Égypte, Érythrée, Somalie et Soudan demandent des pourparlers pour la guerre civile soudanaise
Égypte, Érythrée, Somalie et Soudan appellent au dialogue pour calmer les tensions régionales
Les dirigeants d’Égypte, d’Érythrée, de Somalie et du Soudan ont lancé un appel commun au dialogue pour mettre fin aux violences au Soudan et réduire l’escalade des conflits en Éthiopie et en Mer Rouge.
Lundi, lors d’une réunion à New Alamein City, les chefs d’État et de l’armée des quatre pays ont publié une déclaration commune appelant à des solutions politiques et pacifiques face à l’escalade des conflits régionaux. La déclaration souligne la nécessité d’un règlement conduit par les acteurs nationaux soudanais, réaffirme le rôle des États riverains pour la sécurité de la mer Rouge et appelle au dialogue plutôt qu’à la confrontation entre voisins. Les dirigeants présents ont cherché à désamorcer des accusations croisées et à définir des principes communs pour éviter une déstabilisation plus large du corridor nord-est africain.
Sommet à New Alamein : positions et objectifs affichés
La rencontre a réuni le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, le président érythréen Isaias Afwerki, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud et le chef du Conseil de souveraineté de transition soudanais, Abdel Fattah al-Burhan. Leur déclaration commune insiste sur la recherche de solutions politiques pour le Soudan et sur la nécessité d’un cadre régional pour gérer les défis transfrontaliers. Le président égyptien a rappelé que les différends se traitent par le dialogue et non par la confrontation, position qui a structuré l’essentiel du communiqué final.
Soutien affiché au gouvernement militaire soudanais et appel à un processus interne
Le texte publié soutient explicitement le gouvernement militaire soudanais et appelle à un processus politique conduit par les forces politiques et les partis soudanais. Cette prise de position intervient alors que le pays reste plongé dans un conflit interne depuis avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide (RSF). Le communiqué met l’accent sur la souveraineté du Soudan et sur la nécessité d’un règlement politique capable d’ouvrir la voie à une stabilité durable, sans préconiser d’ingérence extérieure directe.
Accusations réciproques entre Addis-Abeba et ses voisins
L’Éthiopie a récemment accusé l’Égypte, l’Érythrée et le Soudan de soutenir une alliance armée opposée au gouvernement fédéral. Les autorités des pays mis en cause ont formellement nié toute implication. La déclaration commune et les déclarations publiques érythréennes et égyptiennes visent à réfuter ces allégations tout en posant des principes visant à limiter les sources potentielles de tension. Le ministre érythréen de l’Information a exprimé sa condamnation des accusations visant l’Érythrée, qualifiant toute tentative de justification d’une action militaire d’inacceptable, et a appelé à la retenue.
Multiplication des combats en Éthiopie et reprise de Mekelle
Sur le plan militaire, les combats se sont intensifiés en Éthiopie entre les forces fédérales et une alliance d’au moins sept groupes armés, incluant le Front populaire de libération du Tigré (TPLF). Les forces fédérales et leurs alliés ont repris le contrôle de Mekelle après un retrait déclaré par le TPLF qui, selon ses propos, s’est temporairement replié pour conduire des opérations depuis d’autres positions. Le gouvernement fédéral a annoncé la mise en place d’une administration provisoire pour la région et a évoqué la tenue d’élections régionales dans les mois à venir, soulignant une volonté de normalisation institutionnelle malgré la persistance des hostilités dans d’autres zones.
Enjeux maritimes et revendications d’accès à la mer Rouge
La déclaration commune insiste pour que le contrôle et la sécurité de la mer Rouge demeurent l’affaire des États côtiers, une référence directe aux demandes de l’Éthiopie, pays enclavé, en quête d’un accès souverain ou d’une présence navale. Le président somalien a indiqué que Mogadiscio n’était pas opposé à un accès commercial pour l’Éthiopie via des ports somaliens, à condition que ce soit négocié et validé par la Somalie. Parallèlement, l’Égypte et le Soudan ont réitéré leur vigilance concernant des mesures unilatérales liées au bassin du Nil, rappelant leurs inquiétudes autour du Grand barrage éthiopien de la Renaissance et des impacts potentiels pour les États en aval.
Les dirigeants ont conclu en appelant à des discussions régionales plus larges pour établir des mécanismes de prévention des crises et renforcer la coopération sécuritaire et économique. La déclaration vise à poser des garde-fous diplomatiques face à une spirale d’accusations et d’escalades militaires qui pourrait compromettre la stabilité d’un vaste espace stratégique reliant la Corne de l’Afrique à la mer Rouge. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des capitales à transformer ces principes en mesures concrètes et acceptées par toutes les parties impliquées, et de l’évolution sur le terrain, notamment en Éthiopie et au Soudan.