Brigades des Géants et forces progouvernementales coupent la route Mocha‑Bab al‑Mandeb
Yémen : offensive conjointe près de Bab al‑Mandeb, les Brigades des Géants coupent un axe stratégique
Le 5 octobre 2026, une offensive conjointe des Brigades des Géants et des forces pro‑gouvernementales a cherché à repousser les Houthis et sécuriser Bab al‑Mandeb.
Le 5 octobre 2026, des forces liées au gouvernement internationalement reconnu du Yémen, soutenues sur le terrain par des unités affiliées au Conseil de transition du Sud (STC), dont les Brigades des Géants, ont lancé une offensive d’envergure contre les positions houthis aux abords du détroit stratégique de Bab al‑Mandeb. L’opération, coordonnée parmi des formations au passé et aux objectifs politiques divergents, a pour objectif affiché de reprendre le contrôle de territoires récemment acquis par les Houthis et de sécuriser des voies maritimes cruciales pour l’approvisionnement énergétique.
Progression militaire et gain stratégique
Les forces progouvernementales ont annoncé la coupure de l’axe principal reliant la ville portuaire de Mocha au détroit de Bab al‑Mandeb, une manœuvre qui constitue l’un des premiers gains militaires notables de l’alliance contre les Houthis depuis plusieurs années. Contrôler cet axe signifie réduire la liberté de manœuvre du mouvement armé connu aussi sous le nom d’Ansar Allah, et peser directement sur la logistique maritime au sud de la mer Rouge, zone d’importance majeure pour les flux de pétrole et de marchandises.
Composition et commandement des Brigades des Géants
Les Brigades des Géants, organisées autour d’anciens combattants salafistes et renforcées au fil du conflit, sont dirigées par Abd al‑Rahman Abu Zaraa al‑Muharrami. Formées durant l’escalade du conflit en 2015, ces unités se sont imposées comme une force combattante puissante sur la côte ouest du pays. Elles ont été liées politiquement ces dernières années au STC et ont bénéficié, selon les bilans militaires, d’armement et d’appui extérieur qui ont renforcé leur capacité opérationnelle.
Alliance inattendue et enjeux politiques internes
L’offensive illustre une convergence tactique entre le gouvernement reconnu et des acteurs sécessionnistes du sud. Cette coopération suit une série de revers et d’accords politiques — notamment après des affrontements dans le sud au début de 2026 et une tentative de centralisation des forces anti‑Houthis. La participation active des Brigades des Géants à des opérations au‑delà de leur zone d’origine pose la question de leur loyauté à long terme : s’agit‑il d’un engagement ponctuel contre une menace commune, ou d’une réorientation stratégique au service d’intérêts sudistes ?
Symboles et manifestations du séparatisme sur le terrain
Des observateurs signalent que certains combattants impliqués dans l’offensive ont arboré l’ancien drapeau du Yémen du Sud et exprimé des revendications identitaires, alors que des responsables du STC ont insisté sur la nécessité de sécuriser les frontières qu’ils considèrent comme relevant de l’État sudiste historique. Ces symboles compliquent la lecture de l’opération : si l’objectif militaire est affiché comme national, des éléments politiques séparatistes demeurent visibles parmi les rangs, créant une zone d’ombre sur la finalité politique des gains territoriaux.
Répercussions régionales et sécurité maritime
La bataille autour de Bab al‑Mandeb a des implications au‑delà des lignes de front yéménites. Toute perturbation prolongée de cette voie navigable pourrait affecter les routes commerciales entre la mer Rouge et l’océan Indien, suscitant des préoccupations pour les pays riverains et pour les acteurs internationaux qui dépendent de la fluidité de ces corridors maritimes. Les puissances régionales, déjà impliquées indirectement via des soutiens à différentes factions, surveillent les évolutions, conscientes que le contrôle du détroit confère un levier stratégique considérable.
Débats internes sur la loyauté et l’avenir des forces du Sud
Le rôle des Brigades des Géants est désormais au cœur d’un débat politique : certains responsables yéménites et commentateurs estiment que leur engagement témoigne d’un renforcement de la coalition anti‑Houthi, tandis que d’autres y voient la confirmation d’aspirations séparatistes persistantes. Des voix au sein du mouvement du Sud affirment que la priorité est la protection du territoire et des populations du Sud, et que la lutte contre les Houthis s’inscrit logiquement dans cette logique de défense.
La progression des opérations et la tenue des zones reprises détermineront dans les prochaines semaines si l’alliance temporaire entre forces progouvernementales et unités du STC peut déboucher sur une coopération durable ou si elle se limitera à une réponse circonstancielle face à la menace houthiste. Le contrôle effectif d’axes comme celui reliant Mocha à Bab al‑Mandeb restera un indicateur clé de l’évolution militaire et politique sur le terrain.