beIN Sports coupe le signal des cafés marocains, la fédération réclame des négociations
Crise entre beIN Sports et cafés marocains : coupures, tarifs et menace de boycott
beIN Sports a coupé le signal de nombreux cafés au Maroc; la fédération exige la réactivation, critique des tarifs commerciaux élevés et menace un boycott.
Le diffuseur sportif a interrompu de façon soudaine la réception chez plusieurs exploitants de cafés et restaurants à travers le Maroc, déclenchant une vive réaction de la profession. Les établissements touchés affirment que les coupures visent en priorité les locaux qui utilisent des abonnements destinés à un usage domestique pour retransmettre des compétitions. La fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants dénonce des tarifs commerciaux jugés inaccessibles et demande la remise en marche immédiate des appareils ainsi que l’ouverture de négociations tarifaires.
Coupure du signal dans plusieurs établissements
Plusieurs gérants ont constaté la coupure simultanée du flux sportif, privant leurs clients des matches en direct. Selon les responsables professionnels, la mesure vise à faire respecter les contrats commerciaux et à prévenir l’utilisation d’offres résidentielles dans un cadre professionnel. Les coupures ont provoqué une interruption des services durant des créneaux à forte affluence, aggravant l’impact financier des commerces touchés.
Tarifs commerciaux fixés entre 1 500 et 2 000 dirhams
La fédération met en avant le coût élevé des offres légales destinées aux professionnels, chiffrées selon elle entre 1 500 et 2 000 dirhams par mois. Ces montants sont présentés comme difficiles à amortir face à la hausse des coûts d’exploitation et à la baisse du pouvoir d’achat des clients. Les gérants expliquent que de telles factures pèsent lourd sur les petites structures et menacent la viabilité économique des établissements, surtout pour les bars et cafés dont l’activité dépend largement de la diffusion d’événements sportifs.
Demandes de réactivation et menace de boycott
Face aux coupures, l’organisation professionnelle exige la remise en service immédiate et réclame l’ouverture de pourparlers pour adapter les offres aux réalités locales. La fédération avertit que, si le diffuseur refuse d’ajuster sa grille tarifaire, elle pourrait appeler à un boycott national de la chaîne et encourager des alternatives techniques. Les gérants prévoient d’explorer des solutions pour continuer à proposer les retransmissions, tout en évoquant la possibilité d’une riposte coordonnée en dernier recours.
Impact sur l’organisation des diffusions pendant les grandes compétitions
Le conflit intervient alors que les établissements se préparent à accueillir des retransmissions de compétitions internationales, dont le calendrier peut imposer des ouvertures nocturnes. Le fort décalage horaire lié au Mondial 2026 en Amérique du Nord oblige déjà certains commerçants à prolonger leurs heures d’ouverture. Les autorités locales ont accordé des dérogations temporaires pour ces prolongations sous réserve du maintien de l’ordre public, ce qui ajoute une dimension logistique aux tensions entre diffuseur et profession.
Démenti sur une surtaxe collective et perspectives de négociation
La fédération a nié les rumeurs selon lesquelles les gérants se seraient entendus pour appliquer une surtaxe collective de cinq dirhams aux supporters. Elle précise que les prix d’entrée ou de consommation restent fixés individuellement par chaque exploitant. Sur le plan des solutions, la profession appelle à des discussions pour concevoir des offres commerciales modulées pour les petits établissements, des tarifs spécifiques pendant les tournois ou des facilités de paiement. Du côté des diffuseurs, la priorité affichée demeure l’application des contrats et la lutte contre la piraterie commerciale.
Cette affaire met en lumière l’équilibre fragile entre la protection des droits commerciaux des diffuseurs et la capacité des petits exploitants à absorber des coûts fixes élevés. La suite dépendra des négociations à venir et de la volonté des parties de trouver un compromis compatible avec la viabilité économique des cafés et la pérennité des droits de diffusion.