Détroit d’Ormuz les assurances américaines n’empêchent pas la hausse des prix du pétrole
Les États-Unis affirment maîtriser le détroit d’Ormuz, mais les prix du pétrole grimpent après une série d’attaques
Washington annonce la réouverture du détroit d’Ormuz, mais attaques et ciblage d’oléoducs font bondir les cours du pétrole et menacent l’approvisionnement mondial.
Les États-Unis ont déclaré aujourd’hui que le trafic commercial transite de nouveau par le détroit d’Ormuz et que leurs forces escortent des navires transportant des millions de barils, mais les marchés de l’énergie restent nerveux après des attaques récentes contre des navires et des infrastructures régionales. Les cours du brut ont fortement augmenté cette semaine, le Brent s’établissant autour de 107,82 dollars le baril (+3,21 dollars) et le West Texas Intermediate à environ 103,22 dollars (+3,17 dollars), reflétant une perception persistante de risque pour l’approvisionnement mondial.
Affirmations américaines sur le détroit
Le secrétaire américain à l’Énergie a indiqué que près de 10 millions de barils par jour ont transité par la voie navigable en moyenne la semaine dernière, estimant que les flux étaient revenus à environ deux tiers ou plus de leur niveau antérieur. La Maison Blanche et les responsables militaires ont mis en avant une présence renforcée pour assurer des transits sécurisés et escorter des pétroliers, affirmant détenir un contrôle opérationnel important dans la zone.
Réponse iranienne et restrictions de navigation
Téhéran a contesté ces affirmations, réaffirmant sa capacité à contrôler l’accès au détroit et multipliant les avertissements aux navires. L’Iran a annoncé des zones de navigation restreinte autour du passage et a déclaré avoir renforcé ses moyens de surveillance et d’intervention, accroissant le risque de confrontations et d’incidents en mer.
Données de transit et activité des navires
Les suivis préliminaires des transits montrent toutefois une activité bien en deçà des niveaux habituels : certains jours récents ont enregistré un passage à un chiffre par jour, contre une moyenne d’environ 14 transits sur dix jours ces dernières semaines. Avant l’escalade régionale précédant la guerre, plus de cent navires franchissaient quotidiennement le détroit, transportant environ 20 millions de barils de pétrole. Les comptages restent sujets à révision car un certain nombre de navires naviguent avec leurs transpondeurs désactivés, échappant ainsi aux registres automatiques.
Hausse des prix du pétrole et incidents récents
La flambée des prix coïncide avec plusieurs incidents : un navire iranien a été attaqué dans le détroit et l’oléoduc Est-Ouest d’Arabie saoudite a été endommagé lors d’une attaque par drone. Ces événements ont entraîné une hausse immédiate des cours et intensifié les craintes sur la fiabilité des exportations. Par ailleurs, une série d’attaques par missiles et drones attribuées au groupe Houthi a visé des zones civiles et économiques du sud de l’Arabie saoudite, causant des dizaines de blessés, dont des femmes et des enfants, selon les bilans communiqués par les autorités locales.
Impact sur les exportations saoudiennes et routes alternatives
La fermeture temporaire de l’oléoduc Est-Ouest, utilisé pour exporter du pétrole via la mer Rouge, menace une part significative de l’approvisionnement mondial : une mise hors service prolongée mettrait en péril environ 4 % de l’offre globale. Face au blocage potentiel du détroit d’Ormuz, certains exportateurs cherchent des itinéraires alternatifs, ce qui augmente les coûts et les délais logistiques et pousse les acheteurs à chercher des sources d’approvisionnement de repli.
Coûts d’assurance et perspectives du marché
L’augmentation du risque s’est traduite par une explosion des primes d’assurance pour les transits en zone de guerre : des taux historiquement bas de l’ordre de 0,25 % de la valeur de la coque ont été remplacés par des fourchettes beaucoup plus élevées, parfois entre 3 % et 10 %, selon l’itinéraire et le type de navire. Sur un pétrolier d’une valeur supposée de 100 millions de dollars, cela représente une prime additionnelle de plusieurs millions de dollars par transit, sans compter les surcoûts de fret et de sécurité. Les spécialistes du marché estiment que les contrats à terme à court terme se négocient désormais à des primes par rapport au comptant, signe d’une anticipation de perturbations durables.
Les tentatives diplomatiques visant à calmer la situation ont aussi été fragilisées : une réunion régionale prévue pour discuter de garanties de sécurité dans la zone a été reportée, reflétant l’instabilité ambiante et les tensions entre acteurs. En l’absence d’une désescalade rapide, la combinaison d’incidents militaires, de restrictions de navigation et d’une assurance maritime très coûteuse laisse peu de marge pour un retour rapide à une navigation commerciale normale. Les marchés continueront vraisemblablement de réagir vivement à chaque nouvelle information opérationnelle dans la région, maintenant une pression haussière sur les prix du pétrole tant que les risques persistent.