Décret gouvernemental réforme la carte universitaire et restructure des établissements d’enseignement supérieur
Maroc : adoption d’un décret pour restructurer la carte universitaire nationale
Le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret N° 2.25.561 modifiant le décret N° 2.90.554 afin de réorganiser les établissements universitaires et les résidences universitaires, avec pour objectif d’ajuster l’offre de formation aux évolutions régionales et de renforcer la gouvernance académique.
Le Conseil de gouvernement a approuvé jeudi le projet de décret N° 2.25.561, qui apporte des modifications substantielles au cadre réglementaire régissant les établissements universitaires et les résidences universitaires. Présenté par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, le texte s’inscrit dans une dynamique de réforme visant à adapter la carte universitaire aux mutations démographiques, économiques, sociales et scientifiques observées dans les différentes régions du Royaume. Le projet prévoit notamment la restructuration et la scission de plusieurs établissements à accès ouvert afin de renforcer l’encadrement stratégique, la spécialisation académique et l’efficacité des activités de formation et de recherche.
Objectifs principaux de la réforme
Le projet de décret vise d’abord à rapprocher l’offre universitaire des besoins territoriaux en tenant compte de la croissance démographique et des transformations économiques régionales. Il poursuit la diversification de l’offre de formation, l’amélioration de la qualité pédagogique et l’optimisation de l’accès aux services universitaires pour les étudiants. La réforme entend favoriser des cursus mieux articulés avec le marché du travail, encourager la spécialisation disciplinaire et promouvoir des synergies entre enseignement et recherche.
Modalités de réorganisation des établissements à accès ouvert
Parmi les mesures prévues figurent la restructuration et la scission de certaines universités à accès ouvert. Ces opérations visent à clarifier les responsabilités administratives et académiques, à créer des entités plus ciblées sur des filières spécifiques et à alléger les structures pour améliorer la gouvernance. La scission permettra de constituer des pôles plus spécialisés, dotés de directions et de conseils scientifiques autonomes, ce qui doit faciliter la prise de décision stratégique et l’allocation plus efficace des ressources.
Conséquences attendues pour l’encadrement et la recherche
La réforme prévoit un renforcement de l’encadrement pédagogique et scientifique par une meilleure répartition des moyens humains et matériels. La spécialisation accrue des établissements devrait encourager la constitution de plateformes de recherche et d’excellence thématique, favorisant ainsi la compétitivité scientifique au niveau national et international. On attend également une amélioration des conditions d’encadrement des étudiants, avec des taux d’encadrement potentiellement revus à la hausse dans les unités redéployées.
Impact sur l’offre de formation et la vie étudiante
La redéfinition de la carte universitaire doit conduire à une diversification des parcours et à une offre mieux alignée sur les besoins économiques locaux. Le rapprochement des services universitaires vise à faciliter l’accès aux infrastructures, à réduire les parcours domicile‑études et à améliorer l’accompagnement social et pédagogique des étudiants. Les dispositions relatives aux résidences universitaires sont également mises à jour pour mieux répondre aux flux étudiants et aux exigences d’hébergement en lien avec la nouvelle répartition des établissements.
Mesures d’accompagnement et gouvernance administrative
Le texte prévoit des ajustements administratifs destinés à assurer la transition entre les structures actuelles et les nouvelles entités. Cela inclut des mécanismes de coordination entre rectorats, conseils d’université et établissements, ainsi que des dispositions pour la mobilité du personnel enseignant et administratif. Des dispositifs de pilotage stratégique seront mis en place pour suivre l’implémentation des changements et évaluer leurs effets sur la qualité de l’enseignement et la production scientifique.
Calendrier de mise en œuvre et étapes suivantes
Le projet de décret doit désormais suivre la procédure réglementaire pour entrer en vigueur. La phase opérationnelle comprendra la mise en place des organes de gouvernance des nouveaux établissements, des plans de transition pour les étudiants et le personnel, et des programmes d’investissement ciblés pour les infrastructures et les équipements. Un suivi régulier sera nécessaire pour mesurer l’efficacité des mesures et corriger les ajustements en fonction des retours des acteurs concernés.
Le texte adopté par le Conseil de gouvernement marque une étape importante de la refonte de la carte universitaire nationale, avec l’ambition d’un meilleur alignement entre formation, recherche et besoins territoriaux, tout en posant des défis de gouvernance et de mise en œuvre qui seront déterminants pour l’efficacité de la réforme.