Refonte des règles de construction : un nouveau système pour respecter l’identité locale au Maroc
Le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme réforme les règles de construction au Maroc
Une nouvelle réglementation de la construction sera mise en place au Maroc, fortement soutenue par une plateforme numérique interactive et un budget de 5,4 millions de dirhams.
Une révolution dans la construction
Le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme du Maroc annonce une refonte majeure des règles de construction. Ce projet vise à établir une nouvelle norme pour l’architecture et l’urbanisme, valorisant les matériaux locaux et les styles traditionnels. En s’appuyant sur une plateforme numérique interactive, les autorités entendent répertorier tous les éléments essentiels pour les investisseurs, tels que les matériaux de construction requis, les palettes de couleurs acceptées et les types de végétaux adaptés à chaque région géographique.
Contre l’importation de styles étrangers
Cette initiative s’inscrit dans une démarche de protection de l’identité nationale. Les autorités marocaines souhaitent mettre un terme à la prolifération de styles architecturaux importés qui altèrent le paysage du pays. Tous les projets immobiliers seront désormais évalués selon trois niveaux de directives : l’interdiction de pratiques non compatibles avec l’identité locale, la recommandation de principes traditionnels et la possibilité d’innover, à condition de ne pas reproduire des modèles standardisés provenant de l’étranger.
Adaptation aux conditions locales
Les nouvelles obligations techniques seront minutieusement adaptées en fonction de la localisation des projets. Le Maroc sera divisé en cinq grandes zones, chacune posant des défis architecturaux spécifiques. Par exemple, la construction sur le littoral nécessitera l’utilisation de matériaux résistants à l’humidité, au sel et aux vents côtiers. Les projets situés dans des zones désertiques devront être conçus pour faire face à des températures élevées et à la préservation des ressources en eau, tandis que les constructions en milieu montagnard devront prendre en compte les terrains escarpés et des conditions climatiques rigoureuses.
Surveillance des investissements en milieu rural
Les nouvelles chartes de construction n’épargneront pas non plus les investissements dans l’arrière-pays. En milieu rural, il sera demandé aux projets de recourir à des techniques de construction ancestrales afin de préserver un équilibre avec les activités agricoles. Les sites patrimoniaux bénéficieront de mesures de sauvegarde renforcées, ce qui obligera les promoteurs à utiliser des matériaux locaux et à respecter des normes strictes de réhabilitation historique.
Une consultation de longue haleine
D’après les documents officiels, l’élaboration finale de ces normes nécessitera un délai de dix-huit mois dédié aux enquêtes sur le terrain. Cela impliquera une vaste consultation à travers le pays afin d’assurer que les nouvelles directives répondent aux réalités locales. À terme, ces chartes deviendront l’outil décisionnel principal pour l’octroi des permis de construire.
Les architectes et les services techniques devront se référer exclusivement à ce registre national lors de l’examen des demandes, ce qui transformera radicalement la manière dont les projets immobiliers seront envisagés et réalisés au Maroc. Cela représente un tournant significatif pour l’urbanisme dans le pays, favorisant une approche plus durable et respectueuse de l’identité culturelle locale.