistent quant au risque de réapparition de cellules ADF et à la présence d’autres groupes armés actifs dans l’est du pays, qui compliquent les efforts de stabilisation sur le long terme.
Le sauvetage des centaines de captifs représente une avancée importante pour les forces engagées, mais il met aussi en évidence les besoins urgents de soins médicaux, de protections juridiques et de programmes de réinsertion sociale pour les victimes. Les autorités militaires affirment que les actions se poursuivront pour démanteler les infrastructures des ADF et réduire la capacité du groupe à commettre des enlèvements et des attaques contre les civils.