Appel à gouvernance participative pour préserver la pêcherie des petits pélagiques à Casablanca
La pêcherie des petits pélagiques au Maroc au centre d’un appel à une gouvernance participative et durable
La pêcherie des petits pélagiques génère près de 3 milliards de dirhams par an, emploie 32 500 personnes et nécessite une gestion concertée pour garantir sa durabilité.
La pêcherie des petits pélagiques occupe une place stratégique dans l’économie halieutique marocaine et a fait l’objet d’un appel récent à renforcer la gouvernance participative. À Casablanca, la secrétaire d’État à la Pêche maritime, Zakia Driouich, a réuni représentants de l’administration, scientifiques et professionnels pour faire le point sur l’état des ressources, les mesures de gestion en vigueur et les défis à venir. L’objectif affiché est de préserver les stocks — en particulier la sardine — tout en maintenant la compétitivité de la filière et le tissu industriel qui en dépend.
Chiffres et importance économique
La pêcherie des petits pélagiques génère près de 3 milliards de dirhams de valeur ajoutée annuelle et assure plus de 32 500 emplois directs, selon les données présentées lors des échanges à Casablanca. Au-delà des emplois directs à bord et à terre, la filière soutient un vaste réseau d’activités portuaires, industrielles, logistiques et commerciales le long du littoral, contribuant significativement aux économies locales et régionales.
Rôle dans la sécurité alimentaire nationale
Les petits pélagiques, et la sardine en particulier, jouent un rôle majeur dans la sécurité alimentaire du pays. Ces ressources offrent une source abordable de protéines et sont intégrées aux circuits de consommation locale et aux industries de transformation. La préservation des captures durables est ainsi présentée comme une priorité non seulement économique, mais aussi sociale et nutritionnelle pour de nombreuses communautés côtières.
Appel à la gouvernance participative à Casablanca
Lors de la réunion à Casablanca, la secrétaire d’État Zakia Driouich a insisté sur la nécessité d’une gouvernance inclusive réunissant administration, scientifiques et professionnels. Les discussions ont porté sur les modes de concertation, la transparence des décisions et la mise en place d’un cadre de gestion qui associe les acteurs de terrain aux décisions techniques et réglementaires. Cette approche vise à renforcer l’acceptabilité et l’efficacité des mesures de gestion.
Mesures de gestion et défis environnementaux
Les échanges ont abordé l’état des ressources marines et les mesures de gestion possibles pour assurer le renouvellement des stocks face à la pression de la pêche et aux aléas climatiques. Les défis incluent la variabilité des captures, les migrations des bancs de poissons, et les impacts du changement climatique qui modifient la productivité et la distribution des espèces. Les intervenants ont évoqué l’importance des mesures techniques (zones et périodes de fermeture, taille minimale, effort de pêche) et du renforcement des dispositifs scientifiques pour suivre l’état des stocks.
Conséquences pour les industries associées et la compétitivité
La pêcherie soutient des industries de transformation, de conditionnement et de commercialisation. La préservation des ressources est donc essentielle pour maintenir la chaîne de valeur et préserver les emplois indirects. Les professionnels ont souligné la nécessité d’une gestion qui permette de concilier durabilité écologique et viabilité économique, notamment par des incitations à la modernisation des flottilles, au respect des normes sanitaires et à l’amélioration des filières logistiques.
Propositions pour renforcer la concertation et le suivi scientifique
Parmi les pistes évoquées figurent la mise en place de comités locaux de suivi associant pêcheurs et scientifiques, le renforcement des programmes d’observation halieutique, et le développement d’outils de gestion adaptative capables de réagir rapidement aux variations des stocks. La formation et l’accompagnement des professionnels pour mieux intégrer les données scientifiques dans les pratiques quotidiennes ont aussi été cités comme essentiels.
La réunion à Casablanca a confirmé la volonté des pouvoirs publics et des acteurs de la filière de poursuivre une politique de gestion durable des petits pélagiques, en s’appuyant sur une gouvernance plus participative. L’enjeu est de préserver une ressource clé pour l’économie et la sécurité alimentaire du pays, tout en assurant la compétitivité des secteurs industriels qui en dépendent face aux contraintes environnementales et climatiques.