Caster Semenya critique le rétablissement des tests de genre du CIO pour JO 2028
Semenya dénonce comme « un manque de respect » la réintroduction des tests de genre par le CIO pour Los Angeles 2028
Le 29 mars 2026, Caster Semenya critique la décision du CIO de rétablir des tests de vérification du genre pour les Jeux de Los Angeles 2028, la jugeant préjudiciable aux femmes.
Semenya réagit à la décision du 29 mars 2026
Le 29 mars 2026, à Cape Town, la sprinteuse sud-africaine Caster Semenya a qualifié de « manque de respect envers les femmes » la décision récente du Comité international olympique (CIO) de réintroduire des contrôles de vérification du genre pour les épreuves féminines des prochains Jeux de Los Angeles. Elle a dit être particulièrement affectée en tant que femme africaine, affirmant que la nouvelle mesure crée un tort spécifique aux femmes du continent et aux pays du Sud. Semenya a rappelé que cette bataille l’accompagne depuis ses premiers succès sur 800 mètres en 2009.
Principes et modalités de la nouvelle politique du CIO
La politique annoncée par le CIO limite l’éligibilité aux épreuves féminines aux « femmes biologiques », déterminées à l’aide d’un dépistage unique du gène SRY. Le contrôle doit être réalisé une fois dans la vie d’un athlète par prélèvement de salive, de joue ou de sang. Le CIO présente cette mesure comme fondée sur des avis médicaux et scientifiques, et la justifie par des enjeux d’équité et de sécurité dans certaines disciplines. La nouvelle règle empêche explicitement les femmes transgenres d’entrer en compétition dans la catégorie féminine aux Jeux olympiques et dans toute autre épreuve placée sous l’égide du CIO.
Échos politiques et revendications de Donald Trump
La décision du CIO intervient dans un contexte politique tendu. En janvier 2025, le président américain Donald Trump a signé un décret interdisant aux athlètes transgenres de concourir dans le sport féminin aux États-Unis. Quelques jours après l’annonce du CIO, Trump a revendiqué la paternité de la nouvelle politique et l’a saluée publiquement. Des responsables du CIO ont, pour leur part, mis en avant la volonté d’uniformiser les règles entre tous les sports olympiques, arguant que cette harmonisation évitera des conflits internationaux sur les critères d’éligibilité.
Parcours judiciaire de Semenya et décision de 2025
Caster Semenya, figure centrale du débat sur les athlètes hyperandrogènes, a remporté en 2025 une victoire partielle devant la Cour européenne des droits de l’homme. La Cour a estimé que certains de ses droits à un procès équitable avaient été violés lors d’une procédure devant la Cour suprême de Suisse, en lien avec une décision du Tribunal arbitral du sport. Toutefois, cette décision n’a pas annulé les règles d’éligibilité de World Athletics qui avaient conduit à l’impossibilité pour elle de concourir sur 800 m à haut niveau. Semenya continue de défendre le droit des athlètes présentant des niveaux naturels élevés de testostérone à concourir librement dans les catégories féminines.
Retour historique sur les contrôles de sexe dans le mouvement olympique
Les tests de vérification du sexe ne sont pas nouveaux dans l’histoire olympique. Le mouvement a déjà recouru à des examens chromosomiques à la fin du XXe siècle avant de les abandonner à la fin des années 1990 après des critiques de la communauté scientifique et des athlètes. Les opposants avaient alors mis en doute la pertinence scientifique et l’efficacité de ces tests pour trancher des questions complexes de genre et de santé. Le CIO affirme aujourd’hui que la méthode SRY, ciblée et ponctuelle, répond aux critiques antérieures, mais la réintroduction soulève de nombreuses questions éthiques et médicales.
Impact attendu sur les fédérations et les compétitions internationales
La mesure entraîne déjà des conséquences pratiques pour les fédérations et les sports. Plusieurs disciplines autorisaient auparavant des aménagements distincts, notamment par la régulation des niveaux de testostérone pour permettre à certaines athlètes de concourir dans la catégorie féminine. L’uniformisation voulue par le CIO contraint ces fédérations à aligner leurs règles sur le nouveau critère. Des incidents récents — comme des litiges observés lors des compétitions de boxe autour des Jeux de Paris 2024 — illustrent la difficulté à concilier contrôles, décisions fédérales et carrières individuelles. Les organisations sportives devront désormais adapter leurs procédures d’inscription, de contrôle et de recours juridictionnels en vue de Los Angeles 2028.
La décision du CIO ouvre une nouvelle phase du débat mondial sur la place des athlètes transgenres et hyperandrogènes dans le sport féminin. Elle relance également les discussions sur l’équilibre entre équité compétitive, sécurité et respect des droits individuels. Caster Semenya reste au cœur de ce débat public, continuant de défendre la dignité et l’égalité des athlètes affectées par ces règlements.