Ebola en RDC atteint le Haut-Uélé 1 307 cas confirmés 377 décès
RDC : 1 307 cas confirmés d’Ebola, l’épidémie s’étend au Haut‑Uélé et mobilise les autorités
RDC: 1 307 cas confirmés d’Ebola et 377 décès. L’épidémie atteint le Haut-Uélé, étendant l’alerte au nord‑est et provoquant mesures de traçage et restrictions.
La République démocratique du Congo fait face à une aggravation de l’épidémie d’Ebola, avec un bilan officiel de 1 307 cas confirmés et 377 décès au 30 juin 2026. Initialement circonscrite à trois provinces — Ituri, Nord‑Kivu et Sud‑Kivu — la maladie a été détectée dans une quatrième province, le Haut‑Uélé, marquant une extension géographique significative et élargissant la zone de risque dans le nord‑est du pays.
Bilan national au 30 juin 2026
Les autorités nationales ont communiqué le nombre total de cas confirmés et de décès à la date du 30 juin 2026. Les trois provinces précédemment identifiées comme zones affectées restent au centre de l’épidémie, l’Ituri étant considérée comme l’épicentre. Le chiffre de 1 307 cas confirme une montée continue des diagnostics depuis l’apparition de l’épidémie en mai, illustrant la difficulté de freiner la transmission dans des régions déjà fragilisées.
Extension au Haut‑Uélé et mode de propagation
Un cas a été enregistré dans le Haut‑Uélé après le déplacement d’une personne depuis Bunia, la capitale de l’Ituri. La personne infectée est décédée depuis, et les autorités ont engagé des opérations de traçage des contacts pour identifier les personnes exposées et limiter toute chaîne secondaire de transmission. L’apparition d’un foyer dans le Haut‑Uélé, province frontalière avec le Soudan du Sud et la République centrafricaine, accroît le risque de propagation transfrontalière et élargit la population exposée à près de 15 millions d’habitants dans le nord‑est du pays.
Épicentre en Ituri et facteurs favorisant la transmission
L’Ituri, zone marquée par des conflits récurrents et des déplacements de population, reste le principal foyer. Les pratiques funéraires, qui incluent fréquemment le contact étroit avec les corps des défunts et peuvent durer plusieurs jours, ont été identifiées parmi les vecteurs majeurs de transmission. Les cortèges et les rites observés dans la région ont favorisé des épisodes de contamination collective, compliquant la maîtrise de l’épidémie.
Contraintes logistiques et sécurité des équipes de santé
Les équipes déployées sur le terrain font face à de fortes contraintes : manque d’équipements de protection individuelle, pénurie de médicaments, insuffisance de kits de tests rapides et besoin urgent de matériel pour des enterrements sûrs, y compris des sacs mortuaires. Par ailleurs, des centres de traitement ont été ciblés par des violences : installations endommagées et tentes incendiées ont perturbé la prise en charge des malades et fragilisé la confiance entre communautés et intervenants sanitaires. Ces incidents entravent l’accès aux soins et dissuadent les populations de se rendre vers les structures médicales.
Mesures de santé publique et restrictions sur les rassemblements
Face à la propagation, le gouvernement a interdit les rassemblements publics dans plusieurs provinces, décision appliquée y compris dans la capitale Kinshasa. Cette mesure intervient avant des événements politiques prévus et a suscité des critiques de la part de certains opposants, qui estiment la décision motivée par des considérations politiques. Les autorités affirment pour leur part que l’interdiction vise à réduire la transmission dans les zones à forte densité de population et à protéger les services de santé encore limités.
Traçage des contacts et priorités opérationnelles
Les équipes de riposte concentrent leurs efforts sur l’identification et la surveillance des contacts, la sécurisation des centres de traitement, et la mise en place d’enterrements dignes et sûrs pour empêcher la propagation liée aux rites funéraires. Le renforcement des capacités de test et la distribution d’équipements de protection restent des priorités immédiates, tout comme la sensibilisation des communautés pour améliorer la coopération avec les opérations sanitaires.
La confirmation d’un foyer dans le Haut‑Uélé élargit le front de l’épidémie et pose des défis logistiques et sécuritaires accrus. La réussite de la riposte dépendra de l’accès aux zones affectées, de la protection des agents de santé, de la mise en place rapide de mesures de traçage et de l’adhésion des communautés aux gestes barrières et aux protocoles d’enterrement sécurisé.