Condamnation à mort en Ouganda pour le meurtre de quatre enfants à Kampala
Ouganda : peine de mort pour l’auteur de l’attaque meurtrière dans une crèche de Kampala
Tribunal ougandais condamne à mort Christopher Okello Onyum pour le meurtre de quatre enfants (1–3 ans) commis le 2 avril dans une crèche de Kampala. En Ouganda.
Un tribunal ougandais a condamné à la peine capitale Christopher Okello Onyum, reconnu coupable d’avoir poignardé à mort quatre enfants âgés d’un à trois ans dans une crèche de Kampala le 2 avril. Le verdict, rendu le 30 avril 2026, conclut à la préméditation après que les juges ont examiné des éléments matériels et des témoignages décrivant une attaque brève et ciblée commise à l’intérieur de l’établissement scolaire.
Condamnation à mort après l’attaque du 2 avril
La cour a retenu la responsabilité pénale d’Onyum pour les homicides commis en début avril. Selon les conclusions du procès, l’attaque a duré moins de sept minutes : l’accusé s’est fait passer pour un parent afin d’entrer dans la crèche, a verrouillé le portail et a poignardé plusieurs enfants avant d’être neutralisé par la sécurité. La sentence rendue est la peine de mort, une sanction légale en Ouganda mais très rarement appliquée.
Mécanisme de l’attaque et affrontement sur place
Les magistrats ont décrit une action méthodique. L’accusé a pénétré dans la crèche en se faisant passer pour un proche d’un enfant, a fermé l’accès et a commis les coups en quelques minutes, selon les reconstitutions présentées au tribunal. Une foule de parents furieux a tenté de lyncher l’auteur présumé avant qu’un agent de sécurité n’intervienne pour le maîtriser. Le personnel de l’établissement a expliqué avoir découvert l’ampleur du drame alors que des secours tentaient de porter assistance.
Témoignages du personnel et descriptions des scènes
Les déclarations du personnel entendues par la cour ont décrit des scènes de grande violence et de panique. Une employée de la crèche a déclaré avoir trouvé un enfant dans une « mare de sang » et a raconté que l’agresseur avait tenté de l’attaquer lorsqu’elle l’avait confronté. Elle a ensuite indiqué avoir saisi un vélo d’enfant pour tenter de détourner l’assaillant, geste qui a momentanément libéré une victime avant que d’autres coups ne soient portés. Ces témoignages ont été utilisés pour établir la chronologie et la rapidité de l’attaque.
Preuves matérielles et recherches sur les appareils électroniques
Le tribunal a examiné des éléments matériels saisis dans l’enquête. Les juges ont retenu que l’accusé avait consulté, dans les jours précédant les faits, des recherches liées à des établissements scolaires et des images ou contenus faisant référence à des décapitations commises par l’EI sur son téléphone et son ordinateur portable. Le tribunal a considéré ces consultations comme des indices de préparation et de planification, renforçant l’accusation de préméditation portée contre Onyum.
Arguments de la défense et réponse du tribunal
La défense avait soutenu que l’accusé souffrait de troubles mentaux au moment des faits. Le tribunal a toutefois rejeté cette thèse, estimant que la « manière exacte et précise » dont les meurtres avaient été commis démontrait une intention réfléchie. Le juge a souligné l’absence d’excuses et de remords manifestés par l’accusé envers les familles des victimes comme un facteur aggravant, et a conclu que les actes étaient prémédités plutôt que le résultat d’un état de démence passagère.
Contexte légal et rareté des exécutions en Ouganda
La peine capitale demeure inscrite dans la législation ougandaise, mais les exécutions sont devenues exceptionnelles au cours des dernières décennies. La dernière exécution recensée remonte à plus de vingt ans, ce qui rend l’application effective de la sentence particulièrement sensible sur le plan politique et social. Le verdict pourrait susciter des débats sur la peine capitale, la sécurité des établissements scolaires et la prévention des violences extrêmes contre les enfants.
Le procès et la sentence font suite à une enquête policière rapide et à des audiences au cours desquelles la cour a entendu plusieurs témoins directs et examiné des preuves numériques. Les familles des victimes et le personnel de la crèche restent sous le choc tandis que les autorités locales doivent désormais décider des suites procédurales et des recours possibles dans un dossier qui a profondément marqué la communauté.