Trois ans de guerre à Gaza bilan humain et effondrement des services essentiels
Trois ans de guerre à Gaza : l’enclave méconnaissable, civils et infrastructures laissés en ruine
Trois ans après l’offensive d’octobre 2023, Gaza est méconnaissable : destructions massives, crise humanitaire persistante et effondrement des services.
Trois ans après le déclenchement des hostilités du 7 octobre 2023, la bande de Gaza apparaît profondément transformée. Des quartiers entiers ont été détruits, des millions de personnes ont été contraintes de se déplacer à plusieurs reprises et des services essentiels — eau, électricité, santé et éducation — fonctionnent à flux très réduit ou sont hors service. Les bilans humains et matériels restent élevés et la reprise semble lointaine, malgré l’annonce d’un cessez‑le‑feu en octobre 2025.
Bilan humain et déplacements massifs
Plus de 74 245 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, et des violences ont continué après l’accord de pause en octobre 2025, avec 1 462 décès supplémentaires enregistrés depuis son entrée en vigueur. Les ordres d’évacuation répétés et les opérations militaires ont déraciné des familles entières : une grande partie de la population vit désormais dans des abris provisoires, des tentes ou des structures surpeuplées. Les déplacements internes répétitifs ont brisé les réseaux sociaux et économiques locaux et accru la vulnérabilité des ménages.
Destructions d’infrastructures et services essentiels en panne
Les attaques aériennes et terrestres ont endommagé ou détruit une large part des logements, des écoles, des hôpitaux et des infrastructures publiques. Les réseaux d’eau et d’assainissement sont gravement perturbés, le réseau électrique reste non opérationnel et les services de communication sont largement intermittents en raison des dommages aux routes et aux installations. La reconstruction est entravée par l’absence d’accès sécurisé et par la rareté des matériaux et du carburant.
Crise de l’eau, de l’électricité et des transports
L’accès à l’eau potable est devenu critique : une très large majorité des ménages souffre d’insécurité hydrique modérée à élevée, et l’approvisionnement dépend souvent de sources ponctuelles ou d’acheminements d’urgence. L’absence d’un réseau électrique stable contraint hôpitaux, services et ménages à recourir à des générateurs au carburant rare. Les routes endommagées et les restrictions de mouvement compliquent l’acheminement de l’aide et l’accès aux services de base, rendant la vie quotidienne organisée autour de la recherche de ressources fondamentales.
Effondrement économique et paupérisation
L’économie locale est très affaiblie : une grande majorité des entreprises et établissements commerciaux ont été endommagés ou détruits, le chômage a atteint des niveaux extrêmement élevés et le produit intérieur brut par habitant a chuté à une fraction de son niveau antérieur. Les prix des produits de base restent fortement majorés, et la circulation limitée des marchandises a aggravé la pénurie. Avec la disparition d’emplois formels, l’économie s’est repliée sur l’aide humanitaire, le travail informel et les mécanismes d’endettement.
Éducation interrompue pour une génération
Près de la totalité des établissements scolaires ont été touchés, et des centaines de milliers d’enfants ont manqué des années d’enseignement en présentiel. Nombre d’écoles servent désormais d’abris et des espaces d’apprentissage temporaires ont été mis en place, mais plusieurs centaines de milliers d’enfants restent sans accès à l’éducation. L’interruption prolongée menace d’entraîner une perte durable des compétences de base et compromet les perspectives à long terme de cette génération.
Système de santé au bord de l’effondrement
Le système de santé fonctionne à capacité réduite : plusieurs hôpitaux ont été endommagés, et les établissements encore ouverts font face à d’importantes pénuries de médicaments, d’équipements médicaux et de carburant. Les services spécialisés — oncologie, dialyse, soins chroniques — sont gravement perturbés. Les conditions de vie surpeuplées et l’accès limité à l’eau et à l’assainissement augmentent le risque de flambées épidémiques, tandis que des milliers de patients nécessitent des soins qui ne sont pas disponibles localement.
Territoire réduit et restrictions d’accès
Le contrôle et les restrictions militaires ont reconfiguré la géographie de l’enclave, concentrant la population dans des espaces de plus en plus restreints et empêchant l’accès aux terres, aux habitations et aux infrastructures. Certaines villes du sud, transformées en vastes camps de déplacés, illustrent la compression territoriale et l’impossibilité pour de nombreuses familles de regagner leur domicile. Ces évolutions renforcent les obstacles à un retour sûr et durable et compliquent les efforts de relèvement.
La situation à Gaza combine destructions matérielles massives, crise humanitaire prolongée et absence de conditions stables pour une reconstruction effective. Trois années de conflit ont laissé des besoins immenses en aide, en infrastructures et en services de base, et la trajectoire future dépendra de conditions de sécurité durables, d’un accès humanitaire élargi et d’efforts de réhabilitation à grande échelle pour restaurer les moyens de subsistance et les services fondamentaux.