Député néerlandais questionne le retard policier après la disparition et le meurtre de Hajar
Député néerlandais saisit le ministre sur la gestion policière de la disparition et du meurtre de Hajar
Un député demande des explications au ministre de la Justice sur les décisions policières lors des premières heures après la disparition de Hajar : localisation du téléphone, délai d’alerte, et respect des procédures.
L’affaire de la mort de Hajar, découverte le 16 octobre dans une valise immergée dans l’Amstel, suscite désormais une interpellation parlementaire centrée sur la manière dont la police a traité l’alerte initiale. Le 28 octobre, le député Ismail el Abassi a adressé treize questions au ministre de la Justice, David van Weel, pour obtenir des éclaircissements sur les délais, les procédures appliquées et les décisions prises entre le signalement familial et le démarrage effectif des recherches policières. La famille affirme avoir envoyé des messages désespérés le 4 octobre et reproche aux autorités de ne pas avoir immédiatement tenté de localiser le téléphone de la victime.
Messages de détresse envoyés le 4 octobre
Le 4 octobre, vers 11 h 15, Hajar aurait envoyé un message alarmant à un proche : « Aidez-moi. Maintenant. Il est en train de me tuer. » Malgré ces messages, les proches, après plusieurs tentatives pour la joindre, n’ont contacté la police que vers 20 h 15 le même jour. Cette chronologie soulève la question centrale de la lettre parlementaire : pourquoi des messages explicites de détresse n’ont-ils pas conduit à une qualification de la disparition comme urgente et à des recherches immédiates, notamment la localisation du téléphone ?
Décision policière initiale et qualification non urgente
La disparition a été initialement classée comme non urgente par les services policiers, décision confirmée par les autorités. La famille soutient avoir reçu l’instruction d’attendre 24 heures avant d’entreprendre d’autres démarches, ce qui a alimenté leur incompréhension et leur colère. Le député demande désormais de vérifier l’existence d’une consigne formelle demandant aux proches d’attendre et la base juridique ou opérationnelle de cette pratique, ainsi que les critères qui ont mené à la qualification initiale du dossier.
Recherches et réévaluation dans les jours suivants
Les enquêteurs ont réévalué la situation le soir du 5 octobre et ont alors lancé des actions pour localiser le téléphone et ont mené des opérations de recherche dans un bâtiment d’Amsterdam-Buitenveldert. Ces démarches interviennent plusieurs heures après le message alarmant envoyé le matin du 4 octobre et après le signalement familial. L’évaluation parlementaire visée par le député vise à préciser pourquoi ces actions n’ont pas été entreprises plus tôt et si les écarts par rapport aux pratiques recommandées ont été systématiques ou résultent d’un enchaînement de circonstances particulières.
Évolution judiciaire et découverte du corps
Le parquet a indiqué que Hajar avait été tuée dès le début de l’après-midi du 4 octobre, donc plusieurs heures avant le signalement formel de sa disparition. Le corps a été retrouvé le 16 octobre dans une valise immergée dans l’Amstel. Un homme de 23 ans a été placé en détention provisoire, soupçonné notamment de meurtre ou d’homicide et d’avoir fait disparaître le corps. Ces développements ont renforcé la pression politique et médiatique pour une clarification complète des premières 24 heures de la procédure policière.
Enjeux procéduraux et attentes du Parlement
La lettre du député Ismail el Abassi vise non seulement à établir une chronologie détaillée, mais aussi à obtenir une évaluation formelle des décisions prises par les policiers lors des premières heures suivant l’alerte. Le Parlement demande que les conclusions de cet examen lui soient communiquées afin d’évaluer le respect des procédures internes, la formation opérationnelle relative aux disparitions et l’utilisation des outils techniques disponibles, comme la géolocalisation de téléphones portables.
Implications pour les familles et la confiance dans les services
Au cœur de la démarche parlementaire se trouve la préoccupation sur la confiance que peuvent avoir les familles envers les forces de l’ordre quand une alerte de disparition survient. Les autorités policières rappellent généralement que les premières 24 à 48 heures sont cruciales dans les enquêtes de disparition et recommandent de signaler sans délai. L’écart entre ce conseil général et la gestion concrète du cas de Hajar est aujourd’hui soumis à examen pour comprendre s’il s’agit d’un manquement isolé, d’un problème de formation, d’un défaut de coordination ou d’un autre facteur.
La demande d’éclaircissements déposée le 28 octobre devant le ministre de la Justice doit conduire à une évaluation officielle et à la transmission au Parlement des conclusions de cette enquête interne, afin que soit établie la vérité sur les décisions prises et que des mesures éventuelles soient proposées pour éviter que des familles ne se retrouvent de nouveau privées d’une réponse rapide en cas d’alerte.