Hegseth défend la guerre au Sénat malgré 25 milliards dépensés contre l’Iran
Hegseth et Cain auditionnés au Sénat sur coûts, stocks et soutien russe après les frappes contre l’Iran
Sénat interroge Hegseth et Cain après les frappes contre l’Iran: coûts, état des stocks, rôle russe, transparence et questions sur les victimes civiles.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le président des chefs d’état-major interarmées Dan Cain ont été entendus jeudi par la commission sénatoriale des forces armées, pour une seconde journée d’auditions publiques. Les échanges ont porté sur le bilan financier et matériel des opérations américaines lancées le 28 février, la situation des stocks d’armement, des indications sur un soutien russe à l’Iran, et les réductions de structures chargées de prévenir les dommages aux civils. Les responsables ont défendu la conduite des opérations, tandis que des sénateurs ont réclamé davantage de précisions et de garanties juridiques et humanitaires.
Contexte de la comparution et calendrier des auditions
La séance de jeudi intervient un jour après une audition similaire devant un comité de la Chambre des représentants, marquant la première fois que Hegseth et Cain répondaient publiquement aux questions des législateurs depuis le début des opérations contre l’Iran. Les débats se déroulent alors que le conflit connaît une accalmie opérationnelle depuis le 8 avril et que des négociations de cessez-le-feu sont au point mort. Les élus ont mis en perspective l’urgence de clarifier les engagements américains à la fois sur le plan budgétaire et sur le plan juridique.
Bilan financier communiqué et mesures de transparence demandées
Les responsables du Pentagone ont indiqué aux législateurs que les opérations avaient coûté aux États-Unis au moins 25 milliards de dollars à ce stade. Ce chiffre a suscité des demandes de précisions : quels postes sont inclus, si les remboursements à des alliés sont comptabilisés, et si les pertes d’actifs au Moyen-Orient figurent dans le total. Plusieurs sénateurs ont insisté sur la nécessité d’un suivi budgétaire détaillé et d’un calendrier de rapports réguliers pour permettre au Congrès d’exercer sa tâche de contrôle.
Débats sur l’état des stocks et la capacité logistique
En réponse aux critiques, Hegseth a soutenu que les stocks américains de munitions et d’équipements restaient « en bon état ». Des parlementaires et des analystes militaires avaient pourtant suggéré que l’utilisation intensive de missiles de précision et d’intercepteurs avait forcé le retrait ou le transfert d’armement depuis d’autres régions, créant des tensions logistiques. Le secrétaire à la Défense a affirmé que le Pentagone disposait des ressources nécessaires, mais n’a pas fourni d’inventaire public détaillé, ce qui a nourri les interrogations sur la résilience à long terme de l’arsenal américain.
Reconnaissance d’éléments de soutien russe à l’Iran
Le président des chefs d’état-major, Dan Cain, a reconnu devant la commission qu’il existait « une certaine action » de la Russie en appui à l’Iran, sans entrer dans le détail en séance publique. Les échanges ont mis en lumière la difficulté pour les autorités militaires de divulguer des informations sensibles en audience ouverte, tout en alimentant les craintes sur l’ampleur et la nature d’un soutien extérieur susceptible d’amplifier le conflit. Des sénateurs ont demandé des briefings classifiés pour évaluer précisément les liens logistiques et matériels entre Moscou et Téhéran.
Interrogations sur la protection des civils et réductions au Pentagone
Des interrogations ont émergé autour de changements au sein du Pentagone affectant la surveillance des dommages collatéraux. Avant le lancement des opérations, plusieurs bureaux chargés d’évaluer et de limiter les victimes civiles auraient connu des réductions de personnel, y compris au Centre d’excellence de la protection civile. Des sénateurs ont évoqué des rapports de frappes ayant touché des infrastructures civiles, notamment l’affaire d’une école à Minab, et ont demandé pourquoi des divisions censées aider à prévenir ces erreurs avaient été réduites. Hegseth a assuré que le ministère maintenait les capacités nécessaires pour protéger les civils, sans répondre aux demandes précises de rétablissement des effectifs.
Divergences politiques et implications juridiques
Les auditions ont également mis en lumière des divisions politiques franches. Des élus démocrates ont critiqué la stratégie et le conseil apporté à la présidence, certains accusant Hegseth de conforter le chef de l’exécutif dans des positions favorables au maintien des opérations. Sur le plan juridique, Hegseth a avancé que la période de pause dans les hostilités affecterait l’application de la règle des 60 jours prévue par la War Powers Act, une interprétation que quelques sénateurs ont jugée contestable. Le débat porte désormais sur la nécessité d’une résolution explicite du Congrès ou d’un avis juridique formel précisant les obligations constitutionnelles du président.
Les auditions devraient se poursuivre sous forme de briefings et d’échanges classifiés afin de permettre au Congrès d’accéder à des informations sensibles, tandis que la question du financement, de la préservation des capacités militaires et de la protection des civils reste au cœur des préoccupations législatives et publiques.