CAN 2025 Abdoulaye Fall dénonce un braquage administratif et saisit le TAS
Sénégalais et Marocains s’affrontent après l’attribution de la victoire par la CAF, le dossier est désormais au Tribunal arbitral du sport
CAN 2025 : le Sénégal conteste l’attribution du titre au Maroc et saisit le Tribunal arbitral du sport; dossier disciplinaire et enjeux diplomatiques.
Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football, a dénoncé une décision qu’il qualifie de « braquage administratif » lors d’une conférence de presse tenue à Paris, contestant fermement l’attribution du titre au Maroc par la Confédération africaine de football (CAF). La controverse porte sur le déroulement de la finale et, en particulier, sur le départ des joueurs sénégalais à la 96e minute. Alors que la CAF a validé la victoire marocaine en s’appuyant sur les rapports officiels, Dakar a répondu par une stratégie de contestation mêlant arguments juridiques, pression politique et appel à l’éthique sportive. Le litige a été porté devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui doit statuer dans les délais procéduraux applicables.
Contestations de la Fédération sénégalaise
Abdoulaye Fall a présenté la décision comme une injustice administrative et a annoncé que la contestation dépasse le strict cadre sportif, se voulant aussi une bataille pour la transparence et l’éthique. Le leadership sénégalais affirme disposer d’éléments — dont des vidéos et des comptes rendus — visant à démontrer une interprétation erronée ou partiale des faits. Dakar mobilise par ailleurs des relais politiques et diplomatiques pour accompagner la démarche fédérale et faire pression afin d’obtenir une révision ou une annulation de la décision prise par la CAF.
Position de la Fédération marocaine et application de l’article 84
De son côté, la Fédération royale marocaine adopte une posture résolument juridique et prudente : elle se tient aux textes et au règlement disciplinaire de la compétition. Le dossier marocain s’appuie sur l’article 84 du règlement, qui prévoit la défaite par forfait pour toute équipe quittant le terrain sans autorisation. La fédération marocaine affirme que son dossier est complet et fondé sur les rapports officiels de l’arbitre, estimant que la sanction prononcée par la CAF respecte la procédure disciplinaire en vigueur.
Faits de la 96e minute et décisions de la CAF
Le cœur du litige est factuel : lors de la 96e minute de la finale, des joueurs sénégalais ont quitté le terrain, ce qui a entraîné l’intervention des commissaires de match et, selon l’arbitre, justifié l’application des dispositions disciplinaires. La CAF a considéré ces éléments comme suffisants pour valider la victoire du Maroc. Les deux parties s’opposent aujourd’hui sur l’interprétation de ces actions — départ volontaire face à une situation irrégulière ou réaction provoquée par des circonstances particulières — tandis que le recours déposé introduit une seconde lecture des faits devant une instance indépendante.
Saisine du Tribunal arbitral du sport et calendrier
La saisine du Tribunal arbitral du sport place l’affaire dans une procédure juridiquement encadrée. Selon le dossier déposé, une procédure accélérée est possible, ce qui permettrait au TAS de rendre une décision dans un délai d’environ deux mois, sous réserve des règles de recevabilité et des demandes des parties. Le Tribunal devra examiner les éléments factuels, l’adéquation des mesures disciplinaires prises et la conformité des décisions de la CAF aux principes du droit sportif international.
Implication politique et diplomatique du Sénégal
Au-delà des arguments purement sportifs, la stratégie sénégalaise intègre une dimension politique : mobilisation de réseaux diplomatiques, communication internationale et insistance sur un volet moral. Cette politisation du dossier pourrait peser sur les relations bilatérales et sur la manière dont les instances africaines et internationales du sport perçoivent la gouvernance et l’arbitrage au sein du football continental. Pour l’heure, les échanges se déroulent surtout par voies officielles, même si la rhétorique publique reste virulente de part et d’autre.
Conséquences sportives et disciplinaires
L’issue de ce recours aura des conséquences pratiques et symboliques : confirmation du titre marocain, annulation ou réattribution, et potentiels ajustements disciplinaires pour l’équipe ou pour les officiels impliqués. Le Tribunal arbitral du sport devra trancher entre l’interprétation stricte du règlement et la prise en compte du contexte factuel. Les fédérations, les clubs et les supporters suivent de près l’évolution de la procédure, conscients que la décision influera sur la perception de la justice sportive en Afrique.
L’affaire resterait en tout état de cause un marqueur pour les procédures disciplinaires et le rôle des juridictions sportives dans les grands événements : la décision du TAS déterminera non seulement le champion officiel de cette édition, mais aussi des précédents en matière d’application du règlement et de gestion des incidents survenus pendant une rencontre.