Des doctorants et un malade mental condamnés, un député réagit
Les lourdes peines prononcées contre les participants aux manifestations dites « GenZ 212 » au Maroc ont suscité de vives réactions même au sein de la majorité gouvernementale. Un député du parti Istiqlal a publiquement qualifié ces jugements de « très sévères » et a demandé réparation en appel, tout en faisant une distinction claire entre manifestants pacifiques et auteurs de dégâts.
S’exprimant ce mercredi lors d’une réunion de la Commission Justice à la Chambre des Représentants, la parlementaire Fatima Benazza a estimé que ce mouvement de jeunesse « ne doit pas être sous-estimé ». Elle a déclaré que ces jeunes « méritent d’être félicités pour leur sens du patriotisme et leur courage » dans la dénonciation des problèmes dans les secteurs de la santé et de l’éducation. La députée a toutefois tenu à préciser qu’elle était “opposée aux actes de vandalisme” qui ont émaillé certaines manifestations, attribuant ces excès à l’infiltration de “bandes et de criminels”, tout en critiquant la “réponse sécuritaire excessive” à la contestation.
Lourdes peines pour les étudiants et les personnes non violentes
Mme Benazza a insisté sur le fait que si certains condamnés méritaient leur peine pour avoir procédé à des destructions, « d’autres ne méritaient pas ce qui leur est arrivé ». Elle a cité des cas précis pour étayer son propos, mentionnant un malade mental condamné à Oujda ainsi que « de jeunes chercheurs préparant leur thèse de doctorat ou de master ».
Elle a également évoqué le cas de jeunes « emprisonnés et condamnés à de lourdes peines » alors qu’ils « portaient simplement un t-shirt sur lequel était écrit « Nous exigeons le droit à la santé et à l’éducation » ». Elle a ajouté que certains n’avaient pas de casier judiciaire et se préparaient à émigrer. Insistant sur le fait qu’elle ne défendait que ceux « emprisonnés sans être impliqués dans les violences », elle a demandé que les jugements en appel tiennent compte de ces circonstances et que les peines soient remplacées par des sanctions alternatives plus légères.