PAM : plus d’un million au Soudan du Sud menacés par une pénurie alimentaire
Soudan du Sud : afflux massif depuis le Soudan épuise les stocks alimentaires et menace des millions de personnes
Au Soudan du Sud, des flux quotidiens de réfugiés et de rapatriés depuis le Soudan exercent une pression sans précédent sur les stocks alimentaires et les centres de transit, tandis que les ressources humanitaires s’amenuisent et que des millions risquent de perdre l’accès à une assistance vitale d’ici l’automne.
Afflux hebdomadaire à Renk
Chaque semaine, environ 3 000 personnes franchissent la frontière à Renk, souvent avant l’aube, portant enfants et quelques effets personnels. Beaucoup arrivent affamés, épuisés et sans moyens financiers. Renk, dans l’État du Haut-Nil, est devenu un point d’entrée majeur depuis le déclenchement du conflit au Soudan en avril 2023, transformant les centres de transit en lieux de première urgence qui n’étaient pas prévus pour une telle ampleur d’arrivées.
Chute spectaculaire des stocks à Malakal
Les stocks alimentaires logés à Malakal ont été réduits de manière drastique : ils sont passés de l’ordre de 10 000 tonnes à moins de 300 tonnes en l’espace d’un an. Cette diminution marque une rupture significative de la chaîne d’approvisionnement et traduit l’impact combiné de prix en hausse, de difficultés d’importation et d’une demande exponentielle. Les réductions de rations ont déjà commencé dans plusieurs zones, affectant les populations les plus vulnérables.
Centres de transit débordés et attentes prolongées
Les centres de transit de Renk accueillent des familles entassées, dont certaines restent des semaines, voire des mois, en attente d’un transport vers Malakal ou d’autres régions. Ces structures n’ont pas été conçues pour gérer des flux prolongés et massifs : hébergement, approvisionnement en eau, assainissement et accès à des soins de santé sont sous forte tension, avec des conséquences directes sur la santé publique et la protection des personnes vulnérables.
Risques sanitaires et insécurité alimentaire chez les déplacés
Les cas de faim, de maladie et de malnutrition, notamment chez les enfants, sont déjà observés dans les camps et centres de transit. Des foyers souffrent de maladies chroniques non prises en charge et d’un accès limité aux traitements. L’insécurité et les contrôles sur les routes empêchent aussi des déplacés de cultiver ou de travailler loin de leurs lieux d’accueil, augmentant la dépendance à l’aide extérieure et fragilisant les moyens d’existence locaux.
Déficit de financement qui compromet l’aide
Les besoins financiers restent criants : un déficit immédiat de plusieurs dizaines de millions de dollars compromet la livraison des rations et des interventions nutritionnelles, et le manque de fonds pour les mois à venir menace d’aggraver la crise. Des réductions prévues de l’assistance alimentaire et nutritionnelle signifient que plus d’un million de personnes vulnérables pourraient perdre l’accès à une aide vitale d’ici octobre, avec un impact disproportionné sur les enfants, les personnes âgées et les ménages déjà déplacés.
Vies quotidiennes et témoignages des déplacés
Les témoignages recueillis sur place décrivent une réalité dure : familles partageant des ressources limitées, recours aux petits boulots précaires pour gagner quelques dollars par jour, et décisions dramatiques face à la faim. Certains déplacés évoquent l’impossible choix entre rester dans des conditions dégradées et tenter de retourner dans des zones en conflit. Les divisions locales et les tensions politiques compliquent également toute réponse durable, ralentissent l’accès humanitaire et accentuent la vulnérabilité des communautés d’accueil.
Les conséquences combinées de flux massifs de population, de stocks alimentaires en chute, de centres de transit saturés et d’un manque de financement immédiat dressent un tableau alarmant pour le Soudan du Sud. Sans une augmentation rapide des ressources et des mesures pour sécuriser les corridors humanitaires et soutenir les services de base, la situation risque de se détériorer davantage dans les semaines à venir, avec des conséquences humanitaires graves et durables.