Aide d’État pour l’électricité exclura factures sous 100 dirhams des résidences secondaires et vacantes
Le gouvernement précise les critères : les factures ≤100 DH ne donneront pas automatiquement droit à l’électricité gratuite
Au Maroc, l’aide pour factures ≤100 DH exclura les logements vacants ou saisonniers. 4,26 M d’abonnements ciblés, coût annuel 2,83 MMDH, effet 1er janv. 2027
Le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a précisé vendredi 30 octobre 2026 devant la commission des finances de la Chambre des représentants que l’aide visant les factures d’électricité mensuelles inférieures ou égales à 100 dirhams ne sera pas automatique pour tous les abonnés. Les logements vacants, saisonniers ou secondaires seront exclus du dispositif, de sorte que la simple faible consommation annuelle ne suffira pas à bénéficier de la prise en charge annoncée par l’État. La mesure doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027 dans le cadre des dispositions du projet de loi de finances.
Précisions communiquées par le ministre
Fouzi Lekjaa a rappelé que l’objectif du dispositif est de soulager les ménages aux consommations modestes, mais qu’il importe d’éviter des allocations injustifiées à des compteurs rattachés à des résidences non occupées. Selon ses déclarations, environ six millions d’abonnements affichent une facture mensuelle moyenne inférieure ou égale à 100 dirhams. Toutefois, une partie significative de ces abonnements correspond à des usages intermittents ou à des logements fermés une grande partie de l’année, qui seront exclus du bénéfice.
Critères d’exclusion des logements
Le gouvernement prévoit d’exempter du dispositif les compteurs liés à des logements vacants, utilisés de manière saisonnière ou qualifiés de résidences secondaires. L’administration doit définir des critères opérationnels pour identifier ces cas — par exemple le suivi de la consommation sur plusieurs mois, des déclarations ou des contrôles sur le terrain — afin d’assurer que l’aide cible effectivement les foyers permanents et vulnérables. Ces précisions sont essentielles pour éviter des abus et pour calibrer le coût budgétaire du soutien.
Conséquences pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE)
La décision affecte en particulier les Marocains résidant à l’étranger qui conservent au pays un appartement ou une maison utilisée principalement pour les séjours estivaux. Ces résidences affichent souvent une faible consommation sur l’année; elles ne seront pas automatiquement éligibles. Les autorités devront clarifier les modalités pratiques permettant de distinguer une résidence secondaire d’un logement occupé par des membres de la famille toute l’année, afin d’éviter des exclusions injustes pour des ménages qui laissent un parent ou locataire occuper régulièrement le bien.
Chiffres d’impact et coût estimé
Après exclusion des abonnements correspondant à des logements inoccupés ou saisonniers — évalués à environ 29 % des abonnements à faibles factures, soit 1,74 million de compteurs — le gouvernement table sur 4,26 millions d’abonnements qui bénéficieront effectivement de la prise en charge. Le coût annuel de la mesure est estimé à 2,83 milliards de dirhams. Ces chiffres servent de base au chiffrage budgétaire du projet de loi de finances et expliquent la nécessité d’une méthodologie stricte pour définir les bénéficiaires.
Modalités pratiques et calendrier d’application
Le dispositif inclura aussi bien les compteurs prépayés, fréquemment employés en milieu rural, que les abonnés facturés après consommation. Les bénéficiaires devraient recevoir un crédit mensuel appliqué sur leur facture ou leur compteur prépayé, tandis que les autres abonnés verront leur facture réduite selon les mécanismes qui seront précisés lors de la mise en œuvre. L’entrée en vigueur est programmée au 1er janvier 2027; d’ici là, l’administration devra publier les règles d’éligibilité, les procédures de contrôle et le calendrier de versement des crédits.
En l’absence de précisions opérationnelles immédiates, plusieurs questions pratiques subsistent : comment seront traités les logements partagés par plusieurs occupants, quelle durée d’observation de la consommation sera retenue, et quels recours seront offerts aux abonnés contestataires. Le gouvernement dispose de quelques semaines pour finaliser ces modalités avant l’application du dispositif, afin d’assurer une distribution ciblée et transparente de l’aide aux ménages les plus exposés aux charges énergétiques.