Soudan: Al-Burhan promet offensive contre les RSF après 10 civils tués, 5500 déplacés
Al-Burhan promet de reprendre « chaque centimètre » aux RSF alors que les combats s’intensifient
Au Soudan, le chef militaire Abdel Fattah al‑Burhan promet de reprendre tout territoire tenu par les RSF; au moins 10 civils tués et 5 500 déplacés selon l’OIM.
Le chef militaire soudanais Abdel Fattah al‑Burhan a déclaré le 7 octobre 2026, lors d’un rassemblement au nord du pays, que l’armée poursuivrait une “option militaire” destinée à reprendre chaque zone contrôlée par les Forces paramilitaires de soutien rapide (RSF). Ses propos interviennent alors que les affrontements se sont intensifiés dans plusieurs États, provoquant des pertes civiles, des déplacements massifs et une nouvelle polarisation des efforts diplomatiques en faveur d’une issue politique dirigée par les Soudanais.
Al‑Burhan réaffirme l’option militaire
Al‑Burhan a prononcé ses déclarations dans le village 5, dans la localité de Merowe, affirmant que l’armée ne renoncerait pas tant que les RSF n’auront pas été retirées des territoires où elles opèrent. Le discours marque un recul par rapport à toute perspective immédiate de négociation et confirme une ligne dure adoptée par la junte militaire à la tête des Forces armées soudanaises. La détermination affichée par le chef militaire traduit une volonté de reprise territoriale qui risque d’alimenter de nouvelles opérations offensives.
Attaque au Kordofan occidental: bilan et accusations
Les violences ont causé la mort d’au moins dix civils dans l’État du Kordofan occidental à la suite d’une attaque imputée aux RSF, selon des comptes rendus locaux. Des groupes communautaires locaux ont accusé les RSF de violations contre des populations civiles dans le village d’Abu Ajal, en lien avec une offensive signalée dans la campagne sud‑est d’En Nahud. Les autorités locales et comités d’urgence signalent des blessés et des destructions d’habitations, tandis que des témoins décrivent des mouvements de troupes et des fouilles de villages à la recherche d’opposants ou de combattants adverses.
Déplacements massifs dans le Nil Bleu
La détérioration sécuritaire dans l’État du Nil Bleu a entraîné le déplacement de plus de 5 500 personnes en trois jours, selon les derniers rapports d’organisations humanitaires. Les familles quittent leurs villages vers des zones perçues comme plus sûres, souvent à l’intérieur même de l’État, mais manquent d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins de santé. Les camps et sites d’accueil improvisés font face à une pression accrue sur les ressources locales, exposant des populations vulnérables — femmes, enfants et personnes âgées — à des risques sanitaires et alimentaires.
Progression des forces et contrôle territorial
Les forces armées soudanaises ont, selon des observations sur le terrain, progressé vers les villes d’En Nahud et d’Al Khuway après des gains récents dans le Kordofan nord voisin. En réponse, les RSF semblent se regrouper dans certaines zones du Kordofan occidental pour tenter de contenir l’avance gouvernementale. Ces mouvements sont accompagnés d’une féroce instabilité, rendant les corridors humanitaires difficiles à sécuriser et limitant l’accès des organisations d’aide aux populations affectées.
Pressions diplomatiques et appel à un dialogue soudanais
Sur le plan diplomatique, des acteurs internationaux appellent à une solution politique, mais insistent sur le rôle central des Soudanais dans toute négociation. Un conseiller américain pour les affaires arabes et africaines a souligné que la paix devrait passer par un dialogue national inclusif mené par les Soudanais et ouvrir la voie à une transition vers un gouvernement civil. Parallèlement, des déclarations émanant de responsables étrangers ont remis en cause la légitimité des forces en présence à gouverner, estimant que ni l’armée ni les RSF ne représentent une gouvernance constitutionnelle pleine et entière.
La montée des affrontements et la multiplication des victimes civiles accentuent l’urgence humanitaire et politique. L’insistance d’al‑Burhan sur l’usage de la force rend cependant plus difficile la relance immédiate d’un processus de paix inclusif, tandis que les déplacements récents aggravent la crise humanitaire. Les prochains jours seront déterminants pour l’évolution des lignes de front et la capacité des acteurs nationaux et internationaux à favoriser une désescalade et un accès effectif de l’aide aux populations touchées.