Bruxelles : procès pour la torture mortelle d’un Marocain à Anderlecht
Procès tragique à Bruxelles : un père demande justice pour son fils torturé à mort
Un père endeuillé témoigne des atrocités subies par son fils dans un climat de violence à Bruxelles.
Ben Youness a fait le chemin depuis son domicile, seul, afin de réclamer justice pour son fils, victime d’un acte de torture ayant entraîné la mort. Au tribunal d’assises de Bruxelles, le père, inconsolé, a été confronté aux détails horrifiants des souffrances endurées par son enfant avant de perdre la vie. « Je ne pensais pas qu’il vivait dans de telles conditions. […] Il a souffert. Il a beaucoup souffert », a-t-il déclaré, visiblement affecté par les révélations faites lors des premières audiences.
Les accusés face au tribunal
Sur le banc des accusés se trouvent trois hommes : Mohammad Ahmadi, Norddin Mousati et Yassine Hourra. tous trois sont inculpés de torture ayant causé la mort sans intention de l’infliger. Les faits se sont déroulés le 11 août 2023 dans le quartier de Cureghem à Anderlecht. La victime, impliquée dans un contexte de trafic de stupéfiants, devait une somme importante à son présumé « employeur », Mohammad Ahmadi. Les travaux de jurés, qui se poursuivront jusqu’au 22 juin, ont été marqués par une bataille de responsables, les accusés se déchargeant mutuellement d’une culpabilité pesante.
Une agression d’une brutalité inimaginable
Le supplice d’Otmane a commencé dans la rue, où il a été attaqué sans pitié. Le 10 août, des témoins ont observé un lynchage en pleine lumière du jour, témoignant de la violence du groupe. La victime a été frappée au visage et aux côtes avec une brutalité telle qu’elle en est devenue incapable de se défendre. Ce premier acte de violence a pris fin lorsque les assaillants se sont éloignés, laissant Otmane tuméfié et ensanglanté.
Une suite tragique dans l’obscurité
La violence ne s’est pas arrêtée là. Dans la nuit du 10 au 11 août, après avoir été traîné dans un immeuble, Otmane a subi des actes horribles loin des regards indiscrets. Les caméras de sécurité, même en état de marche, n’ont capturé que l’entrée du groupe, occultant les événements qui suivirent. Quelques heures plus tard, les services d’urgence ont tenté sans succès de le réanimer. La perte d’Otmane a laissé une empreinte indélébile dans le cœur de sa famille.
Les révélations d’une autopsie accablante
L’autopsie réalisée sur le corps d’Otmane a révélé l’ampleur tragique des sévices subis. Les médecins légistes ont découvert des contusions crâniennes provoquées par une batte, une hémorragie interne massive, ainsi que des marques indiquant des violences poculaires et des traces de liens aux poignets. Ces résultats choquants ont contribué à établir un tableau clément des atrocités vécues par la victime.
Une vidéo troublante émerge des enquêteurs
Dans le cadre de l’enquête, les policiers ont exhumé une vidéo troublante, où l’un des suspects, en colère pour un retard de paiement, incite sa chienne à mordre Otmane tout en faisant référence à une « séquestration ». Ce type de comportement montre une insensibilité extrême face à la souffrance humaine. Les images, désormais entre les mains de la justice, pourraient jouer un rôle crucial dans le procès en cours.
Un appel à la justice
Alors que le procès se poursuit, le père de la victime attend avec impatience que justice soit faite. Son témoignage poignant met en lumière non seulement la douleur d’un père, mais aussi les réalités sombres que certains jeunes vivent au sein des quartiers urbains. La société doit se pencher sur ces questions pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir.