DGAPR 2025 : détenus en recul de 5,45% et surpopulation réduite à 153 pour cent
Baisse de 5,45 % de la population carcérale en 2025, réduction des arrivées et hausse des libérations
Baisse de 5,45 % de la population carcérale en 2025, moins d’arrivées et plus de libérations; surpopulation à 153 % et capacité d’accueil ajustée pour 2026.
Le bilan 2025 fait apparaître un recul notable de la population détenue, marqué par une diminution globale de 5,45 % par rapport à 2024. Cette tendance s’explique par une combinaison d’une réduction du nombre de nouvelles incarcérations et d’une accélération des sorties effectives, entraînant un désengorgement partiel des établissements pénitentiaires et une baisse du taux de surpopulation au niveau national.
Baisse du nombre de détenus et dynamique des flux
La population carcérale a reculé de 5,45 % entre 2024 et 2025, soit une diminution nette de 5 689 personnes. Ce mouvement porte le nombre d’arrivées en 2025 à 98 446 contre 101 157 l’année précédente. Parallèlement, le nombre de personnes libérées a augmenté, atteignant 104 485 en 2025 contre 98 673 en 2024. La hausse des libérations combinée à la baisse des nouvelles entrées est la principale explication de la décrue de la population détenue observée sur l’exercice.
Profil démographique des personnes détenues
Le profil démographique de la population carcérale reste stable sur plusieurs points structurants. Les célibataires représentent 63,38 % des détenus, tandis que les personnes mariées constituent 29,44 %. Les moins de 30 ans pèsent pour plus de 45 % du total, confirmant une surreprésentation des jeunes adultes. La part des femmes demeure marginale, à 2,47 % de l’ensemble des détenus.
Niveaux d’instruction au sein des établissements
Le niveau d’instruction des personnes incarcérées montre une prédominance des parcours scolaires limités : plus de 74 % des détenus ont suivi un enseignement primaire ou collégial. Les analphabètes représentent 8,82 %, alors que les personnes titulaire d’un diplôme universitaire ne constituent que 4,14 % de la population carcérale. Ces chiffres pointent vers des défis persistants en matière d’accès à l’éducation et de prévention de la récidive par la formation.
Répartition géographique des détenus
La répartition régionale révèle des concentrations marquées dans trois grandes régions. Casablanca-Settat regroupe 19,76 % des détenus, suivie de Rabat-Salé-Kénitra avec 17,92 % et Fès-Meknès à 15,34 %. Ces territoires concentrent ainsi plus de la moitié de la population carcérale, ce qui pose des enjeux spécifiques pour la gestion locale des infrastructures et des dispositifs de réinsertion.
Capacité d’hébergement et surface dédiée
À la fin de 2025, la surface totale affectée à l’hébergement dans les établissements pénitentiaires atteint 178 413 m², correspondant à une capacité d’accueil estimée à environ 64 812 lits. Ces chiffres fournissent une base physique pour analyser le rapport entre capacités d’accueil et effectifs détenus, ainsi que pour planifier d’éventuels travaux d’extension ou d’amélioration des conditions matérielles.
Réduction du taux de surpopulation et implications opérationnelles
Le taux de surpopulation a diminué de huit points, passant de 161 % à la fin de 2024 à 153 % fin 2025. Cette amélioration résulte directement de la diminution du nombre de détenus et de l’augmentation des libérations. Malgré cette baisse, un taux de 153 % indique que la surpopulation reste un défi structurel, nécessitant des mesures complémentaires en matière de gestion judiciaire, d’alternatives à la détention et de politiques de réinsertion.
La décrue observée en 2025 souligne des tendances opérationnelles favorables mais temporaires : la conjugaison d’une baisse des nouvelles incarcérations et d’une accélération des sorties a permis d’alléger partiellement la pression sur les établissements. Toutefois, la forte concentration régionale, le profil socio-éducatif majoritairement défavorable et la persistance d’un taux de surpopulation largement supérieur à 100 % appellent à des interventions ciblées pour consolider ces gains et améliorer durablement les conditions de détention et les perspectives de réinsertion.