Anthrax tue 28 hippopotames au parc national des Virunga en RDC
Anthrax tue plusieurs dizaines d’hippopotames aux Virunga, autorités renforcent la surveillance
Anthrax tue 28 hippopotames en un mois dans le parc national des Virunga; autorités alertent les riverains, sécurisent les carcasses et renforcent la surveillance.
La découverte de carcasses d’hippopotames le long de la rivière Semuliki, dans l’ouest du parc national des Virunga, alerte les autorités et les populations locales. En l’espace d’un mois environ, 28 hippopotames ont été retrouvés morts, et les analyses de laboratoire ont confirmé la présence de Bacillus anthracis, l’agent responsable de l’anthrax. La conséquence immédiate est un double choc : une perte importante pour la biodiversité du parc et une menace sanitaire pour les communautés riveraines exposées par le contact ou la consommation d’animaux infectés.
Mortalité soudaine le long de la Semuliki
Les premières mortalités ont été observées à la mi-septembre dans le secteur de Vitshumbi, à quelque 100 kilomètres au nord de Goma. Les riverains ont signalé une augmentation inhabituelle du nombre de carcasses flottant ou échouées sur les berges de la Semuliki. Face à l’ampleur du phénomène, les équipes du parc ont procédé à des prélèvements, puis confirmé par des tests que la bactérie du charbon était à l’origine des décès.
Anthrax confirmé par les analyses
Les autorités du parc ont indiqué que les examens en laboratoire ont identifié Bacillus anthracis comme cause des mortalités. L’anthrax est une maladie zoonotique pouvant être transmise à l’homme par contact direct avec un animal infecté, le pelage, l’écorce des carcasses ou par la consommation de viande contaminée. En conséquence, le parc a engagé des procédures de gestion des carcasses et diffusé des recommandations sanitaires pour limiter le risque d’infection des populations locales.
Rôle écologique des hippopotames et importance des pertes
Les spécialistes rappellent que l’hippopotame joue un rôle structurant dans les écosystèmes fluviaux. En modifiant les flux de nutriments entre milieux terrestre et aquatique, ces grands herbivores contribuent à la santé des zones humides et à la diversité biologique. La perte de 28 individus en un mois, sur une population estimée à plus de 2 700 hippopotames recensés en février 2026, représente une diminution localisée susceptible d’altérer des équilibres écologiques et les services rendus par ces milieux.
Mesures sanitaires et recommandations pour les populations
Le parc a annoncé la mise en place de mesures concrètes : surveillance renforcée des zones touchées, enregistrement des nouvelles mortalités, et organisation de la manipulation et de l’élimination sécurisées des carcasses. Les riverains sont explicitement invités à ne pas toucher, écorcher ou consommer des animaux morts et à signaler toute découverte aux autorités compétentes. Les experts vétérinaires insistent sur la nécessité d’une communication claire avec les communautés pour éviter des expositions involontaires et réduire le risque d’une transmission humaine.
Conflit armé et contrôle du territoire fragilisent la conservation
La situation est aggravée par le contexte sécuritaire. Le parc a indiqué avoir perdu le contrôle d’une partie importante de son territoire au cours des dernières années, en lien avec les affrontements entre forces gouvernementales et groupes armés. Le braconnage et la déforestation se sont intensifiés, rendant plus difficile le suivi sanitaire et la prévention des épidémies. Certains groupes armés présents dans la région affirment assumer des rôles de protection, mais la fragmentation du contrôle territorial complique la coordination des opérations de surveillance et d’intervention.
Sécheresse et facteurs favorisant les réapparitions de l’anthrax
Les responsables du parc soulignent que des épisodes d’anthrax récurrents ont été observés lors de périodes de sécheresse. La baisse de la végétation pousse les herbivores à brouter près du sol et à se concentrer autour de points d’eau résiduels, augmentant ainsi leur exposition aux spores présentes dans le sol. Les spores de Bacillus anthracis peuvent survivre des décennies dans l’environnement, favorisant des épisodes épidémiques lorsque les conditions climatiques et écologiques se dégradent. En 2025, une précédente épidémie avait déjà entraîné la mort de 65 hippopotames dans le parc.
Appel à une réponse intégrée selon le principe One Health
Des experts en écologie et médecine vétérinaire réclament une approche intégrée liant santé humaine, animale et environnementale. Ils recommandent un renforcement de la surveillance épidémiologique, une protection accrue des communautés locales, des procédures standardisées pour la gestion des carcasses et une coopération entre institutions étatiques, organisations non gouvernementales et acteurs locaux. Protéger les hippopotames revient à protéger la résilience des écosystèmes aquatiques et les moyens de subsistance qui en dépendent.
La situation reste sous étroite observation et les autorités du parc poursuivent les opérations de terrain pour limiter la propagation. Les habitants des rives de la Semuliki sont appelés à rester vigilants et à signaler toute nouvelle découverte afin de réduire le risque sanitaire et préserver la biodiversité.